Cet espace est consacré à nos périples en vélo, ceux qui sont passés et surtout nos aventures en Amerique duSud! Ce blog rassemble nos précédents voyages à vélos de 2010 à 2012, un récit des préparatifs de notre projet, et aujourdh hui se transforme en carnet de voyage pour suivre notre trajet!
"Don't cry for me Argentina", c'est avec ses paroles en tête que nous attaquons ce nouveau pays. Les quelques jours de repos à Posadas on été plus qu'agréables, mais bon on est nomade et faut bien commencer à découvrir le pays.
L'Argentine révèle parfois des surprises... Après Bob l'éponge : 
Plus sérieusement, la région de Missiones n'est pas si simple, comme sa soeur au Paraguay, c'est valloné et en plus la route est vraiment changeante. Beaucoup de dénivellé et on aime pas trop.
Nous roulons sur des routes très différentes: asphalte, portion en terre, avec ou sans bas côtés et même (grand luxe) une autoroute en travaux rien que pour nous sur plus de 30 km!!
En plus comme nous sommes entre les fêtes y'a pas trop de camions.Juste des Renaults 21, des Peugots 404, des Citroëns, des modèles plus récents et pas que français qui transhumancent pour les vacances avec pleins de trucs sur la galerie (mais pas de ski...).
Le plus terrible dans cette étape fut incontestablement la perte d'un être cher, dès le premier jour... La manette (Schifter pour les pros du sud) de changement de vitesses arrières de Bibou (encore lui) s'est bloquée. Impossible de réparer dans l'immédiat. On a pourtant essayé, mais n'étant pas horloger suisse, ça marchait encore moins...
Y'avait bien une statue de la Vierge mais elle ne nous a pas aidée, Bibou a donc dû continuer avec seulement 3 vitesses (au lieu de 27). Le point positif, c'est que nous arrivions dans une région plane, avec des marais. Il a tout de même fait plus de 580 km avec seulement 3 vitesses, quel champion et en plus aucune crevaison pour lui en Argentine!
L'avantage quand c'est plat, c'est que nous pouvons avaler les kilomètres, malgré la chaleur. Nous avons fait plus de 100km par jour pendant presque une semaine, sauf le jour de l'an car là notre course effrenée à été bloquée par une tempête...
Bizarrement apres un mois au Paraguay, nous retrouvons de grands espaces, des villes beaucoup plus rarement et pas forcément à coté de notre route. Nous avons donc décidé de bifurquer vers la ville frontière de Paso de los libres pour passer le réveillon. La ville est quasi déserte lorsque nous débarquons vers midi après 90 km. Ecrasée par le soleil. Après plusieurs tentatives infructueuses, nous trouvons enfin un hotel ouvert. Nous finirons donc l'année à l'hotel Uruguay. Il est vraiment bas de gamme mais nous faisons avec. La clim ne marche pas, il y a des coupures d'electricité, bref on est encore mal tombé.
On part faire des courses et on s'imagine déjà sur les rives du fleuve Uruguay pour passer le réveillon. Mais en sortant du supermarché, c'est la stupeur, la tempête s'abat sur la ville, orage, vent, sable dans les yeux et enfin la pluie. On rentre à l'hotel et là grosse coupure de courant pendant des heures. Alors que faire? On se boit une bière encore fraiche au bar, puis on monte dans notre chambre. Il est temps de se préparer pour le réveillon. La chambre est moche, avec quelques cafards et à cause de la pluie il commence a y'avoir de l'eau qui coule sur les murs. MAIS nous avons fait d'excellentes courses, nous profitons d'un excellent vin rouge argentin, d'un poulet farci et d'une salade, Bibou a le droit à son riz au lait (Tetef n'aime pas ça), Tetef a le droit a son fromage saveur bleu (Bibou n'aime pas ça) et enfin un gateau aux pommes. Un repas de fête!
Finalement l'électricité revient, on écoute un peu de musique grâce à la tablette, mais nous n'avons pas dansé. A 23h, nous entendons le Brésil voisin exploser: pétards, feux d'artifices. Oui ils sont en 2013, décalage horaire oblige. Finalement on se dit pourquoi attendre minuit alors que de l'autre côté ils ont changé d'année. Au moins ça nous permet de se coucher plus tôt. Mais une heure plus tard c'est l'Argentine qui explose, donc pas facile de s'endormir...
Le jour de l'an est triste, les rues sont presques vides, seulement les viandes saoûles lorsque nous quittons Paso de los Libres. La tempête a apporté un ciel gris et surtout un vent de face qui nous ralentit terriblement. En plus, la température est bien descendue, puisque on a mis nos polaires. Après les grosses chaleurs ça fait du bien. On a même dormi dans nos gros duvets...
Le soir nous retrouvons le camping sauvage ou l'hospitalité dans des fermes ou près d'usine. Ça fait du bien de se sentir accepté. Bon, le premier soir après la casse de la manette de Bibou on a dormi dans les champs de maté. Le deuxième soir dans un camping. La troisième nuit fut plus difficile : des nuées de moustiques nous ont harcelés dès la tombée de la nuit, ils étaient tellement heureux de pouvoir nous vider de notre sang... On a mangé sous notre moustiquaire bleue princesse, mais y'en avait au moins une cinquantaine à l'intérieur et des milliers à l'extérieur (sisi, véridique!). Bon une fois dans la tente c'est plus facile pour les tuer, mais après, faut plus sortir... Le lendemain, le vent s`est leve, la moustiquaire se balance tel un spectre dans un mauvais film...
Le jour de l'an nous dormons près de gros silos, c'est tranquille. Enfin avant d'arriver à Salto nous dormons dans une ferme, au milieu des moutons, des vaches et d'un veau qui beugle toute la nuit... Mais merci à cette sympatique famille, pas trop rassurée à notre encontre au début mais qui au moins nous a acceptés pour la nuit.
Nous arrivons dans une région avec des champs d'orangers, des thermes et surtout plus peuplée. On traverse la frontière Argentine-Uruguay sur le barrage de Salto grande. Pour une fois, la douane est bien faite, les formalitées des 2 pays se font au même endroit. En sortant du poste, Tetef se rend compte qu'il a crevé à l'avant... La malédiction aurait-elle,changée de camp? A suivre...
Nous passons donc en Uruguay, non pas sur nos vélos (interdits sur le barrage...) mais à l'arrière du Pick up de Luciano qui nous emmène jusque dans le centre de Salto.... On économise ainsi 15 km!
Mais rassurez-vous, on pédale toujours autant, puisque nous avons franchi le cap des 6000 km!
Nous voici donc en Uruguay, à Salto, magnifique ville, avec de vrais restaus, des boutiques pour réparer le vélo de Bibou et surtout un hotel propre et bien situé pour profiter et se reposer quelques jours avant de partir à la découverte de cette nouvelle destination.
Au programme, nous allons traverser le pays d'ouest en est jusqu'à la côte atlantique, mer que nous avions laissée à Rio de Janeiro il y a plus de 3 mois. Nous devrions longer ensuite la côte jusqu'à Montevideo et Colonia del Sacramento où nous prendrons un ferry pour rejoindre Buenos Aires et l'Argentine de nouveau!
L album complet est disponible au lien suivant :