Cet espace est consacré à nos périples en vélo, ceux qui sont passés et surtout nos aventures en Amerique duSud! Ce blog rassemble nos précédents voyages à vélos de 2010 à 2012, un récit des préparatifs de notre projet, et aujourdh hui se transforme en carnet de voyage pour suivre notre trajet!
Des mois que nous y pensons et enfin nous voilà prêt à prendre l'avion pour s'envoler vers cette destination hors du commun : l'île de Pâques. Depuis tout petit on a l'image de ces statues de pierre. On les imagine partout sur l'île. On s'imagine aussi les voir avec une lumière, une ambiance. Puis on se dit aussi que devant chaque statue il y aura des dizaines de touristes. Plus on voyage, moins on aime les touristes (Paradoxe?).
Et puis un matin le réveil sonne à 4h30. Cest parti pour lexpédition! On part en bus pour traverser Santiago, on rate presque une connection pour aller a l'aéroport. Enfin nous embarquons dans le boeing. 6 h plus tard, 3700 km, 4 films et un petit dej "dînette", nous voici sur l'île.
Une semaine sur lîle, ça va nous laisser du temps pour visiter les sites, se reposer et profiter de la plage. Mais cest mal connaître vos deux voyageurs qui ont une telle soif de découverte. Cette fois sans les vélos, car ça nous semble toujours compliqué de les mettre en soute, surtout pour un aller-retour... Puis une semaine pour reposer les gambettes, après 9 mois à pédaler, ça ne fera pas de mal. Voilà, ça c'était ce qu'on se disait avant de débarquer sur l'île...
Mais finalement lîle est pleine de sites, de surprises et dattraits. Il est temps de vous détailler ce que nous y avons fait.
En sortant de lavion, une lègère pluie nous accueille et personne ne nous attend avec un collier de fleurs. Pourtant nous sommes bien sur un nouveau continent: lOcéanie. En bon routard, on s'oriente vers le camping Tipanie Moana qui s'est révélé un excellent choix.
Les statues, les Moaïs
Il y en a environ 900. La plupart des statues sont à terre, sauf les quelques sites restaurés. Ya pas à dire, elles sont impressionantes. En plus, avec locéan à perte de vue, c'est un régal de les observer... Chaque jour on essaye de jongler entre le lever et le coucher du soleil pour apprécier encore davantage la magie des lieux. D'ailleurs les nombreuses statues en ruine donnent un côté très romantique.
Les statues sont presque toutes identiques, la création artistique était sans doute limitée. Mais leur nombre et leur taille varient selon les endroits. Ça va de une statue à plus de quinze.
Les statues sont disposées sur des autels appelés ahus. Cest une aire sacrée autour de laquelle devaient se faire les cérémonies.
Les statues proviennent toutes de la même carrière, Rano Raraku. Celle-ci à flanc de volcan est un des lieux les plus incroyables. En effet on peut croire que les sculpteurs ont laissé du jour au lendemain leur travail. Certains Moaïs toujours prisonniers de la roche sont à peine esquissés, dautres sont dune grande finesse, à peine ravagés par les assauts du temps. Surtout, ce qui surprend, c'est le nombre de statues, près de 400, soit 45% du total de l'île. Nous découvrons le site au lever du soleil. Autant vous dire qu'il n'y a personne. Bon c'est normal le site ouvre au public plus tard. Raison de plus pour en profiter égoïstement. On termine la visite par le cratère et encore une fois les statues sont là debout à attendre on ne sait quoi. Comme nous ne voulons pas payer les 50€ du parc national par personne (!!!), il faut partir avant l'arrivée des gardes. Pas de problème, on redescend le flanc du volcan, accompagnés de deux chiens! Mais ils ne nous ont pas aidé à trouver le meilleur chemin. On passe dans des herbes plus haute que nous!
Cette journée est très productive. Nous avons loué une voiture. Voilà 9 mois que nous navons pas conduit... Mais bon, cest comme le vélo, ça ne se perd pas!
Jentends déjà cetains sexclamer: "Mais vos vélos, vos bornes, l'entretien de vos molets?" Tout d'abord on a le droit nous aussi de prendre des vacances et de plus nous voulions louer des vélos. Mais pas moyen de trouver un vélo avec porte-bagage sur l'île. Bref si c'est pour faire du vélo avec un sac à dos et surtout regretter nos montures... Et puis c'était pas beaucoup plus cher de louer une voiture.
Nous poursuivons la visite par lahu Tongariki avec ses 15 Moais. Puis nous longeons la côte nord pour visiter dautres sites non restaurés. Notamment Papa Vaka qui avec ses pétroglyphes est intéressant. Merci la France et l'ONF pour les panneaux d'information. Ah vive la signalétique!
Le midi on mange face aux magnifiques statues dAnakena, sous les cocotiers au bord de la plage. Les Moais sont très bien conservés puisquils étaient avant la restauration ensevelis sous le sable. Ils ont même gardé leur coiffe qu'on appelle Pukao (On a aussi visité la carrière Puna Pau où les Rapa Nui extrayaient ces pierres de lave rouge). Au musée, on peut également voir un oeil qui a été retrouvé sur cette plage. Avant de repartir on prend soin de cacher de l'eau près de la plage... C'est important pour la suite.
Le culte de lhomme-oiseau - Tangata Manu
Lautre site admirable cest O'Rongo. C'est à la fois un lieu historique et un spectacle de la nature. Pour y aller nous nous sommes levés tôt. Après avoir traversé Hanga Roa, la seule ville de l'île, on commence l'ascension du volcan. Avec les premiers rayons du soleil on découvre le cratère Rano Kau. Il est rempli d'eau douce et d'un marais. Enfin nous arrivons à O'rongo. Ce lieu était sacré pour les habitants qui après avoir délaissé et abattu les moaïs, vers le 18e siècle, se sont tournés vers un nouveau culte: l'homme-oiseau. Chaque année avec l'arrivée des oiseaux migrateurs, des hommes devaient aller récupérer sur l'îlot en face le premier oeuf. Ce rituel a laissé beaucoup de traces, comme des maisons en pierres, mais surtout des pétroglyphes représentant l'homme-oiseau. Ce qui frappe sur ce lieu c'est le contact avec la nature avec d'un côté la bordure du cratère et de l'autre la falaise surplombant l'océan et les îlots. A couper le souffle!
Une rando exceptionelle
Pendant notre séjour, hormis la journée en voiture, nous avons randonné tous les jours. Vous voyez, on peut aussi se déplacer sans vélo. Lîle nest pas si grande et c'était un moyen de prendre le temps pour découvrir chaque site. Il n'y a pas que des sites archéologiques d'ailleurs. Comme l'île est d'origine volcanique, il y a d'anciennes coulées de lave qui ont formé des cavernes. Avec notre petite lampe nous voici partis à l'assaut des grottes. Bon, on n'est pas spéléos, mais on a beaucoup aimé. Même quand il falait se mettre dans la boue!
Pour terminer notre séjour, nous voulions profiter dune partie de lîle qui n'est accessible qu'à pied ou à cheval. Mais pour s'éviter des allers-retours on prend avec nous la tente pour pouvoir bivouaquer une nuit. Officiellement il n'est pas autorisé de camper dans le parc national. Mais d'une part on sait que les locaux le font et d'autres part ça fait des mois qu'on campe n'importe où. On ne va pas vous le cacher c'était une rando magnifique. Entre les sites, les paysages, la lumière du coucher et du lever du soleil, la solitude (on a croisé personne sauf des chevaux et des vaches) cette découverte insolite de l'île restera comme l'un des meilleurs souvenirs. On a terminé le tour par l'asension du volcan Tere Vaka (509 m) qui surplombe l'île. Un bon moyen pour voir la mer à 360°. Bon on vous livre un petit secret. Pour ne pas trimbaler des litres d'eau dès le début on avait planqué 4 litres sur la plage d'Anakena, en vue de la rando. Malins! Beaucoup moins malin c'est les ampoules de Tetef, peut être que ses chaussures commencent à s'user...
Une semaine cétait finalement très court. Mais nous avons eu le temps dapprécier les beautés de l'île, de connaître davantage les Rapa Nui, de s'enchanter devant la démesure des statues et surtout d'éviter les hordes de touristes. Le temps n'était pas époustouflant, beaucoup de vent et de grosses averses. Mais en repartant, on en sait plus sur l'histoire de l'île. Ses mystères se sont pour la plupart dissipés. Mais il reste quand même des questions sur cette civilisation. L'article n'avait pas pour but de raconter l'Histoire de l'île. C'est vrai que celle-ci est passionnante et depuis la découverte de l'île, le jour de Pâques 1722, beaucoup se sont épanchés sur l'origine des statues et la disparition de la civilisation : des ovnis jusqu'aux Incas en passant par le désastre écologique. Mais bon les mystères sont moins présents. Pour ceux que ça interesse voici un article pas trop mal à lire sur Le Monde:
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Ile de Pâques : Les statues qui marchent
C'est un confetti en pleine mer, à peine plus grand que Belle-Île, aux falaises de lave noire battues par les eaux les plus claires du globe, peuplée de 2 000 statues de pierre et de 4 500 âmes...
Tout de même nous repartons avec une question: Mais où sont passées les jambes des Moaïs? Cest vrai sans jambes ils peuvent pas faire de vélo. Mais ça ne les a pas empeché davancer...
Les vacances sont finies, il est temps de rentrer à Santiago et de retrouver nos vélos pour poursuivre le voyage... Direction le nord et le désert dAtacama!
Voici notre selection sur les centaines de photos que nous avons prises :