Cet espace est consacré à nos périples en vélo, ceux qui sont passés et surtout nos aventures en Amerique duSud! Ce blog rassemble nos précédents voyages à vélos de 2010 à 2012, un récit des préparatifs de notre projet, et aujourdh hui se transforme en carnet de voyage pour suivre notre trajet!
Cela fait longtemps qu'on n'avait pas écrit. On pensait que cette étape serait principalement du défilement de kilomètres. Effectivement, on a bien roulé, mais on a aussi vu et profité de pas mal de sites et retrouvé le Pacifique! Reprenons depuis le début...
En route!
Après une nuit à Abancay, nous refaisons le plein de courses, on profite des restos et du marché avec ses jus de fruits frais:
Le départ est presque facile : on descend. Beaucoup. 700 m de dénivelé négatif. Mais avec un vent de face très fort, qui nous bloque même dans un virage... Heureusement, tout en bas, on tourne dans la vallée et nous avons cette fois le vent dans le dos! Pendant plus de 100km, on remonte cette vallée, avec l'impression parfois d'être sur une mobilette grâce au vent.
Rien que de l'eau...
Il y a de nombreux villages où tout ou presque est disponible. Presque. Parce que régulièrement on arrive dans des villages où l'eau n'est pas potable. Ce n'est pas la première fois au Pérou et ce sera une sorte de leitmotiv jusqu'à Lima.
Oui, le Pérou reçoit des millions de visiteurs chaque année et quelques milliers à Maras (cf. Article précédent):
Mais l'eau n'y est pas potable.
Mais l'eau n'est pas potable à Nazca.
Oui, le Pérou installe de nouvelles lignes à haute tension, ce qui défigure un peu le paysage, et vous pourrez regarder la coupe du monde 2014 sur votre écran géant grâce à cette électricité :
Mais l'eau n'est pas potable aux abords d'Ica.
Oui, le Pérou a des ressources limitées en eau, alors il y a un système ultra-développé de canalisation pour irriguer les cultures en plein desert :
Mais l'eau n'est pas potable à Chincha Alta...
Allez, pour se consoler, on a quand même le droit à un robinet design pour avoir de l'eau non potable!
De nouveau à 4000m
Au bout de la vallée, une grande côte nous attend. Nous montons d'abord à 4200m, puis continuons à monter tranquillement à 4500m. Nous retrouvons les lamas, les vigognes, les alpagas et même des guanacos. Nous avons là toute la famille des camélidés sudaméricain.
Le paysages semble désertiques, mais nous croisons de nombreuses fermes, avec les murets en pierre autour.
Cette fois, nous avons un vent de face, très fort. Ça doit être pour compenser les jours précédents... Le soir, un peu fatigués, on trouve un bivouac magnifique à côté de formations rocheuses que nous prenons le temps de parcourir le lendemain matin :
Nous entamons une petite descente, qui nous fait passer par Puquio, grande ville sans charme, mais qui nous permet de refaire le plein et de profiter encore d'un resto. Puis nous remontons à plus de 4000m. La route passe à côté d'une réserve pour les vigognes, et nous en croisons des milliers, courant dans la pampa, s'abreuvant dans la rivière ou traversant la route.
Les mystères de Nazca
La route descend tranquillement, puis, au détour d'un virage, la vraie descente commence : de 3600m, nous descendons plus de 3000m jusqu'à Nazca. Plus la peine de pédaler, il suffit juste de profiter du paysage, qui est époustouflant! Des hauteurs, on aperçoit les collines désertiques, les montagnes au fond, dont l'une est une dune culminant à 2000m
Enfin, nous arrivons à Nazca, connue pour ses lignes mystérieuses. Les paysages sont désertiques, mais l'eau pompée des profondeurs a transformée la vallée en oasis. A quelques dizaines de kilomètres, dans des plaines arides, se trouvent les fameuses lignes et géoglyphes, que nous survolons dans un petit avion.
Les premiers à avoir été dessinés sont les géoglyphes en forme d'animaux.
Chaque animal pourrait être l'emblême d'une tribu qui habitait la région.
Ces géoglyphes dateraient de 200 avant JC a 600 apres JC
Dans un deuxième temps, beaucoup plus tard, ce sont les lignes et figures géométriques qui ont été dessinées, se superposant parfois aux animaux devenus inutiles.
Les théories concernant ces lignes sont multiples : indicant une source, partant d'une montagne-mirador, pointant le solstice d'hiver ou des constellations... Parfois, elles rejoignent de grands espaces rectangulaires, trapézoïdaux ou triangulaires qui pourraient être des lieux de rassemblements.
Vues du ciel, ces lignes énigmatiques sont impressionnantes, perdues au milieu de nulle part.
Lorsque nous repartons de Nazca en vélo, et que nous retraversons cette même plaine aride, nous ne voyons quasiment rien, à part 2 ou 3 lignes droites, qui ne laissent rien paraître de toute la profusion de lignes et d'animaux.
Du vin dans le désert
Nous continuons notre route, traversant des déserts de pierre ou de sable et des vallées fertiles. A Ica, nous visitons tout d'abord, au petit matin, l'oasis de Huacachina, entourée de dunes immenses. Le lieu est magnifique, même s'il est occupé uniquement par des hotels touristiques.
Puis, nous découvrons un des emblèmes du Pérou : le pisco! Nous visitons une cave proche d'Ica, en apprenons un peu plus sur la fabrication du pisco, obtenu en distillant du raisin. Et enfin, nous goûtons le pisco, ses variantes et quelques vin doux, neuf au total.
Propriété privée
Nous repartons un peu plus joyeux, avec un Pisco Sour et un vin demi-sec dans les sacoches. Le soir, nous galérons pour trouver un bivouac : tous les terrains le long de la panaméricaine sont occupés par les vignes et sont grillagés, avec des portails infranchissables.
Nous trouverons finalement notre bonheur un peu plus loin, mais depuis quelques temps, la propriété privée nous surprend.
On pourrait aussi compléter avec la version "On est riche alors on a privatisé la plage pour ne pas que les pauvres en profitent" ou "Pour bien montrer que c'est mon terrain, je construis un mur de 4 mètres autour". La liste pourrait malheureusement s allonger a l infini...
Pacifique!
Enfin, nous continuons notre descente jusqu'au Pacifique. Le ciel est couvert, mais nous sommes contents du chemin parcouru depuis que nous l'avons quitté, à Antofagasta au Chili, il y a 4 mois maintenant...
Nous faisons une petite pause à Paracas, hébergés chez Efrain. Même s'il n'est pas très disponible à cause de son travail, on prend le temps de sortir avec lui dans un bar (ouah!), de boire un verre en discutant avec des gens (re-ouah!) et de se coucher à 22h (dingue!). Une vie normale le temps d'une soirée...
Balade dans la réserve de Paracas
Bon, ok, c'est une pause, mais le lendemain nous reprenons nos vélos pour aller visiter la réserve à quelques kilomètres de là. Sans les sacoches, on a l'impression d'avancer tout seul! La réserve est magnifique, avec les dunes, les paysages désertiques, mais nous profitons surtout de la mer, les falaises abruptes, le sable fin, l'air marin...
Nous apercevons de nombreux animaux, oiseaux et crustacés. Ça nous change des lamas!
Nous essayons enfin le ceviche, dans un restaurant juste au bord de la mer : c'est une autre spécialité du Pérou, à base de poissons ou de fruits de mer marinés. Un délice!
Odeurs...
Puis nous quittons Paracas. Sur le chemin, nous sommes assaillis par les odeurs de farine de poisson. A 9h du matin, ça n'aide pas à digérer le petit déjeuner. Quelques kilomètres plus loin, c'est au tour d'une fabrique de gateaux au chocolat (c'est mieux!). Et en fin de journée, nous longeons une multitude de poulaillers...
Nous n'avons rien pour lutter contre les odeurs. En revanche, sur la panaméricaine, nous avons de nouveau dégainer nos boules Quiès! Lorsque nous retrouvons en plus une bande sur le côté qui nous évite d'avoir à surveiller constamment le rétro, nous sommes (presque) sereins!
Bivouac de rêve sur la route de Lima
Encore une fois, nous avons du mal à trouver notre bivouac. Les terrains sont tous occupés par des maisons/cabanes qui semblent inhabités pour la plupart. Maisons de vacance? Village abandonné? Village dortoir?
On n'en saura pas plus puisque par chance, nous trouvons un passage qui mène au bord de la falaise donnant sur le Pacifique. C'est là que nous dormons!
Et le lendemain matin, en prime, nous avons le droit de voir passer une colonie de dauphins 100m plus bas (oui, on n en voit que 2 sur la photo, mais il y avait bien une colonie!) :
A l'approche de Lima, le trafic se fait plus dense. On regrette presque le calme des hauteurs. Alors pour compenser, on profite un peu plus des abords de plus en plus peuplés : glaces, restaurants, supermarchés... La vie citadine a aussi du bon!
Pour ceux qui aiment les chiffres extraordinaires!
Cette étape depuis Abancay a été mathématique. Nous avons franchi les valeurs symboliques des 2222m, 3333m puis 4444m d'altitude!
Encore plus joli, depuis les sommets jusqu'au Pacifique :
Mais peut-être que notre plus beau chiffre va quand même rester notre 20 000ème kilomètre, le 1er décembre, presque 8 mois après notre 10 000ème!!!
L'album complet est disponible au lien suivant :
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Album - 46 - Abancay - Lima - Le blog de TTF et Bibou
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http://roues-libres.over-blog.org/2013/12/album-46-abancay-lima.html
Nous sommes maintenant arrivés à Lima. Comme d'habitude, nous allons visiter la capitale et réfléchir à la suite du trajet. Il reste en effet peu de temps jusqu'à Noël et encore beaucoup de choses à voir au Pérou mais l'Equateur et les Galapagos nous attendent...