Cet espace est consacré à nos périples en vélo, ceux qui sont passés et surtout nos aventures en Amerique duSud! Ce blog rassemble nos précédents voyages à vélos de 2010 à 2012, un récit des préparatifs de notre projet, et aujourdh hui se transforme en carnet de voyage pour suivre notre trajet!
Cela fait un petit moment que nous n'avons pas posté sur le blog. Nous avons été occupé pendant 8 jours non stop à pédaler. Non pas parce que nous étions pressés. Mais parce que la région de l'Uruguay que nous avons traversée comptait peu de lieux oú nous souhaitions rester. Et l'attrait de la côte se faisait sentir, nous voulions revoir la mer que nous avions quittée il y a 4 mois...
Tout d'abord, nous nous sommes reposés 2 jours à Salto. Nous pensions nous arrêter seulement 1 journée dans cette ville frontière avec l'Argentine, mais nous avons découvert avec plaisir une architecture variée, des places entretenues, des rues animées et des restaurants qui donnent envie de s'attabler! Autant dire une vraie pause dans notre voyage. Et nous avions l'impression de rattraper un peu notre réveillon du nouvel an...
Pendant cet arrêt prolongé, Bibou a pu faire réparer son vélo, qui a retrouvé ses 27 vitesses! Heureusement, puisque le dénivelé pour la suite de l'Uruguay nécessite plus que 3 vitesses sur un vélo chargé... Seul bémol : c'est exactement le même type de changement de vitesse irréparable qui a été réinstallé... Espérons qu'il tienne mieux le coup! Et un grand merci à Victorio pour son aide et à Ruben le réparateur!
Après cette pause fructueuse, nous reprenons la route. Le temps n'est pas au beau fixe, mais la brume donne un côté fantomatique aux paysages.
Le soir même, nous avons notre première rencontre avec des gauchos, ces fermiers qui gèrent des estancias de plusieurs centaines d'hectares. Nous appréhendions un peu l'hospitalité en Uruguay, mais nous sommes accueillis à bras ouverts par Ariel sur son terrain, avec même quelques échanges en français et un paysage magnifique tout autour.
Les gauchos sont les "cow boy" sud americain. Il faut les voir sur leur chevaux ramenant le soir le troupeau de mouton. Ils ont fière allure avec leurs bottes, poignard dans le dos (ça c'est pour tuer le mouton), chemise et béret! De nombreuses fois sur le parcours nous les avons croise, nous chevauchant nos montures d'acier et eux de superbes chevaux.
Le lendemain, étant donné le temps pluvieux, Ariel nous propose même de rester plus longtemps si on le souhaite. Mais nous choisissons de reprendre la route.
Cette fois, nous sommes sur un plateau valonné, entourés de champs immenses. Les paysages sont grandioses, accentués par les nuages d'averses avec qui nous faisons la course.
Nous croisons de nouveaux de nombreux emas, comme au Brésil, mais aussi beaucoup d'oiseaux, une mante religieuse, des scarabés "rhinocéros" et une autre bêbête qui n'a pas peur de traverser la route...
Cette journée s'achève de nouveau par une hospitalité naturelle des gauchos. Nous dormons cette fois dans le champs avec les vaches et les chevaux qui viennent observer les intrus d'une nuit.
De nouveau, nous partons sous la brume, mais en se dissipant, elle nous offre des points de vue magnifiques sur les champs alentours et sur les milliers de toile d'araignées constellées de gouttes d'eau.
A partir de ce moment, nous rencontrons un vent d'Est que nous prenons de face comme nous nous dirigeons vers la côte. Il se lève en milieu de matinée et forcit tout au long de la journée. En fin d'après-midi, nous sommes usés. Après les 80 à 100 km de la journée, nous n'avons qu'une envie : nous arrêter, trouver un endroit agréable, manger et se coucher. Même quand il n'y a pas d'estancias pour nous accueillir, nous nous installons dans un des immenses champs, à l'abri des regards et pouvons profiter des lumières toujours bluffantes des couchers de soleil.
Après avoir traversé rapidement les villes de Tacuarembo et Melo, nous arrivons dans les hautes collines (n'appelons pas ça "montagnes") du Cerro Largo. Nous enchaînons les côtes et les descentes, nous faisons plus de 800m de dénivelé dans la journée, mais le spectacle en vaut l'effort : la vue sur la vallée s'offre à nous et nous profitons du coucher de soleil sur le Cerro Largo (merci Norma!).
La descente vers la ville de Treinta y Tres est un vrai plaisir. Il fait beau, les emas courent dans les champs, les vélos semblent survoler le bitume et les mollets se reposent!
En fin de matinée, 80 km au compteur, nous nous arrêtons au camping, gratuit, et profitons de l'après-midi pour profiter d'une vraie douche, faire une sieste méritée, laver notre linge... Ce pourrait être parfait, mais nous sommes pendant les vacances d'été (genre le mois d'août en France). Alors que la nuit avait plutôt bien débuté, nous sommes réveillés à 2h30 par une sono à l'extérieur du camping, mais à 20m de nous... Fin des festivités à 4h, mais un groupe de jeunes s'installent dans la camping et discutent (crient?!?!!) toute la nuit... Le réveil le lendemain après 4h30 de sommeil est difficile! Heureusement, il y a peu de dénivelé et le temps est frais.
Quand nous avions préparé la route depuis Salto, nous avions remarqué que la dernière partie du trajet avant la côte devait se faire sur une route en terre. Nous espérions secrètement qu'elle avait été asphaltée depuis l'impression de notre carte routière (2010...), mais on nous confirme àLascano que ce n'est pas le cas. Après vérification des autres possibilités et des dénivelés, nous changeons notre route et mettons le cap au nord. Nous traversons une région de marais, avec de grands champs parsemés de palmiers et des rizières. Nous n'avons jamais connu de route aussi plane : 4m de dénivelé positif sur 50km, un rêve!
Notre dernière nuit avant l'arrivée sur la côte est reposante (nous en avions besoin après le camping de Treinta y Tres...). Encore une fois nous sommes parmi les bovins :
Mais le matin, nous constatons que nos vélos ont été préemptés pas une petite dizaine de grenouilles. En plus de remballer tout notre matériel, nous devons déloger toutes celles qui sont dans les recoins, sous les garde-boue, sur les sacoches...
Enfin, une vraie surprise le 13 janvier 2013 : 4 mois jour pour jour après notre arrivée à Rio, nous sommes de retour au Brésil! Eh oui, notre changement de route nous a mené à Chuy (Uruguay), ville frontière avec Chui (Brésil). Nous traversons donc la rue et nous nous retrouvons au Brésil pour manger une glace. Les images de l'arrivée à Rio nous reviennent, et nous considérons tout le chemin parcouru depuis.
Enfin, nous continuons notre route jusqu'à la côte. Nous apercevons la mer et de nouveau une certaine euphorie nous emporte. Nous attendions avec impatience ces retrouvailles, 4 mois après avoir laissé l'Océan Atlantique dans notre dos à Rio.
Encore une fois le voyage relève d'excellentes surprises. Nous ne connaisions pas grand chose de l'Uruguay et en fait lors de cette étape nous avons eu l'impression de traverser la Bretagne, l'Ecosse, Le Limousin et même la Chine et ses rizières. A présent, nous allons cotoyer l´Ocean Atlantique pendant quelques temps puisque nous allons le longer jusqu'à Montevideo et Colonia del Sacramento (les puristes diront qu'il s'agit là du Rio del Plata...). Les infos touristiques que nous avons pu récupérées nous donnent envie de prendre le temps. Nous devrions donc ralentir un peu notre rythme et profiter de tout ce que la côte uruguayenne peut nous offrir!
L album complet est disponible au lien suivant