Cet espace est consacré à nos périples en vélo, ceux qui sont passés et surtout nos aventures en Amerique duSud! Ce blog rassemble nos précédents voyages à vélos de 2010 à 2012, un récit des préparatifs de notre projet, et aujourdh hui se transforme en carnet de voyage pour suivre notre trajet!
Nous sommes contents de traverser enfin la frontière (sans problème) et de laisser la petite histoire de Copacabana derrière nous. C'est une page qui se tourne et un nouveau pays à appréhender!
Premières différences avec la Bolivie
Nous continuons de longer le lac Titicaca. Et nous sommes surpris par le peu de différences par rapport à la Bolivie. Tout d'abord, le paysage reste le même : aux abords du lac, tout est cultivé, il y a peu de villages mais des maisons un peu partout. Ensuite, les gens sont habillés pareils, en particulier les femmes avec leur chapeau melon, leurs vêtements colorés et leurs tresses. Le klaxon est toujours aussi utilisé, les chiens aboient autant, mais sont un peu plus agressifs.
Mais il y a tout de même des petits détails qui nous rappellent que nous avons changé de pays. Nous croisons dès la frontière de nombreux motos-tricycles, qui servent de taxis. On en trouve surtout dans les grandes villes, ou pour relier les villages peu éloignés. On n'a pas encore essayé...
Ensuite, sur la route, on trouve beaucoup plus de voitures personnelles, et surtout les vans collectifs semblent neufs et puissants pour la plupart. Le niveau de vie semble plus élevé ici.
Sillustani, tombeaux grandioses
Nous passons tout d'abord près du temple de la fertilité. Grande classe, comme d'habitude, on n'évite pas la photo que tout le monde doit faire (pas pour les enfants!). Notre route nous mène ensuite à Puno, d'où il est possible d'aller visiter les îles flottantes construites en roseaux sur le lac Titicaca. Mais les récits qu'on nous en a fait, le côté très touristique et trop cadré nous en dissuadent. C'est dommage, ça avait l'air quand même impressionnant. Mais la ville est plutôt jolie, animée (encore une procession religieuse...), touristique et nous visitons le musée où sont présentés les magnifiques pièces retrouvées à Sillustani, à quelques kilomètres d'ici. C'est décidé, nous ferons le détour!
Le lendemain, après avoir laissé les vélos au croisement et fini le trajet en taxi collectif, nous arrivons sur le site de Sillustani. C'est un ensemble de tombeaux, sur la presqu'île d'un lac. A l'époque préhispanique, les riches se faisaient enterrer ici, certains avec leurs domestiques (!!), dans ce lieu paisible.
Changement de plans
La route se poursuit tranquillement, voire trop tranquillement : il y a peu de trafic, c'est plutôt sympa mais... nous apprenons qu'à la ville suivante, Juliaca, il y a une grève générale de 3 jours! L'entrée de la ville est bloquée, aucune voiture/camion/bus ne peut passer, le sol est jonché de cailloux et de débris de verre. D'ailleurs, point positif, nos nouveaux pneux ont résisté à l'assaut, nous ne déplorons pour l'instant aucune crevaison. Pourvu que ça dure...
Mais, l'inconvénient, c'est que nous avions prévu de passer la nuit à Juliaca, puis de prendre un bus pour faire l'aller-retour pour visiter Arequipa, au sud. Mais la ville est complètement bloquée, aucun bus ne peut sortir du terminal et tous les magasins sont fermés. C'est une sorte de ville fantôme, dont les rues sont transformées en terrain de volley, en promenade et en lieu de rencontre avec les voisins.
Nous ne pouvons pas rester 3 jours à attendre la fin de la grève. Mais par acquis de conscience, nous allons vers la sortie de la ville en direction d'Arequipa. Ici, nous trouvons des camionettes et des bus qui partent vers là-bas! Finalement, nous changeons nos plans, nous partons le soir-même pour Arequipa, avec les vélos sur le toit. Pas simple, mais ça passe.
Petite parenthèse (Yeepa!!)
Depuis La Paz, nous avons un peu plus préparé notre trajet. Jusqu'en Equateur exactement. Et si nous prenons le bus, c'est que nous n'avons plus beaucoup de temps. Un autre compte à rebours a commencé : Fanny et Caro, 2 de nos amies, vont nous rejoindre à Guayaquil en Equateur fin décembre! Nous devons donc y être pour cette date et ne pas faire trop de détours à vélo d'ici là. Et, franchement, ça nous rend un peu euphorique de revoir des personnes connues, ça fait plus d'un an que nous voyageons "seuls" en Amérique du Sud... Merci les filles!!!
Aréquipa
Le trajet de 3h en camionette est très rapide, le chauffeur roule à fond, on double tout le monde, même si à cause de la grève il y a peu de trafic. Nous passons de 3800m près du lac Titicaca à 2500m, dans une vallée entourée de montagnes et de volcans. Nous arrivons à Aréquipa de nuit, une ville tentaculaire de près d'un million d'habitants et finissons le trajet depuis le terminal en vélo jusqu'à un hotel près du centre ville.
Le changement de plan et le trajet un peu stressant en valaient le coup : le centre d'Aréquipa est magnifiquement conservé. En particulier, l'immense couvent Santa Catalina, que nous visitons pendant 2 heures. Ce lieu coupé de la vie citadine avait recréé à l'intérieur une petite ville, avec maisons individuelles pour les soeurs, cuisines privées, rues et places ombragées. C'est un lieu hors du temps, sorte de Pompéï religieux, dont les couleurs et les bâtiments nous enchantent à chaque détour.
La ville est classée au patrimoine mondial de l'Unesco, et de nombreux bâtiments attirent l'oeil au coin d'une rue, en particulier grâce à la pierre de lave blanche, immaculée.
La ville est entourée de volcans, qui étaient considérés comme des passerelles vers les dieux par les Incas. Des momies d'humains sacrifiés ont d'ailleurs été retrouvées au sommet du volcan Ampato, à plus de 6000m d'altitude. Malgré une pratique considérée comme barbare aujourd'hui, le musée qui leur est consacré nous plonge dans le rituel du sacrifice inca, qui était sensé apporter prospérité, fertilité et abondance. Une autre facette des incas, pas forcément la meilleure, mais qui nous en apprend plus sur leurs croyances.
Cette petite escapade à Aréquipa valait vraiment le détour. Et, après avoir étudier les différentes possibilités, nous décidons de ne pas retourner à Juliaca, mais de couper directement vers Cusco à travers les montagnes. Bon, on triche un peu, nous partons tout d'abord vers Chivay en bus, avec les vélos dans la soute, pour aller faire une...
Randonnée dans le canyon de Colca
Après une courte nuit à Chivay, nous partons en bus vers le canyon à 4h du matin. Pourquoi si tôt? Parce que les condors prennent leur envol au lever du soleil et nous pouvons en voir une dizaine planer le long des falaises!
Ensuite, nous partons à pied vers le canyon, qui ressemble plus à une grande vallée. Après une descente éprouvante de 1 300m au fond du canyon, nous nous baladons à travers les villages profitant du climat favorable de la vallée.
Certains de ces villages ne sont pas reliés à la route, c'est donc à dos de mule que tout est transporté. Nous bivouaquons sur un petit plateau, seuls au milieu des paysages grandioses. Malheureusement, le lendemain, il nous faut remonter, plus de 1000m de dénivelé.
Huggy les bons tuyaux
Cette fois, la pause est vraiment terminée. Après Aréquipa et la randonnée, nous reprenons enfin nos vélos. On sait que le trajet ne va pas être simple, nous allons devoir monter à plus de 4000m, et il n'y a pas beaucoup de village sur la route. Alors, nous avons fait nos provisions à Aréquipa, que nous complétons à Chivay. Nous sommes prêts!
La première partie est relativement simple : malgré le temps menaçant, le vent est favorable et nous roulons sur de l'asphalte. Ensuite, ça se corse : il nous faut continuer sur une piste. Mais en demandant confirmation du chemin, on nous conseille de prendre une autre route, plus empruntée et donc mieux entretenue. Comme nous n'avons pas préparé ce trajet, nous ne connaissons pas exactement les distances, ni le dénivelé. On suit tout de même ces conseils...
Le début de la piste est plutôt agréable, les montagnes sont sculptées et on monte tranquillement dans la vallée.
Puis on bifurque vers notre première difficulté : un col à plus de 4 700m, que nous passerons rapidement à cause de la pluie/grèle et du froid!
La redescente sur une piste boueuse est sportive. Heureusement, nous maîtrisons les glissades. En revanche, en bas, toute la transmission est couverte de boue, il nous faudra 2 séances de nettoyage complet pour en venir à bout!
Le temps redevient clément. On croise des alpagas (plus touffus) à côté de lamas.
On profite des paysages et la nouvelle côte nous offre de beaux points de vue. Une ville apparaît en contrebas, mais pas sur la route principale. Nous avons besoin d'eau, et n'avons pas le courage de faire l'aller-retour.
"Il y a un village plus loin où nous pouvons récupérer de l'eau?"
"Oui, à 10 km, c'est de la descente pure."
Finalement, il faudra 30 km, en passant un col à 4 800m, avant d'arriver dans un village semi-abandonné où il n'y a pas d'eau courante mais une rivière à disposition... Allez, on ne fait pas les fines bouches!
Notre route passe par Yauri/Espinar (on ne sait pas, les gens non plus, quel nom officiel a la ville...), grande ville dopée par la mine de cuivre toute proche. Avant d'y arriver, nous croisons 2 jeunes à qui nous demandons de l'eau. Ils nous disent que nous ne sommes qu'à 13 km de la ville, et que, plutôt que de suivre la route principale qui grimpe sur une grande colline, on peut suivre la petite route qui descend la vallée. Ils avaient au moins raison sur un point : en suivant la vallée, c'est plus facile. Mais, il nous faudra rouler 30 km pour y arriver... Décidément, les Péruviens ont du mal à donner des renseignements fiables!
En route vers Cusco
La pause à Yauri est courte, une seule nuit dans un hôtel avec douche chaude (le luxe!), et nous reprenons la route. Elle est presque asphaltée jusqu'à la route principale qui mène a Cusco, et surtout c'est de la bonne descente!
Nous ne sommes plus qu'à 120km de Cusco, et nous nous arrêtons dans l'un des nombreux sites incas que nous aurons l'occasion de visiter dans les jours à venir : Raqchi, avec son impressionnant vestige du temple de Viracocha. Les touristes sont déversés par cars entiers, on sent l'influence touristique de Cusco. Heureusement, nous arrivons tôt et pouvons profiter du lieu avec peu de monde au début. Nous nous baladons dans les vestiges d'entrepôts où les denrées excédentaires étaient stockées en prévision de périodes moins fastes. A côté se dresse les ruines d'un temple, dont le mur central mesure plus de 12m!
Enfin, nous visitons plusieurs villages, dont la magnifique église de Andahuaylillas, peinte du mur au plafond. Malheureusement, interdiction de prendre des photos à l'intérieur. Seule consolation : la façade qui donne une petite idée des fresques intérieures :
Ces visites nous laissent entrevoir la suite de notre séjour à Cusco : les ruines incas sont nombreuses, certaines bien conservées, mais aux "heures de pointe", on pourrait se croire à Disneyland, avec plein de touristes étrangers et les marchands d'artisanat à tous les coins de rue... Ça va nous changer de notre solitude montagnarde des jours précédents!
Premières impressions du Pérou
En quelques jours, nous avons déjà traversé des régions différentes et pris nos marques au Pérou. Côté culinaire, on retrouve les grosses coupes de fruits frais dans les marché, et ça, c'est bien (mais juste en face des stands des abats...). On a testé l'Inka Cola (de la Coca-Cola Company!), ça ressemble à du guarana, à oublier. Il y a aussi le pain, avec une tête en terre cuite dedans, genre bonhomme de pain de d'épice. C'est la spécialité du moment (pour la Toussaint?).
On nous avait dit que, comme en Bolivie, on ne trouvait que du poulet et du riz à manger. Mais, encore une fois, les restaurants sont nombreux, pas cher, et on peut manger de tout! D'ailleurs, juste avant d'arriver à Cusco, on a pu tester le cochon d'inde... ça ressemble à du lapin et c'est surtout excellent grillé au four!
Côté bivouac, grosse surprise : il faut éplucher le plastique des saucisses-knacki (on s'est fait avoir une fois, pas deux...)
Les Péruviens sont curieux de notre voyage, on vient souvent nous parler. En revanche, leurs conseils et leurs indications ne sont pas toujours exacts. Et, nouveauté, on nous interpelle souvent comme "gringos", terme plutôt péjoratif pour désigner les étrangers. Alors, forcément, ça donne pas trop envie de parler... Ajoutez à cela les propriétaires de chiens qui regardent leurs champions nous courser, les crocs sortis, sans rien dire, et ça ne redore pas leur blason. Allez, on va dire que pour la suite du voyage, nos premières impressions vont être contredites!
L'album complet est disponible au lien suivant :
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Album - 48 - Copacabana - Cusco
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