Cet espace est consacré à nos périples en vélo, ceux qui sont passés et surtout nos aventures en Amerique duSud! Ce blog rassemble nos précédents voyages à vélos de 2010 à 2012, un récit des préparatifs de notre projet, et aujourdh hui se transforme en carnet de voyage pour suivre notre trajet!
Nous quittons Villa de Leyva sous le soleil. La route sinue dans la vallée, avec quelques belles montées. Puis nous entamons un de nos derniers cols colombiens. Nous grimpons à 2600m afin de traverser la Cordillière orientale. De l'autre côté nous attend la vallée du fleuve Magdalena. Nous sommes stoppés par un orage, qui laisse derrière lui son arc en ciel et ses nuages de vapeur.
Pendant la traversée de la Cordillière, nous découvrons un panneau qui nous laisse tout d'abord perplexe et qui prend finalement tout son sens :
Ce qui signifie : "La route asphaltée se tranforme en piste" ou "Oh! On n'a toujours pas réparé ce bout de route" ou "Oui, on a fait la route en pointillé, 500m d'asphalte, 500m de graviers". La réputation de la DDE colombienne continue sur sa bonne lancée...
Plus nous descendons, plus la chaleur se fait sentir. Le changement est rude. Autant on trouve toujours des astuces pour se réchauffer, autant contre la chaleur on est souvent démunis. On a lu, une fois, qu'il fallait mettre des oignons dans ses poches... Quelqu'un a essayé? On n'a pas osé, l'odeur doit quand même coller au corps... Sinon, y'a la technique "bufle":
Heureusement, nous arrivons sur une partie plutôt plane. La chaleur est compensé par notre vitesse qui nous aère. A l'approche de Barrancabermeja (encore une ville avec un nom impossible), nous longeons des champs pétrolifères. C'est l'activité principale de la région et la ville a d'ailleurs été crée pour soutenir celle-ci.
Notons tout de même le culot de l'entreprise Ecopetrol (Eco pour écologique? économique?) avec son slogan "L'énergie du futur"!
Depuis Barrancabermeja, nous changeons de moyen de transport : nous chargeons les vélos sur un bateau et descendons le fleuve Magdalena pendant 6 heures. Comme on n'a pas pu trouver de restaurants décents dans la ville, ça fera office de cadeau d'anniversaire pour Bibou! On croise d'énormes barges à pétrole, des petits bateaux, des ferrys, des canoës de pécheurs...
Le bateau dessert des villes et villages peu accessibles par d'autres moyens de transport. Il nous dépose à El Banco, où nous reprenons les vélos. Là encore, la route commence en pointillé, puis continue en piste. Comme il n'a pas plu depuis longtemps, les voitures, les bus et les camions soulèvent des nuages de poussière qui nous font suffoquer et nous repeignent. Mais... Il n'a pas plu depuis longtemps? Ne vous inquiétez pas, partout où on passe, le temps change... Ça n'y coupe pas : le soir, le grain se lève, les éclairs se rapprochent et on se prend des cordes alors qu'on venait juste de finir de manger! Le lendemain, on apprendra que ça faisait 1 an qu'il n'avait pas autant plu... La piste reste heureusement praticable, on arrive à éviter les trous de boue.
Après avoir traversé le fleuve sur un pont flambant neuf, nous retrouvons (presque) l'asphalte jusqu'à Santa Cruz de Mompox. Mompox, pour les intimes. Après s'être développée jusqu'au XIXème siècle, la ville s'est endormie lorsque le bras du fleuve le long duquel elle est construite s'est ensablé et n'a plus permis la navigation des gros bateaux. L'architecture d'alors a été conservée et son rythme de vie a, paraît-il, peu changée.
Bon, pour le rythme de vie, on va dire que notre guide est un peu périmé : la ville est sillonée par une horde de motos, klaxonnant, ne respectant pas les piétons. C'est un bruit infernal et continu du matin au soir. Mais... oui, nous avons eu la chance d'arriver pendant la Semaine Sainte. Alors que le mercredi soir nous assistons à une sorte de Toussaint à la bougie dans le cimetière, le jeudi toutes les rues sont fermées à la circulation pour la procession du soir. Le piéton est roi. Il peut traverser sans peur. Et profiter de la ville dans un calme absolu. Une fois dans l'année.
La procession du Jeudi Saint est très réputée à Mompox. Elle attire beaucoup de monde. Cette année encore, a priori, la foule est au rendez-vous. Et nous aussi.
La procession en elle-même ne restera pas gravée dans nos mémoires. Les scènes du chemin de croix sont simples, la procession avance à un rythme d'escargot, les porteurs se relaient, discutent sur le chemin, ça pousse, ça crie. Au bout d'une heure, comme les porteurs sont fatigués, alors que seules 3 ou 4 scènes sont passés, c'est la pause, la procession s'arrête, tout le monde va chercher son sandwich et sa boisson fraîche. On n'aura pas le courage de rester pour le deuxème acte. Mais bon, on connait déjà la fin de l'histoire, il finit clouté...
On retiendra également que Mompox a été utilisé comme décor pour le film adapté du livre "Chronique d'une mort annoncée", de Gabriel Garcia Marques. Cet écrivain colombien, mort la semaine dernière au Mexique, a été très prolifique et a reçu le Prix Nobel de littérature en 1982. Son plus grand succès, "100 ans de solitude", se déroule également dans le nord de la Colombie, sa région natale. Nous passerons tout près et ce sera peut-être l'occasion de le lire (si on le trouve...).
Le lendemain, on quitte Mompox, sans oublier d'acheter nos 6 litres d'eau en sachet. Oui, l'eau n'est pas potable depuis qu'on a quitté les montagnes. Mais ça semble normal pour les gens d'ici.
On emmène avec nous la chaleur et les odeurs de déchets et d'égouts. Le traitement des ordures ménagères non plus ne semble pas non plus une priorité. Mais ça semble normal pour les gens d'ici.
Aprés une traversée folklorique en bac (horaires inconnus, camion ne pouvant pas sortir à cause de la pente trop prononcée...), nous continuons vers le nord. Il fait toujours aussi chaud. 28°C le matin quand nous partons, et peut-être 10°C de plus dans la journée... Les pauses sont nombreuses et dès qu'on trouve une boisson fraîche, c'est un vrai plaisir!
Nous roulons au nord. Toujours plus au nord. Et soudain, nous sommes arrêtés dans notre élan. La mer des Caraïbes est face à nous. En février 2013, nous quittions Ushuaia. 1 an et 2 mois plus tard, nous avons avons traversé l'Amérique du Sud du sud au nord. Dingue ce qu'on peut faire à vélo. Maintenant, ce sera cap à l'Est, jusqu'à la Guyane!
Nous profitons de la mer sur la presqu'île de Baru, réputée pour ses plages paradisiaques. On se baigne dans une eau turquoise, le sable est blanc et les prix sont touristiques!
Mais attention, ne regardez surtout pas l'envers du décor! Ce genre de videos n'arrive pas en premier dans les résultats Google pour l'Isla Baru:
Mais bon, ça semble normal de marcher sur une plage jonchée de déchets, dont une partie brûle à l'arrière des paillottes avec les vaches...
Nous bivouaquons sur la plage. La nuit, qui avait bien commencée, est interrompue à 4 heures du matin par les moustiques et les petites mouches suceuses de sang. Et pour le petit déjeuner, nous sommes accompagnés par une bonne centaine de mouches... Merci la décharge de la plage!
Nous repartons ensuite vers Cartagena, proche de l'île. Nous traversons la zone industrielle, la zone portuaire puis la banlieue. Nous continuons avec un autre cap : le 25 000ème km!
Nous sommes maintenant à Cartagène pour quelques jours, le temps de visiter, de réparer et de se reposer.
L'album complet est disponible au lien suivant :