Cet espace est consacré à nos périples en vélo, ceux qui sont passés et surtout nos aventures en Amerique duSud! Ce blog rassemble nos précédents voyages à vélos de 2010 à 2012, un récit des préparatifs de notre projet, et aujourdh hui se transforme en carnet de voyage pour suivre notre trajet!
Nous venons de traverser le Chili pour atteindre la côte. Ce nest pas un exploit, le pays est tout en longueur, coincé entre la Cordillière des Andes et lOcéan Pacifique. On retiendra de ces quelques jours de vélo la diversité des personnes, des paysages et des situations rencontrés. Un voyage tout en contrastes...
Nous avons rencontré en effet des personnes exceptionnelles, chacune à leur manière, qui nous font voir les choses différemment.
Lors de notre pause à San Martin de los Andes, nous avons été accueilli chez Ivana et Harry, 2 voyageurs à vélo également. Ils ont parcouru les 2 Amériques, depuis lAlaska. Ils souhaitaient continuer jusquà Ushuaia, mais ils se sont finalement arrêtés dans cette ville, ont eu un petit Julian, mais devraient terminer leur voyage d'ici quelques temps! Leur blog en anglais : worldonabike.com
Et ça ne sarrête pas là... Harry est un pro de la randonnée en haute montagne : il a à son actif les plus hauts sommets de chaque continent, dont 3 fois lEverest (si si...) et le mont Vison (4 892m) en Antartique... C'est juste incroyable! 7summits.com
Ça fait rêver, même si on se sent incapable de le faire. En tout cas, le fait den discuter nous fait voyager vers les sommets!
A San Martin également, nous avons visité le musée du Che : il est en effet passé par là, quand il nétait "que" Ernesto Guevara, lors de son voyage à motocyclette (Tétéf a dailleurs lu son carnet de voyage au début du périple). Il s'était fait héberger par les garde-parcs, alors que nous ils n'ont même pas voulu nous offrir un toit pour manger au sec le midi... Les temps ont bien changé!
Notre route nous a également emmené à Temuco, grande ville de 250 000 habitants. On ne pensait pas passer par là, mais la pluie et le froid ont changé nos plans. On se fait héberger chez Pedro, qui a étudié à Bordeaux pendant 3 ans et parle un français parfait. Il est revenu au Chili pour monter sa boîte. Après avoir vu le concept en France et en Europe, il a décidé douvrir son fast-food de pasta à Temuco. Lentreprise n'a que quelques mois, il tâtonne encore pour trouver les bonnes formules et ne compte pas ses heures. En tout cas, ça donne envie de se lancer! Il faut juste qu'on trouve LA bonne idée. Il nous reste encore quelques mois pour ça...
Enfin, sur la route, nous croisons un cycliste du coin qui commence à nous parler. Difficile de faire la causette en pleine côte, mais il nous accompagne au sommet à notre rythme. On labandonne là-haut, pour pouvoir trouver un bivouac. Mais le lendemain, lorsquon arrive dans la ville de Traiguen toute proche, on recroise Victor, qui nous invite à boire le café chez lui! Moniteur d'auto-école, il est surtout passioné par le vélo, participe à des courses et suit en ce moment le tour d'Italie. Ses grands-parents Français ont émigré au Chili et il donne aujourd'hui des cours à l'Alliance Française de Traiguen!
Nous avons déjà évoqué les meutes de chiens croisés depuis quelques mois maintenant. Nous continuons den voir, surtout dans les villes. Lors dune pause à Lican Ray, nous laissons les vélos au bord du lac pour nous balader sur une péninsule boisée. Les paysages auraient pu être exceptionnels s'il y avait eu du soleil, mais bon, on ne choisit pas... À notre retour, nous apercevons quelques sacs plastiques qui flottent sur l'eau et 2 chiens aux pieds de nos vélos : ils ont réussi à ouvrir la sacoche avant de Tetef, celle qui contient la nourriture! Résultat : 2 paquets et demi de gateaux, du fromage et des crackers en moins... Heureusement, ils n'ont pas eu les saucisses qui étaient au fond. Sales cabots!
On pourrait en vouloir à tous les chiens, mais en partant de cette même ville, nous sommes suivis par un autre toutou. Il pleuviotte, et notre nouveau compagnon de voyage nous suit en trottinant. On essaie de le semer dans les descentes, mais il nous rattrape dans les côtes.
Au bout de 17km (!!), on arrive finalement à nos fins, dans une longue descente. Nous arrivons 8 km plus loin à Villarica, avec un petit pincement au coeur, en espérant quil ne se soit pas fait écraser... Mais le lendemain, lors dune petite balade dans le centre ville, nous recroisons notre chien! Il n'est pas sûr de nous reconnaître (peut-être à cause de la douche qu'on a prise à l'hotel...) mais nous suit une dernière fois jusqu'au bord du lac, avant de continuer à rôder dans cette nouvelle ville pour lui!
En sortant de lArgentine, nous devons de nouveau traverser la Cordillière. Heureusement, nous choisissons un col à 570m daltitude seulement, ce qui facilite notre arrivée au Chili. Nous sommes toujours entourés par les montagnes, mais nous apercevons alors notre premier volcan :
La région est en effet très active au niveau volcanique. Ce ne sont pas moins de 4 volcans que nous apercevons de loin ou de près pendant notre traversée. En revanche, alors que les premiers jours étaient ensoleillés, les quelques jours suivants sont très nuageux, voire pluvieux. Alors que nous le contournons sur près de 60 kilomètres, nous naurons pu apercevoir le volcan de Villarica que lors dune éclaircie de fin d'après-midi :
De même pour le volcan Llaima, qui est normalement visible à plus de 100 km, mais nous aurons dû nous approcher à 15 km pour apercevoir sa double cheminée dans un trou de nuages...
Ce qui est rageant, cest quen s'éloignant de cette région, le beau temps revient et nous pouvons les admirer (de loin...), tous ces volcans culminant à près de 3000 m d'altitude :
Pour la suite du trajet, nous traversons des paysages de collines, avec des champs cultivés. Et vers la côte, nous retrouvons des forêts deucalyptus, comme au Brésil. Cet arbre pousse en effet très bien dans le région (et a priori sur toute la côte jusquà Santiago). L'avantage : ce sont des lieux parfaits pour le bivouac! L'inconvénient : les camions surchargés de bois ont tendance à nous klaxonner et nous frôler quand ils ne peuvent pas doubler (ça ne leur viendrait pas à l'esprit de ralentir avant de pouvoir doubler...).
Ces quelques jours auront été très changeant niveau météo. Normalement, cest la saison des pluies dans cette région du Chili. On était prévenu. Mais lorsquon se retrouve effectivement trempés, qu'il fait froid et qu'on ne profite pas des paysages, on se demande parfois ce qu'on fait là...
Heureusement, le soleil sinvite finalement pendant plusieurs jours, ce qui est rare pour la saison, nous permettant de continuer notre route, sereins. Linconvénient du beau temps en journée, c'est que les nuits sont plus fraîches. Nous nous réveillons donc avec le froid qui pique le nez, et de la gelée blanche sur la tente et les sacoches, qui s'évapore (lentement) avec l'arrivée du soleil!
Quasiment toutes les villes que nous traversons ont été fondées au 19ème siècle, lors de lappropriation des terres appartenant au peuple Mapuche par le gouvernement chilien. Les affrontements avec les Mapuches auront duré plus de 300 ans, depuis larrivée des conquistadores espagnols. Alors qu'ils avaient réussi à préserver leur territoire avec la force, le développement économique aura eu raison des dernières résistances : le gouvernement chilien lance la "pacification" de la région par la guerre... Vaincu, le peuple originaire de ces terres est repoussé et les meilleurs terres sont attribuées à des Chiliens ou des immigrants de toutes nationalités, dont de nombreux Français. Aujourd'hui, après une lutte culturelle et politique, la culture Mapuche est de nouveau mise en avant, dans de nombreux musées,dont l'excellent musée de Cañete, mais aussi à l'école avec l'apprentissage de la langue Mapudungun. En revanche, la restitution des terres ne semble pas à l'ordre du jour...
Le Chili est un des pays les plus riches du continent. Les grandes villes nont rien à envier à leurs homologues européennes. On trouve des musées, des réseaux de transports en commun développés, dimmenses centres commerciaux ouverts du lundi au dimanche, des hypermarchés...
Et pourtant, cest également un pays avec de grandes disparités. Nous croisons régulièrement des boeufs tirant des charettes, ce qui nous rappelle le Paraguay.
Pour réduire les écarts, le gouvernement construit de nombreux logements sociaux aux abords des villes, ce qui évite la formation de bidonvilles. Il a de plus connecté toutes les bibliothèques publiques à Internet, tout le monde y a accès, gratuitement. Un vrai service public qui limite la fracture numérique. Un autre avantage : même les étrangers comme nous y ont accès! On se retrouve donc régulièrement dans les bibliothèques pour consulter nos mails et vos commentaires :-)
Lors de notre arrivée au Chili, nous devions prendre un bateau pour traverser un lac. Nous prenons notre temps, faisons une petite balade vers une cascade et arrivons une demi-heure avant le départ. Nous montons dans le bac, mais le personnel est encore en train de nettoyer la salle des passagers. Finalement, nous pouvons nous installer, nous lisons et préparons la route. Mais à 16h, le bateau ne part toujours pas, des voitures et des camions attendent toujours sur le quai. A 16h30, nous devinons pourquoi : le Chili a changé dheure pendant notre brève escapade en Argentine, nous devons reculer nos montres dune heure! Heureusement que c'est dans ce sens-là, sinon nous aurions louper le bateau et aurions dû attendre le bateau du lendemain...
Nous avons donc maintenant 6h de décalage avec la France!
Depuis plus de 11 000 km, nos vélos nous emmènent sur les routes dAmérique du Sud. Ils sont globalement solides, mais depuis quelques temps, on enchaîne les petits pépins techniques. Notre retour au Chili ny aura rien changé... Pour Tetef : 2 casses de chaînes et des sauts de chaîne intempestifs. Pour Bibou : 2 crevaisons et le 3ème plateau quasiment inutilisable pour cause de sauts de chaîne... Mais on va quand même essayer d'attendre Santiago pour changer tout ça :-) Bibou a quand même réussi à faire réparer son pneu troué chez Roberto. On le garde en secours pour l'instant. On verra combien de temps ça peut durer...
Voilà, elle nest plus très loin. La proximité de la mer se fait sentir depuis quelques temps déjà : le poisson et les fruits de mer se vendent de nouveau sur les étals! On a dailleurs pu se manger un pavé de saumon chilien à Temuco!! La dernière fois, ça doit remonter à plus de 8 mois... Cañete est encore à 30 km de l'Océan mais c'est la porte à côté. D'ailleurs, peu avant d'arriver, on l'aperçoit au loin. Ce sera notre compagnon de route pour les prochains jours!
Maintenant, nous allons longer la côte vers le nord, passer par Concepcion, Constitucion, puis faire une incursion vers les vignobles de Santa Cruz avant d'arriver à Santiago. Un programme chargé en perspective!
Pour voir l album :