Cet espace est consacré à nos périples en vélo, ceux qui sont passés et surtout nos aventures en Amerique duSud! Ce blog rassemble nos précédents voyages à vélos de 2010 à 2012, un récit des préparatifs de notre projet, et aujourdh hui se transforme en carnet de voyage pour suivre notre trajet!
Nous y voilà, enfin sur la côte. Nous sommes tellement heureux de retrouver l'océan après 4 mois. Nous nous attendions à des plages bondées, surchargées, mais à la Coronilla, il n'en est rien! L'été, c'est vide. Enfin, on fait tout de même des rencontres inattendues... des tortues! Par hasard nous visitons le centre de soin (http://www.karumbe.org/) qui récupère les tortues blessées ou échouées et les soignent. Dès qu'elles sont en pleine santé comme Youri, ils les relachent le soir. Nous avons pu y assister, ce fut un très beau moment, accompagné en plus d'une danse et d'une chanson par les spectateurs.
Le soir on dégote un endroit magnifique dans les dunes à quelques mètres de la mer. Bon y'avait quand même des plantes pour nous piquer les pieds mais c'était idéal pour passer une nuit et surtout voir le soleil se lever sur l'Atlantique sud.
Bibou en profite pour se balader en vélo sur la plage et croise un bloc de métal rouillé sur le sable. On apprendra plus tard qu'il s'agit des restes du Porteña, un bateau a vapeur faisant la liaison Montevideo-Buenos Aires, 'piratè' par des revolutionnaires et échoué sur la côte en 1873!
Poursuivant notre route, nous voulions visiter le fort Santa Teresa, mais le lundi les gens du patrimoine n'aiment pas trop bosser. Faute de pouvoir le visiter, on reste à proximité dans un camping gigantesque qui s'étale sur 10 km le long de la plage et le tout abrité sous une fôret. A noter que ce camping est géré par des militaires. Cette journée de repos, nous la consacrons à la lessive, à l'entretien des vélos (d'ailleurs bibou a crevé 1 fois, du sable il paraît...), à la baignade même si y'a de grosses vagues et qu'au début elle est froide... Le soir, nous faisons comme la majorité des campeurs, nous allons ramasser du bois dans la forêt et nous faisons griller de beaux morceaux de boeuf, accompagnés d'un excellent vin rouge argentin. Quel délice!
Le lendemain nous allons visiter Punta del Diablo, charmante petite station balnéaire avec ses maisons en bois, ses toits de chaume et ses bateaux de pêcheurs.
Le lieu est un peu plus touristique, donc comme tout le monde, on se fait avoir en allant dans un resto où pour beaucoup de pesos y'a rien dans l'assiette. On aurait dû s'en douter, le resto s'appelle le zéro stress... Mais rassurez-vous, nous nous sommes rattrapés le soir avec un nouveau barbecue au camping.
Lors de cette étape maritime, nous découvrons un lieu magnifique et préservé: Cabo Polonio. Des dunes gigantesques face à l'océan, un petit village sans voiture (les touristes y accèdent en bus 4x4), un grand phare et des petites cabanes. Pour y parvenir, c'est tout de même l'expédition. Comme nous ne voulons pas payer le bus, nous y allons à pied depuis le village de Valizas. Imaginez-nous traversant une embouchure de rivère, avec de l'eau jusqu'au torse tout en essayant de garder au sec nos sacs et chaussures. Ensuite il faut marcher 7 kilomètres dans les dunes et en bord de mer pour accèder au cap.
Mais vraiment c'est un lieu superbe. En plus il y a une colonie de lions de mer qui fait la sieste sur les rochers. Au cours de l'hiver (entre juillet et novembre), on peut aussi apercevoir des baleines, mais nous n'avons pas cette chance.
En fait cette partie de la côte uruguayenne alterne cap rocheux, plages et dunes. De nombreux bateaux se sont échoués au cours des siècles, ceci explique aussi la présence de tous ces phares.
Le retour de nuit fut un peu plus rapide, nous voulions traverser l'embouchure avant que la marée ne soit trop haute. Mais voir le coucher de soleil dans les dunes, c'était magique.
La journée fut bien remplie, la matin, on faisait 70 km de vélo et l'après-midi 16 km de rando pour accèder au site. Nous pensions que nous ne dormirions pas bien au camping avec les tentes les unes sur les autres, mais finalement la fatigue aidant, ça a été.
Le lendemain nous prenons la photo des 7000 kilomètres sur la plage! Un jalon de plus dans notre périple...
Nous traversons les villes de La Pedrera et La Paloma. Elles sont bien moins préservées, il commence à y avoir plus de touristes et c'est plus bétonné. Le soir nous bivouaquons dans un champ suite au refus d'un fermier.
Poursuivant notre route, nous débarquons un midi dans le St Trop uruguayen: José Ignacio. Boutiques de luxes, galleries d'art, grosses bagnoles. Cela ne nous empêche en rien de pique-niquer avec nos saucisses et notre riz à l'ombre du phare et de faire la sieste sur le sable.
L'après-midi nous longeons la côte entre la plage et la lagune. C'est tellement beau que les riches argentins et d'autres se font construire de superbes villas. Malheureusement dans quelques années y'aura plus grand chose de sauvage dans ce coin. D'ailleurs il y a une campagne pour l'arrêt du bétonage de la côte (http://movusuruguay.org/?page_id=80).
De loin nous apercevons Punta del Este, sorte de Las Vegas/Deauville d'ici. Il paraît que c'est une étape incontournable pour les très nombreux touristes argentins et pour la jet set internationale. Même si nous n'en faisons pas encore partis (sait-on jamais?), nous nous rendons chez Michelin (Ici on prononce 'Micheline').
Oui oui il s'agit bien du Bibendum fabriquant de pneu auvergnat. En fait dans cet atelier travaillent Federico (Fédé) et Rafael (Chiléno) qui nous hébergent pour 2 soirs. Ils vivent sur un terrain à Maldonado, juste à côté de Punta del Este. Fédé y a construit sa maison, bon il reste à raccorder l'eau et l'électricité, mais pour nous elle est superbe, vraiment ingénieuse. Le premier soir nous partageons de nombreuses bières et 2 bouteilles de vin autour d'un feu. Oui, on ne vous a pas dit, mais ici on ne vend pas des glaces au coin de la rue, mais des bûches pour le barbecue. C'est vrai qu'il fait plus frais maintenant mais surtout le barbec est une institution.
Le lendemain nous visitons Maldonado et Punta del Este. Maldonado est une bonne surprise avec un joli centre ville et des batiments coloniaux préservés. Nous profitons même d'un musée et d'un resto avant de descendre vers Punta del Este. Certes il y a de belles plages, mais les gros immeubles moches en front de mer c'est pas trop notre truc. En plus il y a beaucoup, beaucoup de mondes. Les gens sont sur la plage mais pas dans l'eau (trop de vagues côté Atlantique).
Punta del Este marque la limite entre l'estuaire du Rio de la Plata et l'océan. C'est drôle pour nous de se dire que nous voyons l'estuaire des eaux du Parana, du Paraguay, de l'Uruguay mais aussi du Tacuary, bref toutes ces rivières que nous avons longées, traversées depuis plus de 3000 km.
Au port de Punta, on fait meme une nouvelle rencontre (de pres) :
Pourtant la pointe pourrait être mignonne, mais entre les paquebots Costa (pas échoués) et les casinos, Punta del Este n'est pas faite pour nous. Nous ne regrettons pas d'avoir découvert la côte sauvage les premiers jours. Le soir nous préparons un repas pour remercier nos hôtes et amis. Au menu poulet mariné au citron au barbec, pommes de terres sautés, légumes grillés et crumble. Un succès comme toujours! Pendant le repas un groupe de percussioniste 'candombé' du quartier passe dans la rue, le carnaval avant l'heure.
Nous terminons la soirée dans un bar/maison avec un concert génial du groupe La Smala. Ils sont vraiment à découvrir! (http://www.youtube.com/watch?v=AVL6LK9hnHk)
Bref, nous nous sommes couchés à 2 h du mat', le réveil est un peu difficile à 8h15 pour reprendre la route... On dit au revoir à Fédé, mais pas au Chileno puisqu'il nous accompagne en vélo sur une trentaine de kilomètres. Oui Rafael aussi fait un peu de cyclotourisme, il nous emmène encore chez "Micheline" pour qu'on puisse prendre la pause avec Bibendum! Diabolo a même eu le droit à son autocollant.
C'est marrant de pédaler à 3, ça nous change et Rafael est un sacré personnage! Tout le monde l'appelle le Chileno car, vous l'aurez compris, il est chilien. C'est dingue, ce pays nous semble encore tellement loin, mais d'avoir discuté des choses à voir et des routes avec lui on se dit que d'ici quelques mois on y sera.
Nous longeons la côte, qui est plutôt belle et on se fait un bon resto de poisson à Piriapolis.
Le soir on galère un peu pour trouver un bivouac mais finalement on dort en haut des dunes avec un magnifique coucher de soleil.
Ces quelques jours au bord de la mer furent pour nous de belles vacances au sein même du voyage! Bon nous avions un vent de côté assez désagréable tout au long de notre descente vers Punta del Este, mais comme il venait de l'est il nous a bien poussé sur la fin du parcours.
A présent, nous voilà à Montevideo où nous allons passer quelques jours avant de nous rendre à Colonia del Sacramento, dernière ville de notre parcours uruguyen.
L album complet est disponible au lien suivant :