Cet espace est consacré à nos périples en vélo, ceux qui sont passés et surtout nos aventures en Amerique duSud! Ce blog rassemble nos précédents voyages à vélos de 2010 à 2012, un récit des préparatifs de notre projet, et aujourdh hui se transforme en carnet de voyage pour suivre notre trajet!
Nous sommes en ce moment dans des régions désertiques, avec un point deau à plus dune journée de vélo. Alors, on roule, on pédale et on a le temps de réfléchir.
Au premier abord, un voyage à vélo, ça paraît écolo. On est fier de soi, on se dit qu'on fait un geste pour la planète et qu'on recevra peut-être le prix nobel de l'écologie (à inventer).
Mais les grandes étendues sèches du Chili nous obligent à peser le pour et le contre. Alors, voilà le détail de nos réflexions.
1) Alors, effectivement en vélo, on ne brûle pas de pétrole, pas besoin d'huile de vidange, et pas de moumoute sur le volant. Mais il ne faut pas se leurrer : pour l'instant, on a fait plus de kilomètres en avion (25 000 km) qu'à vélo (14 500 km). Donc, il faut chercher ailleurs...
2) On avait fait le bilan de tout ce quon avait perdu sur la route (torchon, t-shirt, tongues...). On peut ajouter à cela : bouchons doreilles, gant de toilette, emballage de paquet de gateau. Même en faisant attention, on sème pas mal de choses dans la nature qui vont mettre quelques années à se dégrader. Mais, on essaye de se rattraper. On a ramassé sur la route : un couteau suisse, 2 paires de lunettes, 2 casquettes, des fruits, et du bois. Oui, le bois, c'est pour faire un feu quand il n'y a aucune végétation comme ici. Et on en trouve pas mal sur bord de la route avec tout ce qui tombe des camions et les restes de bois des travaux de la route. Donc, on peut dire qu'à ce niveau-là, on est neutre.
3) On consomme peu deau : vu quon la transporte sur les vélos, on a tendance à l'économiser. On se lave peu pendant les bivouacs (oui, on est sale...), on lave le minimum de vaisselle, on remplissait nos gourdes aux torrents au sud du Chili et (surtout au Brésil et au Paraguay) on remplaçait une partie de l'eau par la bière. Au Chili, on a fait un peu la même chose avec le vin. Bon, effectivement, quand on roule, on est écol'eau. Mais quand on fait une pause à l'hotel, on se lâche : douches de 30 minutes et lessive à la main qui consomme beaucoup d'eau. Au final, on devrait quand même avoir une bonne note sur notre consommation d'eau!
4) Nous utilisons les routes faites pour les voitures, les camions et les bus. Certes, nous ne sommes pas responsables des dégats environnementaux causés par les routes, mais on encourage, voire on cautionne lasphalte qui nous fait du bien au dos.
5) Côté nourriture, on est pas très bon non plus... On sapprovisionne petit à petit, on ne jette rien, on essaie de manger des fruits et légumes de saisons. Mais... oui, au nord du chili, cest sec, y'a pas d'eau, rien ne pousse, alors forcément, tout ce qu'on achète ici vient d'ailleurs, en camion. On avoue également l'achat de boîtes de champignons provenant de Chine et de thon de Thaïlande. Mais pour le thon, on ne peut pas faire autrement : il est vraiment bon celui de Thaïlande... Et quand on sait que le Chili est l'un des principaux producteurs de poissons au monde, c'est une honte...
6) Niveau déchets, difficile de savoir. On a limpression de jeter peu, mais on achète surtout des petites portions qui génèrent plus de déchets. Contrairement aux Chiliens du nord, on ne jette pas le long de la route, on attend la ville pour déposer notre sac dans un container. Mais ici, pas de tri sélectif ou de recyclage, tout part dans une décharge loin de la ville. Bilan mitigé.
7) Enfin, dans notre liste, nous avons notre matériel électrique et électronique. Fabriqués dans des pays dAsie à bas coûts, utilisant des métaux lourds dangereux pour lenvironnement, consommant de l'électricité produite avec les centrales du coin. Certes, nous avons notre dynamo sur la roue avant, mais ça ne permet pas de tout charger, donc nous utilisons le secteur. Même si, au Chili, une partie de l'électricité est hydraulique et peu polluante a priori, la construction de la centrale et l'impact sur l'environnement immédiat n'est pas beau à voir (Patagonia sin represas!)... Ajoutez à cela qu'on surfe sur internet et qu'on utilise un blog hébergé sur un serveur qui consomme beaucoup d'énergie pour être refroidi, et de ce côté-là, on est vraiment pas bon.
Bilan global? Eh bien, notre voyage à vélo a peut-être autant d'impact que si on était resté en France. Alors, on aurait tendance à dire : pas écolo. On essaiera de s'améliorer dans les mois qui viennent, on pourrait tenter de rentrer en France à la rame, on ne mangera que des avocats et des clémentines au Chili, et pour la suite, on avisera.
Si vous avez des compléments à nous soumettre, n'hésitez pas, ça nous fera de la matière pour les prochaines étapes désertiques de notre périple...