Cet espace est consacré à nos périples en vélo, ceux qui sont passés et surtout nos aventures en Amerique duSud! Ce blog rassemble nos précédents voyages à vélos de 2010 à 2012, un récit des préparatifs de notre projet, et aujourdh hui se transforme en carnet de voyage pour suivre notre trajet!
Anfofagasta, repos mérité
Notre arrivée à Antofagasta avait été éprouvante : le vent de face nous avait ralenti alors que nous descendions les 2000 m de dénivelé depuis lobservatoire, on était obligé de forcer pour avancer... En ville, nous trouvons un petit hotel sympa, avec notre chambre à lécart où nous pouvons en plus cuisiner. Parfait pour ces 2 nuits de repos!
Nous visitons la ville, marquée tout d'abord par l'industrie. Les ruines de l'usine Huanchaca (Fonderie d´argent) ont été conservées et permettent de prendre la mesure du boom économique de la fin du XIXème siècle.
Un autre vestige de limportante industrie du salpêtre est lancienne gare des trains qui permettaient d'acheminer "l'or blanc" depuis les gisements jusqu'au port.
A côté se trouve le port de pêche, où nous croisons de nouveau des loups de mer et des pélicans (ils viennent à la cantine...). Comme eux, nous profitons du Pacifique et de sa gastronomie locale : poissons et fruits de mer!
Pour ne pas perdre la main (ou le pied), nous sortons un peu de la ville en vélo pour aller voir la Portada, symbole dAntofagasta (et aussi de la perte de laccès à la mer pour la Bolivie). Malgré la lumière magnifique, nous ne nous attardons pas trop à cause du vent froid qui nous saisit.
Nous ne reverrons le Pacifique que dans quelques milliers de kilomètres, au Pérou. En effet, nous allons maintenant vers louest, direction San Pedro de Atacama, notre dernière étape chilienne. Juste avant de partir, tout de même, Bibou fait changer le "moteur" de son pédalier : les roulements étaient usés et le pédalier commençait à avoir beaucoup de jeu depuis plusieurs centaines de kilomètres. Les grandes villes, ça a du bon aussi...
Létape, la dernière du Chili
Nous quittons Antofagasta. La sortie est sportive : une grande côte qui nous amène à 500 m daltitude et des travaux réduisant la chaussée à 1 voie dans cette côte... Mais en haut, nous avons 2 bonnes surprises : le vent a tourné et nous pousse désormais, et nous nous retrouvons seuls sur notre côté dautoroute en construction sur 100km!
Bibou continue sa série noire entamée avant Antofagasta : 6 crevaisons en 7 jours! Bon, cette fois encore, 3 "fausses" crevaisons : deux rustines décollées et une ancienne crevaison non réparée...
Nous arrivons ensuite à Baquedano, dont la principale attraction est son musée ferroviaire. "Musée" est un bien grand mot : pas de ticket dentrée, aucun panneau explicatif et bâtiments à labandon... Ça ressemble plutôt à un cimetière ferroviaire, mais les machines sont magnifiques et nous avions pu découvrir l'histoire de cette ligne au musée d'Antofagasta. Résultat : un endroit hors du temps, propice à la photographie!
Lors de notre bivouac, nous sommes accueillis et acompagnés jusquau lendemain matin par 3 chiots. Ils ont lair affamés et nous ne prenons pas le risque de les nourrir, de peur qu'ils nous suivent le lendemain... Mais ils sont joueurs : pendant la nuit, ils piquent la tongue de Tetef et nous la retrouverons mordillée à quelques mètres de là.
Depuis Antofagasta, nous montons. Tranquillement. Nous sommes à plus de 1000m daltitude, en plein désert, et nous découvrons les anciennes Oficinas Salitrera doù était extrait le salpêtre. L'industrie était florissante, en particulier grâce à la forte demande de l'agriculture europénne qui a besoin d'engrais (Nitrate). Les sites d'extraction riches en salpêtre se sont transformés en petite ville. La guerre de 14-18 a fortement ralenti le développement de cette industrie : les Allemands ont découvert comment fabriquer du nitrate synthétique, pouvant être produit en grande quantité et moins cher. Malgré de nouvelles techniques d'extraction et de traitement, toutes les Oficinas ont fermé petit à petit, laissant sur place des villes fantômes au milieu du désert. Nous sommes de nouveau en dehors du temps, nous baladant dans des rues qui étaient autrefois animées, essayant d'imaginer la vie quotidienne des travailleurs du salpêtre.
Lune des Oficinas a pourtant repris "vie" dans les années 70 : après des travaux de restauration sous la présidence Allende, lOficina Chacabuco a été transformée en prison sous l'ère Pinochet... Aujourd'hui, la plupart des sites ont été démantelés, afin de récupérer les métaux et le bois, et même les cimetières semblent avoir été visités!
Nous continuons notre route à travers le désert, en montant toujours tranquillement. Il ny a pas trop de trafic, mais un bouchon se distingue au loin derrière nous : un convoi exceptionnel ralentit la circulation et une longue file de voitures, de pick-up et de camions se forme. Nous découvrirons le lendemain que le convoi est à destination dun champ de 46 éoliennes! Le convoi nous dépasse lentement, nous profitons de son ombre pour rouler au frais.
Nous approchons de Calama, à plus de 2000m daltitude, mais nous nous arrêtons un peu avant pour bivouaquer. Le lendemain matin, il pleut dans le désert! Cela faisait presquun mois que nous n'avions plus connu la pluie... Et le lever du soleil transforme la grisaille du ciel :
Notre passage à Calama est rapide. Nous refaisons le plein de provisions, nous profitons dun petit restaurant pour ne pas faire la cuisine et nous nous baladons un peu dans cette ville-oasis dont les odeurs de végétation et dhumidité nous surprennent après notre séjour dans le désert.
Mais la ville grouille de monde et nous avons hâte de partir pour retrouver le calme. La sortie est rapide et nous nous retrouvons de nouveau dans des paysages désertiques. Nous continuons toujours de monter, mais cette fois, la pente saccentue et nous amène à plus de 3200 m daltitude, notre record! Nous découvrons alors de l'autre côté le Salar d'Atacama, entourés de montagnes dont certaines dépassent les 5000 ou 6000m...
La descente vers San Pedro de Atacama est frigorifiante : même avec le soleil qui tape, lair frais et la descente à près de 50km/h nous refroidit. En bas, les jambes tremblantes mais enfin au chaud, sous le soleil exactement, nous nous arrêtons pour déjeuner et inaugurons un nouveau type de pause-repos lorsquil n'y a pas d'ombre :
San Pedro de Atacama, enfin!
Nous nous dirigeons alors vers la Vallée de la Lune, aux portes de San Pedro de Atacama et nous sommes émerveillés par le spectacle : après plusieurs jours dans la monotonie du désert, nous traversons des montagnes colorées, salées, dont certaines sont recouvertes de dunes.
Mais San Pedro de Atacama est une région très touristique et à mesure que nous avançons, il y a de plus en plus de monde, en voiture, en minibus et même à vélo. Nous arrivons en fin daprès-midi près de la grande dune de la Vallée, et cest une véritable marée humaine qui déferle alors pour voir le coucher de soleil.
Nous en profitons pour nous éclipser et aller bivouaquer à lentrée de la ville. Nous préférons un peu de calme avant de nous réhabituer à cotoyer autant de monde... Mais le spectacle de la Vallée de la Lune nous promet de belles choses à découvrir ici. Ce sera notre dernière pause au Chili avant de quitter ce pays, et sûrement une de celle qui va nous marquer!
Lalbum photo complet est disponible ici :
Et en bonus, voilà les paysages que l´on a traversés depuis plusieurs jours!