Cet espace est consacré à nos périples en vélo, ceux qui sont passés et surtout nos aventures en Amerique duSud! Ce blog rassemble nos précédents voyages à vélos de 2010 à 2012, un récit des préparatifs de notre projet, et aujourdh hui se transforme en carnet de voyage pour suivre notre trajet!
Vraiment les villes côtières nous enchantent. Contrairement aux villes du sud plus "austères", elles conservent un caractère authentique. Entre le port de pêche artisanal où se croisent les pêcheurs, les mouettes, les pélicans et les otaries, et les vestiges des activités industrielles, cest un plaisir de se balader sur la côte. Encore une fois, Huasco néchappe pas à la règle. Ajoutons à cela une eau turquoise, vraiment après la monotonie sur la panaméricaine, on est en admiration.
On profite de notre pause à Huasco pour mettre à jour le blog. On passe sur le port goûter les empanadas de fruits de mer. Puis on fait quelques courses avant de partir car on ne devrait plus croiser de grandes villes.
On bivouaque de nouveau dans les dunes, loccasion de faire un feu et découter les vagues s'écraser sur la plage. Sur cette route on croise des villages fantômes. Ça doit grouiller l'été mais là en plein hiver y'à personne.
Tant mieux, nous on adore le calme. Comme nous avons un rythme soutenu depuis le départ de Santiago on saccorde une pause à Carrizal Bajo. Cest un minuscule port, où l'on fait sécher les algues et on attend que le temps passe tranquillement. Accesoirement ils attendent aussi l'arrivée de l'électricité depuis plus de 30 ans.
La chambre qu'on dégotte a une petite terrasse face à la mer, le rêve!
On demande à la proriétaire si on peut utiliser sa machine à laver, car franchement ça devient urgent... Réponse de lintéressée: "Mais oui vous pouvez, cest le bac qui est là". Alors un peu d'huile de coude et c'est parti pour le grand nettoyage. Faut dire que même si elle avait eu une machine il n'y a de l'électricité qu'entre 19 h et 2h du matin dans le village (Y'a au moins ce générateur en attendant la connexion au réseau)...
On repart le lendemain pour profiter du désert. On aperçoit ça et là des fleurs, des cactus globuleux, des dunes. Malheureusement on ne verra pas le désert fleuri, c'est pas la saison, mais on profite quand même de quelques plantes.
Dans ces paysages vides, on fait nos 14 000 km, pas mal en 10 mois!
Désormais, lorsquon est dans des zones aussi désertiques, une heure avant de sarrêter, on glâne du bois le long de la chaussée. Les journées sont chaudes (On a même ressorti les shorts cachés au fond de la sacoche depuis Ushuaïa), mais les nuits sont fraîches. Alors un petit feu en mangeant c'est toujours agréable.
Les paysages sont impressionnants, entre les rochers, les falaises de la cordilière côtière et surtout le vide. Par moment on se croit sur la lune et parfois sur Mars.
Nous traversons le parc national Pan de Azucar. Encore une fois gratuitement, mais parce quon est hors saison! Nous voulions prendre un petit bateau pour aller voir lîle et surtout les pinguoins. Mais à croire que les Chiliens ne veulent pas bosser: nous n'étions que 8 personnes à attendre, au lieu de 12 pour un bateau complet... Tant pis on poursuit notre route en pénétrant dans le parc pour aller voir un mirador. C'était magnifique, une vue incroyable sur la baie, l'île et un magnifique coucher de soleil.
En redescendant, on se planque dans un petit ravin. Il ne pleut presque jamais donc on devrait rester au sec. Une nuit sans un bruit.
Le matin Tetef a enfin retrouve la Gopro, voici donc une petite video:
Le calme est vite terminé lorsquon retrouve la "Panam", on resort les boules quiès! La route est plutôt agréable, moins de trafic, quelques petits cols et surtout un bel acôtement. Mais un nouvel incident technique survient depuis quelques jours sur Diabolo, le vélo de Tétéf. Au niveau du dérailleur, la chaîne se bloque. Est-ce que les petites roulettes ont été montées à lenvers? Est-ce que notre huile s'encrasse trop avec toute la poussière? Toujours est-il que la chaîne casse! Pff ça fait à peine 2000 bornes qu'on roule avec. On répare avec un nouveau maillon, ça à l'air de tenir.
Si tous les jours nous pouvions avoir le rythme dun courreur cycliste, ça serait le pied. Eh bien un matin, une descente de 30 km nous ramène dune altitude de 700 m au bord du Pacifique, à Taltal. Plus de 28 km/h de moyenne, que du bonheur! En arrivant dans la ville tout semble endormi. On croise presque personne, bon des chiens qui dorment (Ils ont dû aboyer toute la nuit!). Le gardien de la mairie nous informe que c'est un jour férié, c'est la célébration de la Vierge du Carmen. On part à la recherche d'une chambre. Les gens dorment encore à 11h, on les dérange. A croire qu'ils ne veulent pas bosser eux non plus... Au bout de 4/5 hotels tout est à chaque fois complet! D'une part c'est les vacances d'hiver ici et en plus les chambres sont occupées par les gars qui bossent dans les mines aux alentours...
Enfin nous trouvons notre bonheur dans une superbe maison en bois, fin dXIXème. On y reste 2 jours. La ville est coincée entre la mer et la montagne. Paisible, avec de superbes bâtiments. Ya également un petit air de Valparaiso avec les beaux graffitis qui parsèment la ville. On se repose, on se balade, on profite du calme et de la fête le soir (Procession d'une Vierge sur roulettes avec guirlandes électriques). Bref un bon repos avant une l'Epreuve! Oui le pire est à venir et ça nous travaille de plus en plus...
Cette épreuve, cest la redoutable côte/cuesta de Paposo. En 50 km, on part de la mer et on doit passer les 2000 m daltitude en plein désert d'Atacama. D'abord, on n'est jamais monté aussi haut, ensuite il nous faut beaucoup d'eau donc du poids en plus et enfin il n'y a pas de ville ou village pour se ravitailler le long de la route... On a mis un jour et demi pour le faire. C'est clair ça grimpait dur, du 10% au début sur 7 km. On aurait même pu s'éviter une partie du poids en demandant de l'eau aux mines sur le chemin. Mais finalement, tout se fait à vélo avec du temps,du courage et de la préparation. On s'est fait une bonne pause réparatrice après avoir passé les 1000 m. Le lendemain, on atteint un nouveau but, on passe le cap des 1370 m d'altitude, notre précédent record (premier mois du voyage au Brésil), puis finalement on dort à 2300m. Pour l'eau, c'était simple en fait: on montre une bouteille vide aux voitures et camions, et automatiquement ils s'arrêtent. En 5 minutes on récupère 6 litres! Plus simple que le stop...
Mais pourquoi monter si haut? Dabord, on na pas vraiment le choix : la route ne longe pas la côte. Elle s'enfonce dans les terres et à cet endroit du Chili, les 2 cordillières (des Andes et de la côte) se rejoignent, il n y a plus de vallée à faible altitude. Et surtout, on va visiter le plus grand observatoire optique de l'hemisphère sud! Le Paranal, créé, payé et géré par l'Europe.
Voici une petite video du paysage au reveil :
La visite en anglais est passionante. On apprend comment fonctionnent les nombreux téléscopes et on peut voir de près un des monstres qui scrute le ciel plus de 350 nuits par an tellement le ciel est pur ici. Des dimensions gigantesques et de la technologie de pointe pour essayer de capter des images comme si on était dans lespace.
Lobservatoire du Paranal est le plus avancé, mais pas le seul géré par l'Europe ici : un observatoire plus ancien (mais toujours sophistiqué) existait déjà et 2 mégas projets sont en cours au Chili pour avoir un téléscope optique encore plus grand et un grand réseau d'antennes pour capter les rayonnements de l'univers. Une autre dimension...
Pour plus dinfos :
Pour accèder à lobservatoire du Paranal à 2600m, on a un peu triché : comme la visite débute à lentrée du site à 2350m, on ne pouvait pas monter avec nos vélos et suivre le rythme des voitures... Mais, à 2300m d'altitude, 2 mecs à vélo, ça étonne, alors on vient nous parler. On a la chance de rencontrer alors des Québécois, Alain, Francine et Simon, qui nous accueillent dans leur "char" pour la visite de 2 heures. Mais surtout c'est l'occasion de converser en Français sur nos voyages respectifs.
Les Québécois logent à Taltal, ville que nous avons quittée il y a quelques jours. Tétéf y a oublié/perdu son journal de bord, un carnet dans lequel il écrit chaque soir les évènements de la journée. Bref tout ce qui concerne presque 6 mois de voyage... Mais comme le hasard veut que les Québécois logent à côté de lhôtel où nous étions, nous leur demandons sils peuvent passer récupérer le carnet. Deux jours plus tard, un mail d'Alain nous apprendra qu'ils ont retrouvé le carnet! Celui-ci va donc faire un petit tour du côté de la belle province avant d'être expédié en France. Vraiment merci les Québécois, le hasard fait bien les choses!
Après notre visite de lobservatoire, nous entamons la descente. Nous passons une nuit "fraîche" dans le désert... Au cours de la nuit le thermomètre annonce -2°C dans la tente. Mais rassurez-vous, nos duvets nous gardent bien au chaud. Au réveil on se rend compte que leau a gelée! Mais il faut avouer que le plus dur ces jours-ci, c'est le vent. On l'a en pleine face et malgré la descente, il nous freine beaucoup.
Finalement nous arrivons de nouveau sur la côte, après avoir descendu 2000 m en une étape de cent kilomètres. Bibou a encore crevé, bon cette fois c'est une rustine qui n'a pas tenu. Ça change des morceaux de métal. Euh il a aussi crevé en montant à l'observatoire... Et oui encore lui!
Toujours est-il que nous sommes à Antofagasta, ville de 300 000 âmes. Après le désert pendant 4 jours, il va falloir s'y faire. On compte s'y reposer et faire le plein avant notre dernière étape au Chili qui doit nous conduire à la frontière argentine...
Les photos de cette étape sont visibles dans cet album: