Cet espace est consacré à nos périples en vélo, ceux qui sont passés et surtout nos aventures en Amerique duSud! Ce blog rassemble nos précédents voyages à vélos de 2010 à 2012, un récit des préparatifs de notre projet, et aujourdh hui se transforme en carnet de voyage pour suivre notre trajet!
Nous laissons les vélos à Pereira et prenons un bus pour Medellin. Encore une fois, c'est toute une aventure. Entre la pause déjeuner du chauffeur, les montagnes, les virages et les travaux, il faudra 6h30 pour atteindre Medellin, distante de 225km seulement de Pereira...
Mais nous y sommes enfin et profitons de quelques jours pour découvrir la ville. Medellin, c'est tout d'abord la ville de Botero, peintre-sculpteur qui a laissé son empreinte dans sa ville natale. Ses personnages tout en formes ont un côté enfantin, sensuel ou grotesque selon les cas.
L'architecture moderne ajoute au dynamisme de la ville. Depuis les années 80, la construction de ces grands édifices doit s'accompagner d'une valorisation artistique. On trouve donc régulièrement lors de nos balades des statues, scuptures ou fresques dans les rues. De plus, de nombreux parcs sont présents dans la ville. Lors d'une de nos balades, on est même arrivés dans le parc des "pieds déchaussés", où nous avons fait une pause, à l'ombre, à se rafraîchir les pieds!
Enfin, de nombreux projets ambitieux ont renoué le lien avec des quartiers défavorisés : grandes bibliothèques, terrains de sport ou lieux de culture. L'emblème de ce renouveau reste peut-être le téléphérique construit pour relier des quartiers très peu accessibles, à flanc de montagne. Et en prime, la vue depuis les hauteurs sur la ville est magnifique!
La découverte de la ville n'aurait pas eu la même saveur sans les rencontres que nous y avons faites. Nous avons été en effet hébergés tout d'abord chez Alejo, un étudiant, lui-même voyageur à vélo. Il est parti de Pasto, au sud de la Colombie, où nous sommes passés, jusqu'en Equateur. Nous avons retrouvé la vie étudiante, maintenant lointaine, avec les sorties bar, la cuisine simple et les devoirs de dernière minute... Vie étudiante un peu différente de celle en France, mais qui donne envie de reprendre des études!
Puis Elizabeth et Sofia nous ont accueillis lors d'un week-end prolongé. Nous avons passé pas mal de temps en cuisine et à table. Et pour digérer, nous avons passé une après-midi à faire des tests, des épreuves, des expériences et des découvertes au parc Explora.
Depuis leur appartement (au 10ème étage sur une colline...), nous avons eu en plus un magnifique point de vue sur la ville, encore plus grandiose de nuit.
Elizabeth a déjà passé quelques jours en France et s'est fait 2 très bons amis là-bas : Nicolas (le caviste) et Paul (le boulanger)!
Avant de les quitter, elles nous ont offerts 2 T-Shirt Medellin avant notre départ. On sera bien visible sur la route!
Malgré tous les projets qui ont transformé Medellin, la ville garde encore une mauvaise image. La délinquance semble être encore présente, on nous a quasiment interdit de visiter le centre ville de nuit. Et pourtant cette ville a de nombreux atouts pour attirer les touristes!
Poisson d'avril!
Oui, bon, c'était évidement très gros, mais notre dernier article était un faux. Facile de jouer sur les clichés de la Colombie, sur l'image des cartels qui collent à Medellin et sur les Drogas/Droguerias qui sont en fait des pharmacies. Avec un peu de farine qui restait au fond d'une sacoche, la fameuse paille-café, un tendeur et une aiguille, on s'est amusé à faire ces quelques photos!
Reprise sans ménagement
La parenthèse sans les vélos est terminée. Nous rentrons à Pereira, de nouveau 6h30 dont 1 heure d'attente parce que notre bus est tombé en panne... Nous passons une dernière soirée avec Humberto et Cesar, avec qui nous aurons beaucoup discuté!
Nous reprenons la route le lendemain, avec une surprise dans la première montée : un tunnel "hélicoïdal". Alors, comme ils ont pas trop la place pour construire la route, ils font une spirale avec un tunnel qui passe SOUS la colline puis qui sort en pont pour passer SUR la colline. Malins!
Nous traversons de nouveau des champs de café/bananiers. Et nous entamons enfin la vraie montagne : de la vallée à 1200m, nous grimpons jusqu'à 4100m en pleine Cordillière centrale. On choisit une petite route peu empruntée, quasiment sans circulation, et avec l'intérêt de passer à côté du volcan del Ruiz. On n'a jamais de chance avec les volcans, ils sont toujours dans les nuages quand on les approche. Et là, rebelotte! Après avoir grimpé avec un temps magnifique, mais sans voir le volcan parce qu'il était caché par d'autres montagnes, en arrivant au pied, les nuages sont là, le recouvrant complètement...
Mais cette fois, finie la poisse, on feinte! On se cache dans une maison abandonnée, on y passe la nuit (très mauvaise à cause des bruits bizarres type Blair Witch) et le lendemain matin, au lever du soleil, alors qu'il croyait qu'on était parti, on découvre enfin le volcan sans aucun nuage!
A 4000m, les levers et couchers de soleil sont juste incroyables, avec des couleurs de feu, embrasant les nuages accrochés dans les vallées.
Ce petit détour valait l'effort. C'était en plus peut-être notre dernière nuit à 4000m, on ne devrait plus atteindre de tels sommets pour la suite du voyage.
Lorsque nous repartons, les nuages reviennent et nous enveloppent. Nous ne voyons plus le paysage, et à peine la piste. Toute la matinée nous contournons le volcan sans rien voir. Puis à midi, le temps se découvre et nous apercevons alors les neige éternelles et les glaciers de l'autre côté du volcan.
La suite de la descente est difficile : la piste est défoncée, pleine de trous et de cailloux. Le dos de Tetef en prend un coup. Et moi, je ne supporte pas de ne pas avancer alors que ce devrait être simple...
Mais finalement l'asphalte revient. Enfin... de l'asphalte colombien : parfois la route se transforme en piste sur 30m, parfois il n'y a plus qu'une voie parce que l'autre s'est effondrée dans le précipice, parfois il y a des trous ou des soulèvements de terrains...
Au fur et à mesure de la descente, on retrouve la chaleur. A 230m d'altitude, c'est même étouffant. Heureusement la descente ne nous demande pas trop d'effort, et l'air nous rafraîchit. Mais toutes les bonnes choses ont une fin : nous arrivons sur le pont qui traverse le "petit" fleuve Magdalena et nous découvrons la difficulté suivant : la Cordillière orientale!
La première partie de la montée est difficile à cause de la chaleur. Mais dès que nous dépassons les 1000m d'altitude, on retrouve un peu de fraîcheur. Notons un événement majeur : un petit morceau de métal aura eu raison de la succession de 4 mois sans crevaison pour moi. La dernière remontait à fin novembre au Pérou...
La route est toujours très calme, avec peu de trafic. Nous continuons de monter tranquillement, ce n'est pas toujours très facile, mais, sans trafic, on n'a pas besoin de contrôler tout le temps notre rétro et on profite du paysage.
Hospitalité à géométrie variable
Pendant cette étape, nous avons souvent demandé un endroit pour mettre la tente au sec, les nuages étant plutôt menaçants. On s'est donc retrouvé derrière un restaurant avec un café offert, dans une serre et dans une carrière. Ce dernier endroit mérite un peu plus d'explications, puisque la "négociation" a été inédite. Après avoir demandé à Pipa, le gardien de la carrière, si nous pouvions installer la tente sur le terrain pour la nuit, il nous dit qu'il a besoin simplement de demander l'autorisation. Nous pensons qu'il téléphone au propriétaire. Mais en fait, quelques minutes plus tard, nous voyons arriver 2 policiers. Ils nous denandent nos papiers, nous interrogent sur notre voyage, vérifient nos tampons d'entrée dans le pays, c'est une sorte d'enquête de moralité. Finalement, les policiers disent que tout va bien. C'était tellement incongru qu'on a failli partir, ne se sentant pas du tout bien dans cet endroit. Mais, une fois l'affaire finie, Pipa nous ouvre grands les portes : on peut s'installer sur une belle pelouse, on a bien sûr accès à la cuisine et à la salle de bain, et si on a trop froid dans la nuit, on peut même s'installer dans la pièce inutilisée où il y a 2 lits... On se souviendra longtemps de Pipa et de ce bivouac!
En équipe!
Depuis notre arrivée en Colombie, on croise toujours beaucoup de cyclistes de route. Cette étape ne déroge pas à la règle. Ils sont souvent plus rapides que nous, surtout en côte avec tout notre chargement. Mais lorsque nous passons à Guayabal, nous croisons Hector qui décide de nous accompagner dans la côte pendant 1h30. C'est à la fois bizarre de rouler à 3 et motivant en même temps. Lors des pauses, il nous fait découvrir les alentours et nous explique qu'on peut même voir le volcan del Ruiz, de l'autre côté de la vallée à une bonne centaine de kilomètres, quand il fait beau. Evidemment, le temps brumeux ne nous donnera pas cette chance... Mais ce petit bout de chemin avec lui était sympathique!
Dernière ligne droite
On s'en approchait, mais ça paraissait loin. Les petites routes qu'on avait choisies étaient calmes. Mais lorsqu'on arrive au croisement avec la route principale, plus de doute : nous avons Bogota en ligne de mire! Une dernière côte en plein trafic, et nous arrivons sur le plateau de l'agglomération grouillante...
Et c'est à l'approche de Bogota que nous faisons notre 24 000ème kilomètre!
La circulation est infernale, les bus nous coupent devant et s'arrêtent tous les 20m, la pollution et la poussière nous font regretter nos jours précédents, sans oublier évidemment la route qui est en mauvais état par endroit... Mais tout se fait. On arrive finalement au coeur de Bogota, chez Javier qui va nous héberger quelques jours. Un peu de repos et surtout beaucoup de choses à découvrir dans cette 9ème capitale de notre voyage!
L'album complet est disponible au lien suivant :