Cet espace est consacré à nos périples en vélo, ceux qui sont passés et surtout nos aventures en Amerique duSud! Ce blog rassemble nos précédents voyages à vélos de 2010 à 2012, un récit des préparatifs de notre projet, et aujourdh hui se transforme en carnet de voyage pour suivre notre trajet!
Après quelques jours à profiter de la capitale, nous devons reprendre notre route. Mais grâce à l'office du tourisme d'Asuncion et le guide que nous avons acheté, nous avons pioché quelques bonnes idées de visites et nous avons donc adapté notre itinéraire en fonction.
Visites touristiques
Cela faisait finalement longtemps que nous n'avions pas eu autant de sites intéressants sur notre route. Tout d'abord, nous nous sommes dirigés au bord d'un lac, dont l'eau trop sombre ne nous a pas vraiment donné envie de nous baigner (d'après certains il est pollué). Mais nous avons profité des abords pour notre 2ème petit déjeuner.
Ensuite, nous avons grimpé en haut du Cerro Koï, avec une vue sur le lac et la nature alentour.
Puis, nous avons visité le musée des mythologies, présentant les mythes de la culture guaranie. Après s'être fait ouvrir les portes du musées (oui, on est bien vu...), nous avons eu le droit à une visite privée!
Un petit air de France...
Le long de la route, nous retrouvons très régulièrement les couleurs bleu-blanc-rouge, qui ont été peintes en 2011, pour le bicentenaire de l'Indépendance du Paraguay.
Tchou-Tchou
Notre route nous mène le long de l'ancienne voie de chemin de fer. Elle n'est plus utilisée, sauf une toute petite portion depuis Asuncion jusqu'au lac où nous nous sommes arrétés, et uniquement le dimanche pour les touristes. Nous croisons de nombreuses gares réhabilitées ou délabrées. Et nous visitons l'ancien atelier de réparation des locomotives et des wagons à Sapucai. Etant donné que tout le matériel ancien a été conservé, c'est un véritable saut dans le passé que nous faisons en nous baladant dans cet atelier.
Autre particularité, il n'y avait aucune construction de train au Paraguay, tout a été importé d'Angleterre, au XIXe siècle, même l'atelier de réparation et les machines...
Hospitalité et confiance...
Sur le chemin, nous continuons à demander l'hospitalité. Mais bizarrement, les choses sont beaucoup moins simples maintenant. Nous avons de nombreux refus, ou on nous renvoit vers un autre lieu. Le premier soir, nous réussissons tout de même à obtenir un bout de terrain le long de la route. Mais le mari devant s'absenter pour un match de foot le soir, il nous demande s'il peut nous faire confiance. Cette question surprenante nous met plutôt mal à l'aise. Le lendemain matin, nous partons en disant au revoir, mais sans l'envie de prendre une photo de nos hôtes. C'est rare...
Le lendemain, rebelotte. Après plusieurs refus, nous arrivons à avoir l'autorisation de nous installer dans un champ, avec les vaches. Nous installons la tente et commençons à déballer nos affaires. Finalement, la femme revient et nous dit qu'après avoir discuté avec son mari qui était absent, nous devons partir parce que celui-ci ne veut pas, il n'a pas confiance (encore!). Un peu énervés (très, en fait...), nous remballons tout, la nuit tombe et nous ne savons où nous allons pouvoir dormir. Mais, comme d'habitude, la chance nous sourit, nous trouvons une pelouse entretenue juste à côté d'une petite épicerie qui a accepté qu'on plante la tente pour la nuit. Au moins, pour nous remettre de ces refus, nous pouvons acheter de la bière et agrémenter notre repas grâce à la boutique (de la mortadelle, hummm!).
Pour le reste du parcours, face au manque d'enthousiasme des personnes rencontrées et aux imprévus, nous avons privilégié l'hotel. Ici ça coûte une dizaine d'euros et c'est moins vexant qu'un refus.
1ère pause forcée
Bibou : "Le lendemain, nous reprenons notre route, mais je ne me sens pas bien. Le ventre en vrac, et une fatigue générale. Au bout de 15 km, nous arrivons à Villarica, grande ville de 200 000 habitants. Je me sens de moins en moins bien et je crois que j'ai de la fièvre. Etant donné mon état, nous choississons de nous arrêter à l'hôtel pour que je puisse me reposer vraiment. Toute la journée, je suis cloué au lit, la fièvre m'empêche de bien dormir. Stéphane est sorti pour visiter la ville et me laisser au calme. Je vérifie ma température : 40°C. J'arrive à descendre à la réception pour demander s'il est possible qu'un médecin vienne. Mais ça ne se fait pas ici...
A son retour, Stéphane, voyant mon état, décide de m'emmener chez le médecin à quelques centaines de mètres de l'hotel. On y va à pied, c'est un véritable calvaire. Le cabinet est en fait une clinique privée. Dès mon arrivée, je suis complètement pris en charge. On me met une perf pour me réhydrater et on me fait une analyse de sang : il s'agirait d'une infection. Ils me mettent sous antibiotiques et dès le soir je me sens mieux, même si je suis toujours très fatigué. Après une nuit de sommeil à la clinique, je suis cette fois reposé et avec l'envie de sortir : ici aussi, la nourriture ne donne pas très envie de rester longtemps!
Finalement, nous restons une nuit de plus à Villarrica pour que je continue à me remettre. On se dit que j'ai eu de la chance d'être malade dans cette grande ville, et que finalement, en étant bien pris en charge, j'ai pu revenir sur la voie de la guérison rapidement. Chanceux, non?
Bon, il faut quand même prendre un peu de recul sur tout ça :
1) Nous pouvons être confiants dans les soins faits au Paraguay, ce qui est plutôt encourageant pour la suite du voyage.
2) Stéphane et moi mangeons la même chose, buvons la même eau et la même bière et pourtant, j'ai été le seul malade... Décidément, j'ai la poisse!
Après réflexion, nous nous sommes souvenus de la mortadelle de la boutique, qu'ils ont sortie du frigo, mais ne semblait pas très fraîche, les gens s'arrétant surtout pour refaire le plein d'essence pour leur moto, et non pour acheter à manger... Et Stéphane s'est rappelé m'avoir donné l'entame. Aurait-on trouvé la coupable? C'est très probable.
En tout cas, depuis cette aventure, nous sommes très méfiants sur tout ce qu'on nous sert. D'ailleurs, on remarque maintenant qu'ils nous servent la viande avec les mains sans gants dans certains bouis-bouis, on nous vend du pain moisi... Difficile d'avoir confiance (cette fois, c'est nous...) en ce qu'on mange dans ces conditions... Bon, on ne va pas non plus devenir parano, nos premières semaines au Paraguay se sont bien passées. Passons à autre chose!"
Tétéf: "J'entends déjà les mauvaises langues dirent que j'ai tenté d'empoisonner Bibou. C'était pourtant bien parti, mais il est coriace face aux crevaisons, aux camions fous et à la salmonelle... Non sérieusement, il était pas beau à voir, mais les infirmières l'ont bichonné et le lendemain il était sur pied! Mais c'est vrai qu'on est plus méfiant maintenant. J'ai même demandé dans une épicerie de quand dataient les gateaux. La femme m'a répondu : 'Hier... Plus ou moins...' Bon app!"
2ème pause forcée
Le lendemain, nous reprenons la route pour nous diriger vers le parc national de Ybyturusú, à 30 kilomètres de là, à côté de Colonia Independancia. En fin d'après midi, nous reprenons les vélos pour aller voir la Salta Suiza, chute d'eau impressionnante les lendemains d'orage. Mais là, nous nous contentons d'un filet d'eau qui tombe de la falaise.
Ensuite, nous grimpons jusqu'au sommet du Cerro de la Cruz, qui nous donne une vue impressionnante sur les plaines au pied de la montagne.
Sur le chemin du retour, des nuages d'orage sont éclairés par le soleil couchant, mais l'orage ne viendra pas sur nous ce soir.
Non, un autre orage débarque le lendemain matin très tôt. Tetef a juste le temps de ramasser le linge qui séchait et nous restons sous la tente presque toute la matinée. Ca nous permet de faire une grasse mat', ce qu'on n'avait plus fait depuis très longtemps. Lorsqu'il pleut ici la vie s'arrête (la majorité des routes sont en terre), on a même eu une panne d'électricité, nous privant par la même ocassion d'eau (celle-ci étant pompée). Finalement, la pluie se calme en début d'après-midi, nous allons nous ballader à pied et profitons de n'avoir rien à faire.
Un autre avantage non négligeable : la température a baissé jusqu'à 20°C! Ces derniers jours, avec plus de 35°C en journée et une humidité constante, nous transpirions du matin au soir... Cette fois, nous passons une journée sans transpirer!
Là nous campons sur un terrain municipal, avec une piscine vide et surtout la présence d'Ariel qui nous offre du vin produit sur place. Dès que nous l'aurons débouché nous vous dirons ce qu'il vaut.
Sur la route, tranquille et dangereuse
Depuis notre arrivée au Paraguay, nous nous sentons plus en sécurité. Les voitures et les camions nous doublent vraiment, voire ralentissent en arrivant sur nous. Il y a moins de trafic. C'est très agréable, surtout après les 2 mois et demi au Brésil où il fallait être constamment vigilants.
Et pourtant, c'est au Paraguay que nous avons eu nos plus grosses frayeurs. La première à cause d'un car qui s'est rabattu avec la volonté de nous pousser, ce qui nous a obligé à déraper sur le bas-côté. Bibou a bien essayé de le rattraper dans la descente pour l'obliger à s'arrêter et lui vider son sac, mais il ne manquait plus qu'une centaine de mètre et le car a bifurqué vers une route en pente, clouant du même coup Bibou au pied de la côte...
La deuxième s'est produit à l'approche de Ciudad del Este, alors que la 4 voies avec accotement se réduisait à une voie sans accotement pour cause de travaux. Nous étions engagés sur cette voie, et un camion est arrivé à fond derrière nous, klaxonnant, et sans ralentir nous a frôlés à quelques dizaines de centimètres... Le temps de se remettre et Bibou de nouveau se met à sa poursuite, espérant le rattraper au péage à 1000m de là... Cette fois, c'était perdu d'avance, la route étant en pente... Ici, ils ne comprennent pas que les vélos ont le droit d'être sur la route, les camions ne veulent en aucun cas freiner et c'est aux petits de se pousser pour laisser passer les gros c........ (camions, hein).
Autre évènement (de taille!!!), nous venons de franchir les 5 000 km. Et oui déjà 3 mois que nous pédalons sur le continent sud-américain.
Bientôt la fin du Paraguay?
Nous arrivons à la frontière du Paraguay. De l'autre côté, le Brésil et l'Argentine entre lesquels sont les chutes d'Iguazu. Nous prévoyons de rester dans ce coin quelques jours pour visiter. Mais ensuite, nous devrions redescendre vers le Sud, vers les anciennes missions jésuites (patrimoine, quand tu nous tiens...). Et nous avons 2 routes possibles : soit par l'Argentine... soit par le Paraguay! On y reviendra donc peut-être très bientôt!
L album complet est disponible au lien suivant :