Cet espace est consacré à nos périples en vélo, ceux qui sont passés et surtout nos aventures en Amerique duSud! Ce blog rassemble nos précédents voyages à vélos de 2010 à 2012, un récit des préparatifs de notre projet, et aujourdh hui se transforme en carnet de voyage pour suivre notre trajet!
D'Albina, Suriname, à Saint-Laurent-du-Maroni, France, il n' y a qu'un fleuve à traverser. Des 2 côtés, on retrouve les picolettes, ces petits oiseaux de "combat", les magasins tenus par les Chinois et la bière surinamaise Parbo. Mais on retrouve également les prix "français" qui font mal au portefeuille et le choix au Super U qui nous donne presque le tournis!
Par un heureux hasard, nous sommes accueillis chez Marie et Grégoire qui nous laissent leur appartement et le chat en garde pendant leurs vacances en métropole. On aura quand même l'occasion de discuter ensemble avant leur départ. Ils partiront à l'aéroport avec quelques pancakes maison.
Saint-Laurent-du-Maroni, aujourd'hui Ville d'art et d'histoire, a été fondé par et pour le bagne. Les vestiges sont nombreux et nous renvoient vers une époque peu glorieuse. La déportation vers la Guyane était souvent synonyme de mort pour les bagnards, en particulier à cause du manque de nourriture, des travaux de force et des épidémies courantes sous ce tropique.
Pendant cette semaine, nous partons 2 jours sur Awala, au bord de la mer. Nous sommes hébergés chez Lydie et Ale, cyclos comme nous, qui ont traversé l'Europe jusqu'en Turquie. On a beaucoup d'anecdotes à s'échanger, ça donne presque envie de continuer en Europe (mais chaque chose en son temps...). En attendant, on se balade en vélo, sans sacoche, mais une charrette pour emmener le petit Camille.
Tout près de chez eux, se trouve un site exceptionnel : chaque année, des milliers de tortues viennent pondre sur les côtes de Guyane. Et la plage d'Awala est un des sites de ponte des tortues Luth les plus importants au monde. On arrive un peu tard, la saison est presque terminée, mais en nous baladant le soir sur la plage, nous avons la chance d'assister à la ponte d'une tortue Luth. La bête est énorme et suit tout un cérémonial pour recouvrir ses œufs et les camoufler le mieux possible des prédateurs.
2 jours plus tard, nous nous baladons aux aurores sur la plage. Nous découvrons 2 nids de tortues saccagés par les chiens errants et les charognards. Au loin, nous apercevons de nouveau un chien et des oiseaux. En nous rapprochant, nous découvrons alors des petites tortues en train de sortir. Nous avons la chance de les voir remonter à la surface et se dépêcher à rejoindre l'océan. Notre présence a fait fuir les quelques prédateurs, mais tout n'est pas gagné pour ces bébés tortue : entre les poissons carnivores, les filets de pêche et les sacs plastiques qu'elles ingurgiteront en pensant que ce sont des méduses, seule une infime partie arrivera à taille adulte. En tout cas, on leur souhaite bonne chance!
Après cette escapade à Awala, nous revenons sur Saint-Laurent pour récupérer nos bagages avant de reprendre la route. Le début du trajet est valloné. La chaleur et l'humidité ne facilitent pas les choses. Et cette fois, plus de doute possible, nous franchissons le 30 000 ème kilomètre! Pour marquer le coup, on fera la photo souvenir de nuit...
Le lendemain matin, on aura même une petite surprise au bord de la route!
Nos "amis", les bêtes
Nous traversons les bourgs de Iracoubo et Sinnamary. Quand on arrive a 14h, on a l'impression d'être dans une ville-fantôme... Sur la route, on fait plusieurs rencontres, plus ou moins heureuses. Tout d'abord, nous traversons une zone infestée de moustiques, qui nous sifflent dans les oreilles dès la nuit tombée. Ensuite, nous croisons une matoutou, grosse mygale du coin. Et enfin, plus poétique, nous nous retrouvons dans un nuage de papillons sur plusieurs kilomètres de long!
Au terme de cette étape, nous atteignons Kourou, siège du centre spatial!
Malgré un report, nous avons la chance d'assister à un lancement dès le surlendemain. Nous nous levons à 4h30, faisons 45 minutes de vélo de nuit, arrivons au point de rassemblement où nous sommes fouillés comme si nous étions des terroristes, prenons ensuite un bus qui nous emmène sur un des sites "rapprochés" pour observer le décollage. A 9h27m11s, Soyouz décolle enfin!
Oui, tout ça pour ça. On n'a quasiment rien vu, on était à plus de 15 km du lancement et en plus ça partait derrière une colline avec une forêt tropicale. Franchement décevant. On apprendra par la suite qu'il y a d'autres sites mieux placés, mais qu'il faut les demander bien en avance; alors, quand t'es touriste et que tu n'y connais rien, on te mets loin, comme ça, tu ne vois rien... En plus, les 2 satellites Galileo ont été placés sur une mauvaise orbite. Décidément, c'est la loose!
Nous partons ensuite sur les Iles du Salut. Sur les 3 îles restent les vestiges du bagne. Nous faisons de nouveau un bond dans le temps, rattrapés par l'horreur du passé.
Encore un lieu chargé de la mémoire des bagnards, et pourtant le lieu semble paradisiaque aujourd'hui : les îles sont entourées par une mer bleue, on aperçoit les tortues respirer à la surface et les singes ne sont pas effrayés par la présence de l'homme.
Sur les îles, nous retrouvons la rigidité et les précautions inutiles bien françaises. Ici, on n'a pas le droit de faire grand chose, on est prévenu tous les 20m que c'est dangereux, et puis, comme ça, s'il arrive quelque chose, c'est de la faute de personne, mais ça fera le tour des journaux en disant qu'il faut plus de sécurité...
Au retour, nous allons visiter les installations du centre spatial. Cette fois, la visite est intéressante, nous allons sur chacun des sites de lancement Soyouz, Vega et Ariane 5. On découvre la salle de contrôle Ariane 5 qui paraît un peu vieillotte (et pourtant ça marche!), et la salle principale où sont suivis tous les lancements de Guyane.
A Kourou, nous sommes hébergés chez Damien et Camille, dans une maison en bordure de forêt, puis chez Coline et Lars, dans le centre de Kourou. Entre la soirée jeux, le barbecue, quelques plats cuisinés et une balade dans la ville, on a le temps de discuter et de découvrir la vie au quotidien près de la base spatiale (ils travaillent presque tous là-bas...).
Nous quittons ensuite Kourou avec un vent de face très fort. Cayenne n'est pas très loin, mais ça nous épuise et surtout, pour la dernière vraie étape du voyage (sisi!), c'est un peu dommage. Encore une fois, pas de panneau d'entrée de ville à Cayenne, alors, on arrive sur la place des Palmistes, en plein centre ville, et on prend cette photo souvenir qui clôt plus de 30 000 km de Rio de Janeiro, Brésil, en Septembre 2012, à Cayenne, Guyane Française, en Août 2014!
Nous allons rester quelques jours ici, il nous reste pas mal de choses à visiter dans la région, on devrait encore utiliser les vélos pour découvrir tout ça!
L'album photo complet est disponible au lien suivant :