Cet espace est consacré à nos périples en vélo, ceux qui sont passés et surtout nos aventures en Amerique duSud! Ce blog rassemble nos précédents voyages à vélos de 2010 à 2012, un récit des préparatifs de notre projet, et aujourdh hui se transforme en carnet de voyage pour suivre notre trajet!
Allez on vous le dit tout de suite, cette étape fut lune des plus dures mais avec encore de magnifiques découvertes!
Quittons San Pedro
Notre dernier arrêt au Chili aura été très sympa. San Pedro de Atacama nous est apparu très touristique, mais finalement en partant le camping fermait derrière nous. Au petit matin on rassemble nos affaires et on charge les vélos. Nous allons enfin quitter ce long pays. Mais chose un peu étrange, on passe à la douane faire tamponer nos passeports alors que la frontière est encore à 160 km. D'ailleurs on n'est pas les seuls, de nombreux touristes font la queue, la route vers l'Argentine est très empruntée.
Les voyageurs de limpossible
En arrivant devant le contrôle des migrations, un jeune carabinier "empanadas" nous demande oú lon veut se rendre. En choeur on lui répond: lArgentine par le Paso Jama. Il nous répond que c'est impossible en vélo, la côte est trop raide et y'a de la neige. Impossible? On l'a entendu souvent pendant notre voyage... Ah ce qu'on aime faire des choses impossibles!
Il est vrai que lon sait que cette étape ne sera pas simple. Car même si cest plat en sortant de San Pedro, on doit atteindre plus de 4000 m d'altitude. Selon le dénivelé Google, on doit même atteindre 4 820m, soit plus que le Mont-Blanc... Mais notre altimètre ne dépassera pas les 4 650 m. Problème de compteur ou Google faillible? Nous ne saurons pas, aucun panneau sur le chemin et aucun site internet avec la même altitude...
Pédaler à cette altiude, cest nouveau pour nous. Déjà, pédaler à 3000 m on était essouflés à cause du manque doxygène, alors dans quel etat on va être encore plus haut? A cela s'ajoute le fait qu'il n'y ait aucun village jusqu'à la frontière, un fort vent de dos (heureusement) et des nuits fraîches... euh glaciales.
Ah le gentil carabinier, faudrait quon lui offre un vélo pour quil teste cette route. Oui, ça n'a pas été simple, mais jamais impossible. Le plus dur fut finalement le froid, jusqu'à -15°c à l'extérieur de la tente. Comment vous dire? Nous dans nos super duvets ça a été, c'est juste les bouteilles qui étaient congelées au réveil.
Finalement monter à plus de 4000 avec un vent qui vous pousse, ça aide. Mais nos doigts et nos pieds ont eu froid. Enfin on a essayé de trouver des endroits à labri du vent pour se protéger lors des pauses. Le premier soir, nous avons bivouaqué derrière une maison à côté dun chasse-neige!!!!... Et dire que ça fait des semaines que nous traversons le désert... Mais finalement il avait neigé une semaine auparavant, il ne restait rien sur la route, juste sur les bords par endroit...
Mais face à ces difficultés, les paysages là-haut étaient magnifiques : le volcan Licancabur, qui marque la frontière avec la Bolivie; des lagunes mais sans les flamands roses, pas folles les bêtes en cette saison elles restent en bas; et des scupltures de pierre.
On fait même notre dernier bivouac au Chili dans ce décor:
Au reveil, on se balade parmi les statues : un moine ? Tortue Geniale ? Un babouin pensif? Tout ca à la fois!
Retour en Argentine
Après 2 jours et demi de vélo au-dessus de 4 000 m vos deux cyclos préférés arrivent en Argentine. Les formalités sont rapides, bon une fois quil y avait quelquun derrière le guichet... Il est temps de faire le plein d'eau à la station. Bibou fête notre 6ème passage en Argentine avec une crevaison. Tetef lui profite d'un wifi pour lire vos commentaires et mails. Comme nos réserves diminuent, on compte aller acheter du pain... Mais le boui-boui est fermé. Bienvenue un dimanche en Argentine... Pourtant, avec les centaines de camions Paraguayens qui passent par là chaque jour (y'a du trafic de voitures "Prime a la casse"...), y'a de l'argent à se faire...
On passe la nuit près dun salar, la route pas très loin. Il fait "froid", on enregistre -5°c au réveil dans la tente, mais dans nos duvets encore une fois ça va. Cependant mauvaise surprise, la gourde quechua de Tetef a explosée sous leffet de la glace.
Pourtant maman tavait bien dit de ne pas mettre de bouteille remplie dans le congèl... Après avoir explosé notre première bouteille en alu à cause du gel, on a mis leau dans l'isotherme pour le café du matin et l'avoine. Malins, mais un peu tard...
Ce jour là, on quitte lasphalte, au grand désespoir de nos postérieurs. Comme nous ne voulons pas faire daller-retour, on coupe à travers le salar de Cauchari pour rejoindre Salta. L'avantage c'est des paysages hallucinants, l'inconvénient c'est la piste parfois affreuse et, oh! surprise, parfois sublime sur le salar. En plus, ce lieu est vide, pas de trafic, juste deux mecs et leur vélo. Puis au milieu de nulle part on voit des lamas et des enfants qui courrent à notre rencontre. Ils sont morts de rire. Nous, ça nous redonne la pêche de voir ces sourires!
Progressivement on rejoint la route qui mène au Paso Sico (On avait envisagé de passer par cet autre col, mais il était fermé à cause de la neige). On retrouve des camions soulevants des nuages de poussière, puis notre premier village depuis plusieurs jours, Olacapato. On espérait secrètement se faire un resto, on sest contenté de lépicerie 'Olsen' du coin.
Puis la route devient encore plus mauvaise, un faux plat avec ces vaguelettes tuantes et parfois on sensable. Par hasard dans une côte on croise Yves, un Français installé en Argentine depuis 78. Il conduit un gros camion et comme il a vu le drapeau français il sest arrêté nois saluer. C'était 'marrant' de le voir avec ses feuilles de coca dans la bouche, c'était moins rassurant lorsqu'il nous a dit que les freins de son camion fonctionnaient mal...
Avec le vent toujours aussi fort, on veut se protéger. Cest dans ces moments là quon se dit que nous avons une bonne étoile. Au pied d'une grosse côte on demande l'hospitalité dans une ferme. Bautista et Yolanda acceptent tout de suite qu'on mette notre tente contre leur maison (Enfin ils vivent dans une pièce avec leurs 2 enfants). Nous ne passons pas la soirée seuls, car il y a aussi leur élevage de chèvres et de lamas!
On fait connaissance avec ces bêtes, un peu étranges pour nous. Quoi y'à un an on était encore à Paris. Puis ils ont de drôle de têtes ces lamas (Bon comme certains Parisiens c'est vrai!).
Oui, vous avez remarqué, à présent on vous parle de lamas et de feuilles de coca. Yà pas à dire on commence à sapprocher du coeur des Andes, celles de Tintin, des Incas. Se dire que nous sommes en Argentine est assez étrange car c'est radicalement différent de ce qu'on a pu voir de ce pays avant... et c'est tant mieux! Un nouveau voyage qui commence?
Nous passons un nouveau col à plus de 4 000m, au moins les Argentins mettent laltitude sur les panneaux :
Et là encore des paysages incroyables, on se demande comment les camions font pour se croiser sur cette piste en lacet. Sur cette photo, cest Tetef qui est dans le virage:
Depuis deux jours, on longe une voie de chemin de fer. Celle-ci est en service chaque fin de semaine et accueille le "train des nuages", pour les touristes. Lattraction cest lorsqu'il passe sur un viaduc à 4200 m d'altitude. Justement nous sommes proches du viaduc, on voudrait aller le voir. Mais pour cela il faut remonter une partie de ce qu'on vient de descendre, traverser un petit cours d'eau et Tetef a crevé. Tant pis pour le viaduc, San Antonio de los Cobres nous tend les bras. Mais bon on aura eu la chance de voir tout de même de gros lapins verts, sisi des viscaches, allez une photo pour les petits et les gands enfants:
San Antonio du far west
On y arrive en début daprès-midi. Notre premier gros village depuis le départ de San Pedro, voilà déjà 6 jours. Alors à votre avis de quoi on a besoin? Tout dabord un resto, c'est chose faite, Tetef y goute même la viande de lama. Ensuite faire la tournée des hôtels pour avoir un bon rapport qualité/prix. Notre bonheur sera l'hôtel du ciel. Bon c'est un dortoir mais il n'y aura que nous. Enfin la douche! Bon c'était mal parti y'avait pas d'eau dans l'hôtel mais en début de soirée on a pu finalement se décrasser.
San Antonio est une ville de 5000 habitants, sans trop de charme, mais ça nous plaît, on y reste finalement 3 nuits. Nous avions besoin de nous remettre de nos émotions de la traversée. On y alterne connection wifi, balades, courses (dans les 15 épiceries), repas et dodo. Bref on se repose et on prend le temps.
Le dernier jour, on souhaite retourner voir le viaduc mais une tempête de vent soulevant toute la poussière de la ville nous en dissuade une nouvelle fois. Décidément, ce viaduc nest pas pour nous, mais le samedi en partant nous croisons le "train des nuages" sur notre route.
En route vers Salta
Après avoir franchi notre dernier col à 4 000, on fait une halte aux ruines et au musée de Tastil, une ancienne civilisation précolombienne qui sest établie sur un promotoire rocheux. Le soir on dort entouré de cactus, Cardons. Et forcément, qui dit cactus? Dit crevaison! Ben cest pour Bibou, comme d'habitude, une belle aiguille dans le pneu. Et oui, on peut pas avoir un superbe bivouac et des pneus épargnés.
Ce nest que de la descente, avec le vent dans le dos, mais après une partie asphaltée on retrouve le ripio, et le vent qui nous poussait, on le retrouve en pleine tête. Mais ce qui est fabuleux cest de rouler dans un paysage fantastique. Des cactus géants, des montagnes colorés. Bref on en prend plein les mirettes.
Une arrivée explosive
Et puis dans une petite côte, on entend une forte détonation! Quoi on nous tire dessus? Non cest simplement le pneu arrière de Tetef qui a explosé! Malédiction! On aurait peut être dû faire une offrande à la Pachamama. Ou tout bonnement moins gonfler les pneus la veille? Toujours est-il quon le change avec le vieux pneu que Bibou avait fait rechaper il y a 3 mois.
Nous arrivons à Salta, il y a de la circulation pour un dimanche. On passe regonfler nos vélos à la station. Et là... Deuxième explosion. Encore une fois le pneu arrière de Tetef. Cette fois cest la jante qui a coupé le pneu... Décidement on va devoir faire des achats à Salta. Oui, cest une arrivée explosive.
On déniche un hôtel vraiment pas cher, enfin encore un dortoir. Ça nous change des dernières nuits tranquilles avec le silence. Bienvenue à Salta et retour à la civilisation!
En tout cas on va en profiter pour visiter et préparer la suite!
L album photo complet est disponible au lien suivant :