Cet espace est consacré à nos périples en vélo, ceux qui sont passés et surtout nos aventures en Amerique duSud! Ce blog rassemble nos précédents voyages à vélos de 2010 à 2012, un récit des préparatifs de notre projet, et aujourdh hui se transforme en carnet de voyage pour suivre notre trajet!
Nous passons une journée de repos à Coyhaique. La ville n'offre pas grand chose et l'accueil au camping où nous logeons n'est pas terrible. Mais comme d'habitude lors d'une pause, on en profite pour mettre à jour le blog, trier et réduire en taille les photos, faire le plein de courses et se faire de bons petits plats. On va même à la bibliothèque pour profiter d'internet et Tétéf se remet à la conjugaison en Espagnol... Oui les cours du lycée sont déjà loin... Le soir comme Bibou ne peut pas faire de pain, il se venge en faisant triple dose de pancakes!!! En même temps comme la proprio ne veut pas mettre le chauffage, le temps de les faire cuire, ça réchauffe la pièce!
En plus, nous nous faisons réveiller la nuit... par des chiens! C'est quelque chose dont on ne vous a pas encore parlé... Mais depuis que nous sommes dans le sud, que ce soit au Chili ou en Argentine, il y a dans tous les villages/villes des hordes de chiens errants. Ils aboient contre les voitures, parfois contre les cyclistes que nous sommes. La nuit, ça n'arrête pas, une vraie plaie. Dès qu'un chien se met à aboyer, son voisin lui répond et parfois tout le village s'y met! En tente, forcément, on est vulnérable au bruit. On a pensé investir dans des somnifères (à mettre dans une boulette pour le chien...) ou une arme avec un silencieux... Mais ça revient un peu cher... Qu'à cela ne tienne, nous avons fait le plein de bouchons d'oreilles!
Nous quittons donc Coyhaique sans trop de regret, on savoure tout de même la vue sur la ville en partant:
Ensuite nous longeons le Rio Simpson dans une vallée encaissée, pleine de cascades.

Que d'eau, que d'eau! Ça, la Patagonie n'en manque pas, d'ailleurs le midi au bord de la rivière comme il fait froid Bibou essaye d'allumer un feu. Le bois était tellement humide que le feu (malgré l'essence, chut!) n'a jamais pris. Rassurez-vous on ne l'arrête pas comme ça. Le soir dans un champs il essaye la technique de ses parents, en mettant du papier imbibé d'huile... et ça marche. Merci Jean-Luc, Denise, on a passé un bon bivouac près du feu!
Le lendemain matin après 7 mois de voyage c'est la première fois qu'on se fait repérer dans un champs. Un cavalier surgit derrière un buisson avec son chien. Nous en train de prendre notre petit dej. Il passe, nous salue et nous demande tout simplement d'emporter avec nous nos déchets. Evidemment c'est ce qu'on fait tout le temps.
Encore une fois on roule sous une pluie fine, c'est pas agréable et les vêtements de pluie protègent un peu mais ça condense quand même à l'intérieur. Résultat on est trempés! C'était sans compter sur le "chasseur de cyclistes"... Jorge! En effet Jorge s'est arrêté au bord de la route pour nous parler et très rapidement nous proposer l'hospitalité dans sa Casa de ciclista (Maison pour les cyclistes). Elle se trouve à Villa Mañihuales. On s'y rend rapidement et Jorge nous présente les lieux et nous dit qu'il s'en va jusqu'à tard dans la nuit. Bref ce mec est épatant, il ne nous connait pas mais nous ouvre ses portes. Nous savions qu'il existait et si nous ne l'avions pas croisé, nous nous serions rendus chez lui. Beaucoup de cyclos en parlent. On en profite donc pour faire 2 lessives, se laver, faire de la bonne cuisine, du pain maison (Cette fois c'est Tetef qui s'y met). Bibou lui révise un peu son vélo, ses roues étaient légèrement voilées. Le soir en pleine cuisson du pain, plus de gaz... On va donc acheter une bouteille à la station, voilà des années que ça nous était pas arrivés. La nuit fut très agréable, Tétéf a dormi jusqu'à 10h! Comme quoi un vrai matelas c'est le pied. Bon y'avait bien quelques chiens (encore), mais avec nos bouchons, on dort tranquille!
Le lendemain nous rencontrons et discutons plus avec Jorge. Ca fait plusieurs années qu'il accueille et même qu'il chasse les cyclistes pour les recevoir chez lui. Il tient une boutique de vélo et répare gratuitement les vélos des gamins du village. Rien qu'à lire son livre d'or, on voyage à travers les récits laissés par les cyclos, ceux qui viennent du nord, du sud, seul, en famille, avec des vélos en bambous, une femme de 63 ans, etc... Ceux que nous avons croisé ces dernières semaines. Bref dommage que nous n'ayons pas plus connu Jorge et sa connaissance en mécanique...

Mais il fait beau alors on quitte Villa Mañihuales. Puis après la pause de midi, il commence à pleuvoir. Ce soir-là, on espère trouver une petite cabane, un refuge, si possible avec cheminée. Au détour d'un virage, notre voeu se réalise, la maison est petite mais propre, abandonnée depuis quelques années. Le poêle à l'air de fonctionner, mais dans la pièce principale flotte une vieille odeur... Nous optons donc pour une pièce annexe, on balaie et on ramène la table et de quoi s'assoir. On passe une bonne soirée. Mais la nuit, l'ambiance est bizarre, on n'est pas très rassuré. On a peut être trop lu les bouquins de Franck Thilliez... Bref au moindre bruit on sursaute!
Le lendemain, jour anniversaire de Bibou, le temps s'éclaircit et on a même droit à un beau soleil. Encore une fois les paysages sont magnifiques : forets, rivières turquoises, route bordée par des fuchsias, cascades, ... En plus c'est de l'asphalte! Mais la pause pour nos postérieurs et le dos est finie, puisqu'en bas d'une grosse côte on retrouve ce fichu ripio. Nous arrivons alors au Parc National de Queulat. Avant d'atteindre le col, on s'arrête faire une rando dans "le bois enchanté". Le nom fait un peu penser à Chantal Goya. Mais le sentier est vraiment magnifique, les arbres sont recouverts de mousses et de lychens. Il n'y a personne. On attend presque qu'une fée apparaisse...

Le sentier se termine sur un lac couleur émeraude avec une chute tombant d'un glacier.
Photo 
On poursuit notre route dans le parc en passant le col. On descend dans l'autre vallée pour arriver jusqu'au fjord et retrouver la mer. Ça fait bizarre de voir des mouettes dans ces paysages de montagnes. On passe la soirée au camping du Parc National. Tétéf fait un gateau à la semoule, aux pommes et au chocolat pour fêter l'anniversaire de Bibou. Ça n'a pas l'air très bon, mais c'était plutot pas mal, surtout quand on a juste le rechaud pour le faire... En plus Bibou a pu souffler sa bougie.

Cette partie du Parc est connue pour son glacier suspendu. Le soir on a pu le voir, mais le lendemain on prevoyait une rando pour s'en approcher mais il pleuvait de nouveau. Heureusement, on avait pu le découvrir de loin en arrivant au camping.

Sous la pluie, le long du fjord on roule sur le ripio. Pourtant notre guide Copec (C'est le nom des stations services au Chili) mettait sur la carte que la route était asphaltée... De gros panneaux annoncent les travaux terminés, mais non ce ne sont que des cailloux. On s'arrête le midi à Puyuhuapi (Pas facile à dire hein!) et on se fait un resto. Du poisson avec des frites, que du bonheur!

Malheureusement la pluie s'intensifie l'après-midi. On s'imagine déjà bivouaquer sous la pluie... ou retrouver une maison abandonnée. C'est chose faite encore une fois. Cette fois c'est un peu plus délabré, le poêle est cassé. Mais 1 Bibou+ 1 Tétéf + 1 Poêle cassé + 1 Tuyau + 1 couteau CHuisse = Mc Guyver! Oui nous avons bricolé notre poêle. Bon encore une fois ça fumait de partout, mais on a pu manger au chaud et faire sécher les vêtements.

On a quand même dormi dans la pièce à côté pour éviter l'étouffement. On ne sera peut-être pas chauffagistes à notre retour... Cette fois, pas d'odeur ni d'inquiétude, les chaines de tronçonneuse qui trainent par terre ne nous effraient pas. On se dit que ce doit être Charles qui de temps en temps coupe du bois...
Le lendemain on trouve enfin le chantier! Oui ils sont bien en train de refaire la route. Et nous on a droit à la boue, aux camions et aux pelleteuses. Mais c'est dingue le monde qui y travaille et tout ça sur une vingtaine de kilomètres.

Depuis plusieurs jours, nous alternons la pluie et le beau temps. Nos vélos déjà souffrent du ripio, de la boue, de la poussière. Tous les jours on doit nettoyer la chaine et la rehuiler. Des fois on fait ça lorsque la route nous semble mieux et généralement il y a de la pluie ou de la boue pour la faire couiner quelques kilomètres après... Bibou a d'ailleurs encore cassé un maillon de sa chaîne. Comme quoi, est-ce néssésaire de la bichonner tous les jours?
Le soir on bivouaque auprès du feu. La température est plutot agréable ces jours-ci. Le lendemain peu après le départ, Bibou recasse sa chaine... A ce rythme, pas sûr qu'il y ait assez de maillons jusqu'à la prochaine grande ville...
Un midi on aperçoit un terrain avec une table le long d'un torrent. C'est génial comme aire de pique nique. On installe la tente pour la faire sécher. On engloutit notre repas et là une femme avec ses bottes et son tablier vient nous dire que c'est un terrain privé! Bref, si on veut rester, il faut payer. La bonne blague... Vu que la pluie semble venir sur nous, on s'en va!
Le soir on espère trouver un abri, le vent s'est levé et il risque de pleuvoir. On apercoit un camping. De nouveau, la bonne blague, la patronne annonce un prix exorbitant pour la région. On lui dit qu'on paye moins cher d'habitude. On s'apprète à partir bivouaquer mais elle accepte finalement notre prix si on prend une douche rapide. Voilà on s'installe mais bon, il faut nous même aller ramasser le bois, et vu l'état des sanitaires, c'est encore cher payé!
Tetef qui après 60 km de route en gravier n'en a pas assez dans les jambes, retourne sur ses pas pour essayer de retrouver sa serviette perdue en cours de route... 12 km pour rien, il avait qu'à mieux l'accrocher pour la faire sécher.
Enfin, arrive notre dernière étape. Au réveil le ciel est couvert, mais juste un léger voile. Puis le temps se découvre et enfin depuis plusieurs jours un superbe soleil pour nous récompenser. L'étape n'est pas facile, plus de 800 m de dénivelé positif et la route n'est pas en bon état. Donc arriva ce qui devait arriver : encore une chaîne qui pète... Mais il y a une certaine justice, c'est celle de Tétéf!

Pour s'en remettre, le paysage dans la vallée du torrent Futaleufú est magnifique et se livre entièrement lors de la pause du midi. La vallée est connu pour le kayak et le rafting, mais on a pas vu GO Fanny et les copilotes de hot dogs...
Après une dernière côte sévère, nous voici donc enfin à Futaleufú, à quelques kilomètres de la frontière avec l'Argentine, notre prochaine destination. On doit vous avouer que nous sommes très contents de quitter la Carreta Austral et surtout ses centaines de kilomètres de piste. Car cette route mythique est bien paradoxale. Les paysages sont sublimes mais il pleut souvent et les nuages cachent les sommets. On n'a jamais été aussi trempés. La route est peu asphaltée et donc nos vélos et surtout nos chaînes ont souffert. Bref on est un peu fatigué mais on a pu apprécier des paysages authentiques et préservés. Donc si on a des conseils à donner aux cyclos: faîtes la route tout nu et en trotinette, au moins vous ne tremperez pas vos vêtements et n'abimerez pas votre chaîne!
Ah oui, message pour le Docteur (?) N.B. : un léger mal de gorge nous a obligé à ouvrir notre trousse à pharmacie. Après des mois sans l'utiliser et surtout presque 1000 bornes sur des routes sans asphalte, on s'est aperçu que certains médocs avaient soufferts: pomades éventrées, comprimés réduits en poudre, pansements humides... C'est moche, mais bon, c'est bien de se dire que la trousse à pharmacie ne nous sert plus trop souvent!
Pour visionner l'album de cette étape : 68 - Coyhaique - Futaleufu
Pour la suite, nous continuons vers le nord, mais côté argentin : Trevelin, El Bolson, San Carlos de Bariloche et San Martin de Los Andes. Cette escapade en Argentine devrait toutefois être de courte durée. On prévoit en effet de revenir ensuite au Chili pour remonter (enfin?!?) vers Santiago!