Cet espace est consacré à nos périples en vélo, ceux qui sont passés et surtout nos aventures en Amerique duSud! Ce blog rassemble nos précédents voyages à vélos de 2010 à 2012, un récit des préparatifs de notre projet, et aujourdh hui se transforme en carnet de voyage pour suivre notre trajet!
Après les 3 jours de vent pour arriver à Puerto Natales, nous profitons d'une journée dans la ville pour nous reposer. De nouveau, nous sommes accueillis chez les pompiers, dans un dortoir avec un vrai lit (ouah!!!), mais cette fois, nous "payons" notre logement avec un petit service :
Nous nous baladons ensuite dans la ville, calme et ensoleillée. Comme c'est dimanche, peu de magasins sont ouverts. Mais nous pouvons tout de même laisser nos vêtements dans une laverie, acheter un pique-nique pour déjeuner au bord du fjord, et se connecter à internet pour mettre à jour notre blog (une journée bien remplie!).
Le lendemain, nous nous dirigeons vers Torres del Paine. A la pause déjeuner, nous rencontrons 2 Français qui remontent vers le nord comme nous. Alors qu'ils sont arrivés le même jour que nous à Ushuaia (le 14 février!), Johannes et Stéphanie ont quelques jours d'avance, puisqu'ils ont déjà visité le parc vers lequel nous nous dirigeons.
Leur blog : stefetjolescyclo.canalblog.com
Nous faisons une pause à la Cueva del Milodon, immense grotte où a été retrouvée une peau de cet animal aujourd'hui disparu. Le milodon ressemble un peu à un ours, mais est herbivore. La reconstitution est un peu kitsch, mais la grotte est impressionnante par ses dimensions et par les vestiges laissés par les premiers hommes il y a 10 000 ans.
Après un bivouac le long de la piste, nous arrivons au Parc National de Torres del Paine. Nous laissons nos vélos dans les locaux techniques de l'administration et "construisons" notre sac à dos pour randonner! Eh oui, nous n'avons que nos sacoches de vélos, mais la solution trouvée, quoique un peu inconfortable au bout de quelques heures de marche, se révèle peu encombrante, avec le strict nécessaire (nos mois de vélos nous ont permis de bien alleger nos besoins) :
Dans le parc, nous suivons le "parcours touristique" en forme de W, qui nous fait faire des allers-retours dans les vallées. Nous commençons les premiers jours dans le parc sur un sentier désolé, le feu ayant ravagé une grande partie des forêts de cette partie en 2005 et 2011-2012. Nous prenons un peu mieux la mesure du climat : même s'il fait froid, le vent fort assèche la végétation, et un mégot, un barbecue mal éteint ou du papier hygiénique enflammé (véridique...) peuvent causer des ravages ici.
Nous arrivons au glacier Grey, immense, alimentant le lac avec quelques glaçons. Le début de journée était pluvieux, mais nous avons le droit au soleil en arrivant au point de vue sur le glacier :
Nous continuons ensuite vers la vallée del Francès, qui nous donne un des meilleurs points de vue sur les paysages alentours : entre les montagnes, les glaciers, la vallée et les lacs tout au fond, nous avons de quoi regarder de tous les côtés. Encore une fois, le soleil apparaît alors que nous avions randonné en partie sous la pluie, la vallée et les montagnes bouchées par les nuages.
Enfin, nous terminons par le "clou" du parc : les Torres del Paine. Cette fois, le temps est beaucoup plus incertain. Lorsque nous arrivons au sommet, après une très longue randonnée, les nuages se décident à laisser apparaître les fameuses tours. L'éclaircie est courte, mais nous récompense pour l'effort de la journée.
En redescendant, nous arrivons à l'autre bout du parc. Nous faisons du stop pour rejoindre l'autre entrée où nous avions laissé nos vélos. Nous attendons peu, et en 3 voitures, nous arrivons à bon port. Nous nous faisons même emmener par un couple de français, 53 ans de mariage (!!!), qui voyage seuls au Chili et en Argentine. Lorsqu'ils nous déposent, ils nous offrent même 2 bières!
Ces 4 jours dans le parc nous ont changé de rythme. Nous avons marché 70 km, ce que nous faisons habituellement en 1 journée de vélo. Comme nous avions emmené le strict minimum, nous avons dû nous contenter de repas simples et quasiment identiques chaque jour : avoine et café le matin, soupe, semoule ou pâtes, saucisses, pâte de fruit pour le midi et le soir. Nos sacoches étaient tellement petites comparées aux gros sacs à dos des autres randonneurs qu'ils étaient surpris qu'on ait tout pour camper : tente, duvet, matelas, un tout petit peu de rechange (on ne sentait pas très bon au 4ème jour...) et nourriture. En retrouvant nos vélos, nous avons aussi renoué avec le confort et de meilleurs repas! Mais pas pour très longtemps...
Nous reprenons donc la route vers l'Argentine. Avant la frontière, il n'y a qu'un petit magasin de dépannage. Nous achetons le minimum pour les quelques jours de vélo qui nous séparent d'El Calafate, prochaine ville sur notre chemin (entre les deux, rien... mais vraiment rien!). Le passage de frontière se passe bien côté chilien.
Côté argentin, ils jouent au ping pong derrière le bureau pendant qu'on se fait tamponner les passeports (on n a pas de photo, bien entendu...).
La suite du trajet est monotone : de la steppe, sans maison, sans estancia, la population du coin est composée de guanacos, de choique (des émeus un peu plus petit qu'au nord de l'Argentine), de flamands rose, de hibous et de tatous version patagonienne.
Et cette fois, le vent s'est levé, très fort. Il nous a poussé pour sortir du Chili (Tetef a même atteint 71 km/h en descente... pas très sérieux, mais casqué!) et continue à souffler en Argentine. En fin d'après-midi, au détour d'un virage, le vent nous bloque. Nous trouvons un abri juste au bord de la route, mais il s'agit d'un ancien dépot de la Vialidad (DDE locale) qui est grillagé et soudé pour ne pas qu'on rentre dedans pour se protéger du vent.
Il n'y a que des champs autour, sans arbres, sans vrai relief pour se couper du vent. Pour la première fois depuis 6 mois, nous nous arrêtons en contrebas de la route, dans le fossé, où nous sommes enfin à l'abri du vent.
Après une nuit reposante, nous reprenons la route, avec cette fois le vent dans le dos! Il nous pousse, nous booste comme sur une mobilette. Nous faisons du 25-30 km/h sans effort. Nous entamons même une portion de 70 km de piste que nous terminons dans la journée. Les kilomètres défilent et c'est sur cette piste que nous passons le cap des 9000 km!
Cette fois, grâce aux conseils des cyclistes croisés sur la route, nous nous arrêtons à un poste de la Vialidad, qui nous autorise à monter la tente à l'abri du vent (qui souffle toujours aussi fort...). Ils ne nous autorisent pas à utiliser notre réchaud dehors (il y a une citerne de gaz à proximité), mais nous invitent à cuisiner à l'intérieur! A l'abri du vent, au chaud, nous pouvons vraiment récupérer et nous reposer.
Et franchement, nous sommes plutôt chanceux : pour la dernière portion de route vers El Calafate, nous aurions dû avoir le vent de face, et avec ce qui soufflait les jours précédents, nous nous serions beaucoup fatigués pour ne pas beaucoup avancer. Mais le vent s'est calmé. Nous pouvons avancer et découvrir un belvédère sur la vallée :
Après une quinzaine de kilomètres de descente (youha!!!), alors que nous demandions seulement un coin à l'abri du vent pour cuisiner, nous nous faisons inviter pour un barbecue! Et pas n'importe quelle viande : du choique! La viande est tendre, et avec un bout de pain et des oignons revenus à la poële, c'est un délice (merci Juan et Felipe!) :
Alors que nous pensions mettre 2 jours pour atteindre El Calafate, et peut-être grâce au barbecue, nous faisons les 96 km dans la journée! Après une journée de repos au camping (enfin... repas gargantuesques, lessive, blog et petits achats...), nous essayons de nous diriger vers le Parc National de Los Glaciares pour voir le glacier Perito Moreno :
Apres une bonne attente, nous nous faisons prendre en stop par un taxi (gratuitement...) qui va faire une course dans cette direction. Il nous laisse 20km plus loin, au milieu de nulle part, mais sur la route qui mène au fameux glacier :
Cette fois, c'est beaucoup plus difficile. Il y a peu de voitures, et les touristes qui se rendent au glacier ne s'arrêtent pas pour nous prendre. Nous attendons près de 2 heures au bord de la route... Enfin, alors que nous étions sur le point de renoncer et de retourner à la ville, une voiture s'arrête (pas un touriste, bien sûr...) et nous dépose à l'entrée du Parc. Seul problème, il y a encore une vingtaine de kilomètres à faire dans le parc...
Mais finalement, les gardes de l'entrée négocient pour nous, et nous nous retrouvons dans un car de touristes pour les derniers kilomètres!
Après 5 heures de voyage pour 80 km (!!!), nous arrivons au pied du Perito Moreno, immense glacier à quelques mètres de nous :
Nous restons tout l'après-midi à le contempler sous différents points de vue. C'est un mastodonte calme, un fleuve gelé qui s'est arrêté à quelques mètres de la colline (5 km de large, 60 m de haut et 14 km de long). La saison touristique se terminant, il y a peu de monde sur le site, nous l'avons presque pour nous tout seuls. Alors que pendant les premières heures, il y avait peu de mouvements, en fin d'après-midi, ce sont des pans entiers du glacier qui se décrochent. Il avance de 2 mètres par jour, et cette avancée se fait par à-coups, faisant craquer la glace comme des coups de tonerre. Lorsque la glace se détache et s'effondre dans le lac, le bruit est impressionnant et les vagues engendrées sur le lac font s'entrechoquer les plaques de glace qui flottent, et il faut plusieurs minutes pour que le calme revienne, laissant de nouveau le glacier dans une tranquilite relative...
En fin d'après-midi, nous nous décidons à repartir, et arrivons sur le parking où il reste 8 voitures! Les 2 premières voitures ne vont pas à la ville, mais on nous dépose tout de même à la sortie du parc. Nous commençons à douter de pouvoir rentrer. Le soleil se couche, et de nuit, le stop risque d'être plus difficile... Une voiture passe, pleine à craquer... Même pas la peine d'essayer... Et enfin, la chance tourne (comme toujours, non?) : 2 tchèques s'arrêtent et nous ramènent en très peu de temps jusqu'au centre ville d'El Calafate! Ouf... Merci Olga!
Après cette journée un peu difficile en stop, nous sommes contents de reprendre les vélos le lendemain. Au moins nous sommes libres, à la vitesse d'un escargot... Nous nous dirigeons vers El Chalten, et cette portion de route est réputée pour ses vents très forts qui arrivent du Chili, et traversent la Cordillière des Andes en accélérant. Mais, cette fois encore, le vent est notre ami : il est plutôt absent! Le trajet que nous aurions pu faire en 3 ou 4 jours se fait finalement en 2 jours et demi. Nous profitons des paysages le long de la route, dormons 2 nuits en bivouac dans des lieux magnifiques (un camping abandonné - et donc gratuit - en bord de rivière et dans une carrière avec vue sur le lac et la Cordillière) :
El chalten est un petit village comparé à la grouillante El Calafate. On s'y sent bien, et nous nous faisons en plus hébergé chez Florencia et Mario, grâce à Warmshowers, mais dont tous les cyclistes croisés sur route nous avaient déjà parlé. La maison est pleine de va et vient. 2 personnes partent le matin, mais il reste tout de même une Japonaise, un Suisse et une Française/Canadienne! C'est un peu l'auberge argentine, la porte réellement ouverte à tous les voyageurs de passage. Nous dinons tous ensemble le soir, le plat étant préparé par Martin, le Suisse, et un Crumble confectionné par nos soins...
Bon, il est temps de vous parler d'une chose incroyable. Nous voyageons à vélo, c'est pas très commun, mais finalement depuis Ushuaia, nous croisons beaucoup de cyclotouristes, nous nous sentons moins seuls, et pour le coup un peu moins "pionniers" (voire pas du tout). Depuis la frontière chilienne, en Terre de Feu, on nous a parlé d'une voyageuse, un peu comme nous, mais pas tout à fait. Son moyen de transport est un... monocycle! Si si, on a eu du mal à y croire, mais sur le chemin, tout le monde nous en parlait, elle était quelques jours devant nous, remontant elle aussi vers le nord. Nous l'avons loupé à 2 jours près à El Calafate et finalement, c'est à El Chalten que nous la rattrapons : Anne-Sophie, la Française/Canadienne! Son blog: monocyclette.ca
Nous n avons pas encore de photo d elle en monocycle charge, mais nous allons suivre le meme chemin dans les prochains jours vers le Chili, et mettrons toutes les photos dans le prochain article!!
Après s'être reposé et avoir pris quelques forces, nous partons 2 jours et demi en randonnée. Comme pour Torres del Paine, nous adaptons nos sacoches en sac à dos. Mais cette fois, nous sommes 3 : Yuri, la Japonaise, qui a également laissé son vélo chez Florencia et Mario, nous accompagne. Et nous faisons du TenteSurfing : nous invitons Yuri dans notre tente étant donné que la sienne est en piteux état (plus d'armature...). Les paysages sont magnifiques, sûrement grâce au soleil qui est de la partie.
Nous arrivons en fin d'après-midi au pied du Cerro Torre et du glacier. Le lendemain matin, après un réveil matinal, nous assistons au lever du soleil : tout d'abord les nuages s'enflamment, puis c'est au tour du Cerro Torre, tel une bougie d'anniversaire sur un gateau à la chantilly :
Nous partons ensuite vers le Fitz Roy, pic que nous avions déjà aperçu sur la route depuis El Calafate (il culmine à plus de 3400m!). La matinée est belle, et il se dévoile, entouré d'autres pics et de glaciers. Malheureusement, le temps que l'on grimpe au pied, les nuages et le vent sont arrivés, nous cachant complètement la vue.
Les prévisions météos ne sont pas très bonnes pour le lendemain. Aussi, nous nous levons moins tôt le lendemain matin. Mais finalement le ciel est complètement dégagé! Nous apercevons les premières illuminations du Fitz Roy depuis le camping :
Et puis, l'envie est trop forte. Nous sommes motivés pour monter de nouveau au pied du pic! Et, depuis le sommet du sentier, nous profitons enfin d'une vue dégagée sur le Fitz Roy et les paysages aux alentours. Seules quelques personnes sont présentes, c'est un moment unique. Enfin, quelques nuages arrivent, s'accrochant au pic. On comprend alors le nom ancien du pic : El Chalten ou le volcan. C'est effectivement comme si la montagne laissait s'échapper des fumerolles :
Enfin, nous continuons la randonnée jusqu'au pied du glacier de Piedras Blancas, en nous perdant un peu. En arrivant, nous sommes accueillis par la pluie. Le temps de prendre quelques photos, de nous abriter en attendant une accalmie, et nous rentrons vers le camping pour déjeuner. Le retour vers le village sous le soleil (qui est revenu!) nous permet d'apprécier la vue sur la vallée, que nous prendrons pour continuer notre route vers le Chili!
Vous pouvez accéder à tout l'album présent sur le blog depuis ce lien : 70 - Puerto Natales - El Chalten
Depuis Puerto Natales, nous avons été bien occupés. Les sites traversés étaient magnifiques, quoique parfois un peu chers pour notre budget restreint... Nous avons changé de rythme grâce à la randonnée. Alors que nous avons traversé des paysages vides de population, nous n'avons jamais trouvé la route monotone, toujours une découverte pour nous surprendre au détour d'un virage. Tétéf a même fait la course avec un choique pendant plus de 1000 mètres à plus de 50 km/h.
Ce rythme un peu soutenu, nous nous l'étions imposé pour une contrainte plutôt simple : nous devons prendre un bateau pour rejoindre depuis El Chalten la route côté chilien. Et il n'en reste que 2 avant quelques mois : le 23 et le 30 mars... Dès que nous aurons traversé ce samedi, nous aurons ensuite le temps de remonter, de profiter des paysages, des villages et des montagnes que nous traverserons. Ce sera aussi un autre rythme du fait de la route : ce sont plus de 500 km de pistes qui nous attendent dans les jours qui viennent!!