Cet espace est consacré à nos périples en vélo, ceux qui sont passés et surtout nos aventures en Amerique duSud! Ce blog rassemble nos précédents voyages à vélos de 2010 à 2012, un récit des préparatifs de notre projet, et aujourdh hui se transforme en carnet de voyage pour suivre notre trajet!
Vous prendrez bien une tasse d'un nouvel article? Surtout que ces jours-ci nous pédalons au cœur de la région du café en Colombie. Mais comme notre voyage, il y a mille façons d'apprécier le breuvage.
Du café au saloon...
Après Neiva, nous partons à la découverte d'un paysage singulier, le Désert de la Tatacoa. Bon, désert, c'est vite dit, encore une fois on a le droit à un peu de pluie et franchement c'est vert pour un désert. Mais on a beaucoup aimé marcher dans les differentes concrétions rocheuses. Le sable gris, les terres rouges et ocres, autant de couleurs qui ont été sculptées par les eaux et le vent. Mais il est où le train de la mine?
Pour vous prouver que ce désert n'est pas sec, on a même pris le temps de se baigner dans une piscine. Comme on a beaucoup aimé, on a recommencé le soir à l'hôtel!
Pour quitter ce coin atypique de Colombie, on traverse en barque le "petit fleuve" Magdalena... Les berges sont grignotées par les eaux, pas facile de passer en velo... Y'en a un qui a bien failli boire la tasse!
Mais tout de même, ces jours-ci entre les averses on a eu chaud. Le soir on met la moustiquaire et on dort en dessous. Parfois ça marche, parfois il faut se réfugier en pleine nuit sous la tente car l'orage passe près!
Prendre un café en famille
Nous poursuivons la route vers Ibagué. Ça vous dit rien, mais pour nous ça signifie quitter la vallée du Magdaléna et monter la Cordillière centrale. Mais nous sommes régulièrement accompagnés de cyclistes. Y'en a même un qui nous a offert des jus de fruit tout en restant sur son vélo. Ca rafraîchit dans la côte! Arrivés à Ibagué, on s'accorde une pause dans la famille de Carlos. En plus c'est le week-end, donc au vit au rythme de la famille. Le dimanche après être passé voter (eux pas nous, mais, vous, n'oubliez pas ce dimanche!), nous partons découvrir le canyon de Combeima. C'est certainement très joli, mais avec les nuages on apprécie pas tant que ça. Ce qu'on retiendra de la journée c'est surtout la visite de la finca d'Alfonso (le père), qui compte 5000 pieds de café. Autant vous dire une petite plantation de café et de bananiers. Avant il avait une finca avec 25 000 pieds. Etant ingénieur agronome de son état, il nous apprend pleins de trucs. Pendant ce temps là, Amparo (la mère), nous prépare un café maison. Un délice!
Prendre de la hauteur, café frappé?
C'est bien beau de goûter un vrai café, surtout qu'on tourne au lyophilisé tous les matins. Mais il est temps de monter jusqu'à la Linéa. Tout le monde nous a prévenu, ne passez pas par là, c'est le col (3200m) le plus dur, y'a pleins de camions! Mais à croire que nous sommes frappés? Puis les Colombiens, vous êtes gentils, les deux maigrichons sont passés par des cols à 4800m!
Mais ils connaissent bien leur pays. Il y a certes la circulation des camions, mais surtout des pentes bien raides. Le premier jour, on ratrappe les 3 Suisses (sic), des Vaudois en plus! On prend le temps d'échanger sur nos voyages. Ils sont impressionnés par nos 1 an et demi de périple. Faut dire qu'eux sont seulement à leur troisième jour, Rio est encore loin! Surtout qu'ils ne commencent pas par le plus simple!
Le soir on compte trouver un petit endroit pour planter la tente. Mais y'a soit des maisons, soit des champs en pente. Finalement, la chance tourne puisque sans le savoir on demande l'hospitalité à Rechéché, ancien champion de vélo lorsqu'il avait 16 ans. Il nous invite chez lui et comme il a un lit dispo, pas question de planter la tente! Incroyable! Surtout on dort loin de la route et du bruit incessant des camions.
Pauses café au pays du café
Après le franchissement du col, c'est parti vers la descente vers l'Eje cafetero. Là-bas nous rencontrons Nando et Elizabeth, mariés depuis peu! Un couple sympatique et généreux. Quoi de mieux pour des cyclos fatigués qu'un hotel-resto-grill, pour se reposer. En plus Nando nous fait découvrir ses spécialités: le lapin grillé et le poulet thaï au wok. Autant de délices que nous avions oubliés depuis longtemps!
Nous restons quatre jours. Le cadre est magnifique. Nando a construit lui même sa maison et ses meubles. Ils sont en guaduas. C'est quoi? C'est un bambou ultra résistant et ici on l'appelle l'acier vert. C'est un matériau incroyable qui révolutionne le monde de la construction. Tellement révolutionnaire que le pays délaisse le café, peu rentable, au profit du guadua.
Nando partage ses connaissances sur les richesses du Quindio, sa région du café. On visite Calarca et Armenia. Il y a également un jardin botanique et une serre aux papillons.
Nous partons en vélo avec Nando pour monter à Pijao et Bellavista. "Petite" balade de 67km. Bien entendu à la pause on se boit un café!
L'après-midi est consacrée à visite d'une plantation, la finca Recuca. "Du grain à la tasse"! Grâce à notre guide on sait tout du processus de fabrication du café. On met les vêtements pour récolter le grain, puis on enlève la pulpe, on trie le café (Le meilleur pour l'exportation, le moins bon pour la Colombie, c'est un comble!), séchage puis torréfaction, passage par le moulin, la cafetière et dégustation...
Petit récapitulatif du processus en images:
Pause café Olé!
D'ailleurs, si vous voulez épater les gens devant la machine à café, voici quelques données sur le café. Cette plante vient d'Ethiopie. Mise à la mode par les Arabes, d'où l'arabica, elle prend tout son arôme sur des terres situées entre 1000 et 2000m. Le premier producteur c'est le Brésil, avec un café Robusta, de moins bonne qualité et récolté par des machines qui secouent l'arbre. Ici en Colombie, 3e producteur, on récolte à la main. Quant on voit la pente on comprend pourquoi.
Plus le café est de bonne qualité, moins on le dilue dans l'eau. Qui n'a jamais goûté au jus de chausettes! Enfin avec 1kg de grains de café récoltés, on obtient au final enivron 20 tasses d'un café excellent. Enfin sachez que c'est la boisson la plus bu au monde après l'eau! Vous voyez amis Belges, c'est pas la bière!
Une cuilière à café d'architectures
Nous quittons Nando et Elizabeth pour reprendre la route. On espère les revoir en France lorsqu'ils parcourront les routes en vélo.
Nous nous rendons à Salento, petit village paisible en semaine. Nous on y arrive un dimanche, autant dire que c'est blindé et pas agréable. Mais comme on y reste deux nuits, on profite de la tranquilité du lundi pour s'émerveiller de l'architecture colorée de la région.
Quelques photos de belles demeures de l'Eje cafetero:
A quelques kilomètres de Salento, il y a la vallée de Cocora. Elle est connue pour accueillir le palmier le plus haut du monde: le palmier cire. Avec sa pulpe avant on faisait des bougies. La vallée est paisible, encore une fois c'est lundi. On randonne un peu dans ces beaux paysages et surtout sous le soleil! Le midi on mange une succulente truite, ah ça nous change du poulet et du riz!
Arrêtons la caféïne, goûtons la cocaïne!
La dernière étape du parcours nous conduit à Pereira. La ville n'a rien d'exceptionnelle, mais on s'y repose. Nous sommes hébergés chez Humberto et son cousin César. Comme ils sont sympas, on décide d'y laisser les vélos pour quelques jours et de prendre un bus direction Médellin, seconde ville du pays. Là-bas, on goutera peut-être la seconde spécialité du pays... Si vous êtes sages on vous fera un petit topo sur la poudre blanche!
Chère lectrice, cher lecteur, prépares-toi une bonne tasse de café et profites de nos dernières photos, disponibles dans l'album suivant: