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29 décembre 2013 7 29 /12 /décembre /2013 11:54

C'est dingue, c'est déjà l'heure du bilan. Les jours filent et ne se ressemblent pas, et ça c'est tout l'intérêt du voyage. Voici le 7ème Bilan du voyage.


Nous savions que ce pays était riche en histoires, paysages et mythes. Mais ces deux mois nous ont permis d'en découvrir beaucoup plus.

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Parcours

Pour la première fois du voyage, nous avons saucisonné notre trajet, alternant parcours en vélo, tout de même 2924 km et en car 1250 km. Pour voir notre parcours vous pouvez aller sur notre carte, le trajet en vélo au Pérou est en rouge, gris pour le car. En vélo nous avons tout de même traversé 4 cols à plus de 4000 m, mais nous avons aussi eu de belles descentes vers le Pacifique.

Patrimoine et archéologie

Qui dit "Pérou" dit forcément Incas et Conquistadors. Mais finalement on n'en a pas croisé un seul! En revanche, ils ont laissés des sites incroyables: temples, fontaines, murs, églises et convents coloniaux. Oui la richesse ici ce n'est plus l'or mais la vieille pierre. D'ailleurs vu le prix pour visiter le Machu Picchu, les Péruviens l'ont bien compris.


Mais au-delà des sites Incas, nous avons été passionnés par les nombreuses cultures qui se sont développées soit dans les Andes ou sur la côte. Comment ne pas être subjugé par les lignes de Nazca? En prendre plein les yeux devant les couleurs incroyables des tissus Paracas. On n'est pas resté indifférent face aux fresques, peintures et céramiques Moche. Oui ben c'est vrai que certaines cultures ont de drôle de noms, la palme revient sûrement aux Chimús.


Bref un florilège de découvertes et un nombre incroyable de sites archéologiques visités. On s'est pris pour Indiana à plusieurs reprises, notamment à Choquequirao, car pour accéder à la cité perdue, pas le choix faut marcher et traverser l'Apurimac.

Bilan Perou
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Paysages, rando et animaux

Le lac Titicaca, le Pacifique, les volcans, la Cordillière Blanche, la forêt, le desert, les dunes, les mangroves, l'Altiplano, canyons,...


Il y a une diversité de paysages incroyables au Pérou, et encore on n'a pas été en Amazonie. Ce fut un plaisir de pédaler dans cette diversité. En plus la faune est assez présente et toujours aussi cocasse pour nous, les lamas, Alpaguas, les condors, les colibris, pélicans,... Les plantes réservent aussi de belles surprises.


Nous avons également pris le temps de randonner. Bon déçus par le canyon de Colca, ils te font payer pour un paysage pas si chouette. Les habitants sont même en train de le défigurer en construisant une route grâce aux sous des touristes. Mais marcher vers le Machu Picchu et Choquequirao c'était des randonnées magnifiques.

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Gastronomie

Partout sur les brochures touristiques on vante la cuisine Péruvienne. Elle serait une des meilleures du monde. Bon les gars on se calme tout de suite! Peut-être qu'il y a de bons chefs à Lima? Mais nous on s'est surtout contenté de la cuisine du peuple, les petits restos qui proposent tous la même chose. Donc pour 6 soles, tu as ta soupe avec ta patte de poulet, puis après une viande, enfin un morceau tout dur avec du riz et le plus important les rondelles d'oignon crus.


Bon on est un peu dur, mais on s'est vraiment demandé ce que devenait les millions de patates du marché, les légumes et toute la viande? Vraiment pour faire les courses au marché il fallait faire plusieurs échoppes pour se ravitailler et encore on était loin de la diversité de la Bolivie. C'est tout de même drôle de demander du pâté et d'avoir un vendeur qui dit "Je connais pas!". Mais dans la ville d'après tu en trouves! Stop à la saucisse sous plastique, elle ne vous a rien fait les gars!


Mais ça ne nous empêche pas de bien manger en bivouac:

Mais nous ne sommes pas morts de faim, on a pu savourer de fabuleuses choses. Dans les Andes on s'est repu de salades de fruits et jus. Ailleurs si ils n'ont pas de yaourt, ils ne font pas la salade de fruit! Oui comme nous vous vous dites que c'est l'ingrédient indispensable pour faire la salade!


Autres bonnes surprises, le Cuy, il est savoureux ce cochon d'Inde et ça changeait. Il parait qu'un élevage va bientôt se créer en Vendée. Pas sûr que ça aura le même succès!


Enfin sur la côte, pour un peu plus cher on peut manger de succulents Ceviche. C'est soit du poisson cru soit des fruits de mer, marinés dans du jus de citron. Délicieux et frais!


Côté boisson, il y a le maté, sorte de thé à base de pommes, ou autres fruits ou plantes. Comment ne pas vous parler du pisco, eau de vie qui sert notamment pour le Pisco Sour, le cocktail national. Notre passage dans une cave reste mémorable, plus de 9 piscos dégustés, pratique d'être en vélo!

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Ah les Péruviens

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"Takata takata voilà les gringos".
"C'est combien pour laver le linge ici?, Le prix au kilo?" "Oh ben j'ai pas de balance (mais comme vous êtes gringos) je vous le fait à 35 soles."
Bref le double du prix habituel!


"Vous avez une grande bouteille d'eau?" "Oui" "C'est combien?" "6 soles" "AH Ah ça c'est le prix pour les gringos, pour les péruviens c'est quoi votre prix?" (Petit sourrire de la dame) "si si c'est le prix!" "C'est le double du prix normal, Voleuse, voleuse, voleuse!"


"Oh merde un client, j'ai pas envie de bosser". Dans ces cas là le Péruvien t'envoie à côté, ou il te dit qu'il a du pain que le matin ou que l'après-midi, ça dépend de l'envie.


Oui nos rencontres avec les autoctones n'ont pas toujours été à leur avantage. On doit bien avouer qu'on a pas eu le sentiment de rencontrer des gens sympatiques. Soit on passait pour des "gringos", soit le touriste. Y'a bien des Péruviens qui venaient nous voir pour savoir ce qu'on faisait en voyage, mais y'avait pas la curiosité habituelle. Peut être qu'ils sont trop habitué aux touristes?


Enfin le Péruvien nous est apparu assez impoli. Quand il veut un truc il ne formule pas une phrase, il dit juste le nom: "soupe", "citron". Il te coupe devant dans le magasin pendant que tu te fais servir. Pourquoi attendre? Enfin sur la route c'est la loi du plus gros klaxon!


C'est toujours facile de voir les travers des autres, mais au fil des kilomètres, c'est devenu assez fatiguant et malheureusement ça nous a pas encouragé à discuter plus avec les gens, c'est dommage. Mais il est vrai que lorsqu'on demandait notre chemin, ils ne connaissent pas la distance en kilomètre, ils donnent parfois de fausses indications. Enfin y'a deux réponses au choix: "Tout droit, tout droit". Généralement après t'as une bifurcation et y'a personne. OU "C'est de la pure descente". Généralement faut monter 1000m.

Hebergements

Bilan Perou

Le début du parcours nous avons fait pas mal de haltes dans les villes pour visiter. Comme on avait un peu moins temps pour s'organiser nous avons privilegié l'hôtel. On y a passé 19 nuits. En rando on a fait 3 nuits en camping. On a tout de même été hébergé 10 nuits à Paracas, Lima et Trujillo, grâce à Couchsurfing et Warmshowers. Enfin on a dormi 31 nuits sous la tente dans des paysages incroyables ou parfois près de la route. Nous n'avons jamais demandé l'hospitalité, soit parce qu'on a eu la chance de trouver un bon spot, soit parce qu'on voulait être tranquille. Mais 3 fois nous avons croisé le propriétaire du champs avant de se coucher et ils ont accepté qu'on s'installe. Ah y'a tout de même des Péruviens sympas, on n'est pas si négatifs.

Les rencontres

Notre traversée du Pérou nous a permis de rencontrer des gens qui ont enrichi notre voyage, aussi bien des locaux que les autres voyageurs. Muchas gracias, Greg et Cathie les motards, Julien compagnon randonneur, les deux mecs au milieu de nulle part qui nous ont évité un dénivelé de plus à Yauri, les nombreux cyclos sur la route de Cuzco, Wolfgang Reiche, le cyclo Allemand de 66 ans (On a encore de belles années sur les routes devant nous), ceux qui nous ont offert de la Chicha, pas le policier de Maras pour son eau pleine de bactéries, les cyclos pas bidons Norvégien et Colombien, Pancho, Victoria et Darwin à Saywite pour le chicharon et le gardienage des vélos, notre chienne Choke (y'a quand même de bons toutous dans ce pays), Pablo et le couple Allemand en rando, Efrain pour son accueil à Paracas, Ivan et Patricio compagnons de Couchsurfing, l'incroyable famille à Lima: Christian, Felipe, Julia, Alexander et Ursula, Jeremia à la boutique de vélo, Renato le cyclo Brésilien sur les routes pour 16 ans, Irène pour les boissons offertes, le proprio du toit en toles, Herbert et son fils avec la limonade maison fraîche en plein milieu du désert, La Casa de ciclista de Trujillo: Lucho, Arcilla et Lance; Jean-Baptiste le cyclo Angevin-Canadien tireur d'élite contre les pare-brise, les cyclos Allemands Daniel et Fabi (lien), David le Colombien en vélo géant mais pas son chien qui fait caca devant notre porte, la famille belge (lien), le petit guide et sa famille pour découvrir la mangrove...

Bilan Perou
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Pérou - Ce qui ne va pas nous manquer
- Mouches vampires et moustiques
- La pluie ... pendant la saison des pluies
- Le vent
- Les chiens croqueurs de sacoches
- Les klaxons
- L'eau non potable
- Entendre "gringos"
- Les pièges à touristes


Pérou - Ce qui va nous manquer
- Paysages incroyables et variés
- Le patrimoine et l'architecture
- La randonnée
- Le céviché et le Pisco
- Les fruits

Bilan Perou
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Pour compléter le bilan allez voir les nombreuses vidéos. Elles illustrent bien la diversité du pays:

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26 décembre 2013 4 26 /12 /décembre /2013 19:33

Notre arrivée à Chavin en bus avait été mouvementée. On avait installé notre bivouac quasiment dans la ville, à 3 heures du matin...

Après quelques heures de sommeil, on se réveille avec pas mal d'activité autour de nous : les enfants vont à l'école, les parents vont travailler, les vieux s'assoient sur le petit muret près de la tente. On fait sensation!

Si on ne s'est pas vraiment éloigné, c'est qu'on souhaite visiter le site archéologique de Chavin de Huantar, dont la civilisation a commencé il y a près de 3000 ans. L'apogée a eu lieu entre 800 avant JC et 200 avant JC soit près de 2000 ans avant les Incas!

On distingue parmi les ruines les murs du temple, mais ce qui retient l'attention, ce sont surtout les galeries creusées sous le temple, dont l'une mène à une sculpture représentant le dieu de cette civilisation. Incroyable!

Chavin (Pérou) - Guayaquil (Equateur) - 1116 km - On a tout essayé!

Tout autour du temple étaient disposées des têtes sculptées, dont la plupart sont actuellement conservées dans le musée du site.

Chavin (Pérou) - Guayaquil (Equateur) - 1116 km - On a tout essayé!

Il s'agit d'une civilisation qui ne connaissait pas l'écriture. L'histoire et les croyances ont été déduites en particulier sur les poteries retrouvées sur place.

Après cette remontée dans le temps, nous reprenons la route. Nous souhaitons traverser la Cordillière Blanche à vélo, qui, comme son nom l'indique, est couverte de neige et de glaciers. Il paraît que les paysages sont à couper le souffle! Nous sommes déjà à 3100m, mais nous commençons par descendre sur de l'asphalte. Le temps est de plus en plus incertain. Dans la côte qui mène au col, la route se transforme en piste et il commence à bien pleuvoir. Heureusement, la piste tient le coup et ne se transforme pas en boue... Là-haut, à 4300m, le soleil apparaît enfin et nous laisse découvrir le lac et les montagnes autour : ce sera notre bivouac pour la nuit.

Chavin (Pérou) - Guayaquil (Equateur) - 1116 km - On a tout essayé!

Le lendemain, après une petite pause dans un village pour tout faire sécher au soleil, nous retrouvons l'asphalte!

Chavin (Pérou) - Guayaquil (Equateur) - 1116 km - On a tout essayé!

Mais l'accalmie est de courte durée. Alors que nous entamons le deuxième col, la brume, la pluie et le vent de face se cumulent. On ne voit rien du paysage, en fin d'après-midi nous sommes complètement trempés et frigorifiés. C'est une journée très difficile.

Chavin (Pérou) - Guayaquil (Equateur) - 1116 km - On a tout essayé!

Le lendemain, nous arrivons au sommet, toujours dans la brume, mais avec une nouveauté cette fois : la neige! Oui, à 4700m, il fait vraiment froid. Ce qui est rageant en plus, c'est qu'on n'aperçoit toujours pas les paysages et qu'on est monté en aveugle depuis le début de cette côte. Après avoir traversé le tunnel qui passe sous le col, nous avons quand même une bonne surprise : il ne neige presque plus de ce côté-là et il semble faire plus clair.

Puis dans la descente, c'est la surprise. Alors qu'on ne les attendait plus, les éclaircies arrivent, dégageant un peu le paysage autour et laissant apercevoir quelques glaciers! On aperçoit peut être le Huascaran, le sommet le plus haut du pays.

Chavin (Pérou) - Guayaquil (Equateur) - 1116 km - On a tout essayé!

On en profite pour déjeuner au soleil, faire sécher toutes nos affaires et notre moral remonte en flèche!!

Chavin (Pérou) - Guayaquil (Equateur) - 1116 km - On a tout essayé!

Nous descendons plus de 2000m de dénivelé l'après-midi jusque dans la vallée, refaisons le plein de nourriture dans la grande ville. Mais décidément, la météo nous poursuit (bon, ok, c'est la saison des pluies qui a commencé dans les montagnes péruviennes...) : nous repartons sous une forte pluie et commençons à être trempés... Cette fois, la chance nous sourit : nous trouvons un abri en tôle pour la nuit!

Chavin (Pérou) - Guayaquil (Equateur) - 1116 km - On a tout essayé!

Le lendemain, c'est sûr, nous voyons enfin le Huascaran, sommet le plus du Perou, a 6768m. Ca ne servait à rien de monter à 4700m puisqu'on le voit depuis la vallée à 2500m... Mais on aime le sport!

Chavin (Pérou) - Guayaquil (Equateur) - 1116 km - On a tout essayé!

Dans la vallée, nous avons changé d'ambiance. Les terres sont fertiles, il fait chaud, il y a de nouveau beaucoup de circulation. Ca change de notre solitude lors de la traversée de la Cordillière Blanche. Mais après la dernière ville, le trafic disparaît, l'asphalte aussi et nous nous enfonçons dans le Cañon del Pato, dont la route longe le cours d'eau, grâce à 35 tunnels!

Chavin (Pérou) - Guayaquil (Equateur) - 1116 km - On a tout essayé!

On croise quelques voitures, encore une mygale sur la route et surtout des paysages incroyables!

Le paysage se transforme. Après la vallée fertile, nous passons à des paysages désertiques. Ici, il ne pleut quasiment pas. Et dire que pendant les 2 jours précédents, nous étions dans la pluie, voire la neige, sans pouvoir faire sécher nos vêtements... Sans végétation, on distingue les montagnes autour, très colorées.

Chavin (Pérou) - Guayaquil (Equateur) - 1116 km - On a tout essayé!

Mais ce n'est pas tout à fait le désert : dès qu'un cours d'eau descend d'une montagne vers un terrain à peu près plat, il est utilisé pour l'irrigation. Au fur et à mesure de la descente, la vallée se fait plus large et tous les terrains sont occupés par les cultures. Il y a des avantages : il y a régulièrement des villages pour refaire le plein et on trouve parfois sur la route de quoi agrémenter le repas du soir.

Chavin (Pérou) - Guayaquil (Equateur) - 1116 km - On a tout essayé!

Mais il y a aussi des inconvénients : on a un vent de face terrible, la vallée est infestée de petites mouches suceuses de sang (ça gratte!!!) et il est difficile de trouver un bivouac. Alors on s'éloigne un peu de la route et on se rendra compte le lendemain matin qu'on était sur un site archéologique pas encore fouillé...

Chavin (Pérou) - Guayaquil (Equateur) - 1116 km - On a tout essayé!

On arrive sur la côte. Enfin pas tout à fait. On n'est pas très loin, mais la route ne s'en approche jamais, on ne voit quasiment pas la mer. Les paysages sont désertiques, les montagnes sont parfois recouvertes de dunes de sable. Ca perd un peu d'intérêt... Mais sur cette partie de la côte, et depuis Paracas, le vent souffle plutôt du sud. Et en fin d'après-midi, il forcit. Il nous pousse, on a l'impression parfois d'être sur une mobylette, les kilomètres défilent.

Pour midi, on demande "l'hospitalité" afin de pouvoir se reposer à l'ombre et à l'abri du vent. Nous sommes accueillis dans l'atelier d'Herbert, sorte de Bagdad Café, pour les pneus de camions! Et on est au milieu de nulle part...

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On remonte de cette manière jusqu'à Trujillo. Jusque chez Lucho qui tient une casa de cicilista (maison pour cyclistes). Nous ne sommes pas seuls : 2 Allemands et 1 Colombien sont présents. Mais également Jean-Baptiste, Franco-Canadien, que nous avions croisé sur la route en repartant d'Ushuaia, mi-février! Le monde est petit...

Depuis qu'on est parti de Chavin, on ne s'était pas pris une journée de repos. La pluie, la neige, le soleil, les montagnes, les glaciers, les vallées fertiles, le désert, le vent de face, puis de dos... On a déjà l'impression d'avoir fait plusieurs voyages pendant ces quelques jours!

La casa de ciclista est donc la bienvenue. Et autour de la ville, il y a en plus 2 sites majeurs. Tout d'abord, nous avons visité les Huacas de Moche ("motché"). Cette civilisation, datant de 200 à 500 après JC, a reconstruit un nouveau temple sur l'ancien, 4 fois de suite, en prenant soin de tout recouvrir sans rien abîmer, avec des sépultures richement dotées. Les Conquistadors ont été jusqu'à détourner le cours de la rivière afin de creuser plus facilement et récupérer l'or des tombes. Le pillage était presque industrialisé... Heureusement, le site est grand et tout n'a pas été totalement détruit. On retrouve aujourd'hui des fresques et des motifs colorés magnifiques sur les murs d'enceinte. Là encore, pas d'écriture. Mais les motifs et la céramique retrouvée sur place laissent penser que ce temple servait en particulier pour des sacrifices humains.

Chavin (Pérou) - Guayaquil (Equateur) - 1116 km - On a tout essayé!
Chavin (Pérou) - Guayaquil (Equateur) - 1116 km - On a tout essayé!Chavin (Pérou) - Guayaquil (Equateur) - 1116 km - On a tout essayé!Chavin (Pérou) - Guayaquil (Equateur) - 1116 km - On a tout essayé!

Enfin, un peu plus tard, une autre culture, les Chimus, ont installé la capitale de leur empire à quelques kilomètres d'ici. La ville, Chan-Chan, classée à l'UNESCO, est immense et en cours de restauration. Il y aurait 9 temples-sépulture, un pour chaque roi enterré ici avec ses concubines et sa suite... Les motifs (poissons, pélicans, loups de mer) seraient liés au culte de l'eau et de la mer.

Chavin (Pérou) - Guayaquil (Equateur) - 1116 km - On a tout essayé!
Chavin (Pérou) - Guayaquil (Equateur) - 1116 km - On a tout essayé!Chavin (Pérou) - Guayaquil (Equateur) - 1116 km - On a tout essayé!

Trujillo nous aura également permis de nous reposer, de discuter un peu avec Lucho, même s'il était toujours très pris. On aurait pu rester plus longtemps, mais encore une fois, l'Equateur nous appelle. On quitte la casa en remerciant Lucho!

Chavin (Pérou) - Guayaquil (Equateur) - 1116 km - On a tout essayé!

Jean-Baptiste, le cyclo franco-canadien/garde de choc, nous accompagne vers le nord, sur près de 50km! On le quitte en fin de journée. Il retourne sur Trujillo en bus et il est temps pour nous de trouver un bivouac.

Chavin (Pérou) - Guayaquil (Equateur) - 1116 km - On a tout essayé!

La suite n'est pas mémorable : la route est toujours très loin de l'océan, les paysages sont souvent désertiques et la bande sur le côté est en mauvais état, mais on n'a pas trop le choix vu le trafic de la panaméricaine...

Alors, dès que l'occasion se présente, on bifurque. On prend une petite route asphaltée qui mène à la côte. On nous avait dit au croisement qu'un chemin continuait ensuite en bord de mer mais il semble que ce chemin soit maintenant recouvert de sable et de dunes sur une bonne distance... on se trouve un bivouac sur la plage et on verra demain si on a le courage de pousser...

Chavin (Pérou) - Guayaquil (Equateur) - 1116 km - On a tout essayé!

Le lendemain matin, on est dans le brouillard complet. Et pendant notre petit déjeuner, on entend des motos passer pas très loin de nous. Mais pas sur le chemin ensablé. Sur la plage! Après vérification de la dureté du sol, on se lance aussi. Nous qui regrettions de ne pas longer la côte, cette fois on fait des écarts pour éviter les vagues!

Chavin (Pérou) - Guayaquil (Equateur) - 1116 km - On a tout essayé!

Finalement, c'est un peu l'autoroute ici. Comme le chemin est impraticable, les motos-tricycles et les motos passent par là. Et on croise également beaucoup de pêcheurs, avec des barques en roseaux. Sur le lac Titicaca, on continue d'en construire pour le folklore. Ici, ils les utilisent toujours pour la pêche!

Chavin (Pérou) - Guayaquil (Equateur) - 1116 km - On a tout essayé!

Nous faisons étape à Chiclayo, mais pas vraiment pour le plaisir : le trafic de cette ville de 500 000 habitants est infernal, les milliers de taxi roulent n'importe comment et klaxonnent dans tous les sens. Pour rajouter à la cacophonie, des policiers sont postés aux carrefours et utilisent en continu leur sifflet pour indiquer que le feu est vert et qu'il faut avancer ou que c'est rouge et qu'il faut s'arrêter...

Ah si on avait pu éviter cette pause, ça aurait été agréable pour nos oreilles... Mais nous avons 2 choses à faire ici.

Tout d'abord, nous prenons un combi (chouette...) pour Lambayeque à quelques kilomètres de là pour visiter le musée présentant les trésors trouvés dans une tombe d'un seigneur Moche ("motché" on vous a dit!). Les pièces sont magnifiques, on trouve des colliers en or, des parures en cuivre, des tissus, des sceptres, de la poterie... Une telle concentration de richesse est impressionnante. Et surtout, la tombe a été découverte récemment, en 1987, et a permis de mieux comprendre la culture Moche, de faire le lien avec toutes les poteries retrouvées sur les autres sites, comme aux huacas de Trujillo que nous avions visitées précédemment.

Cette dernière visite nous confirme la réelle richesse culturelle du Pérou, bien au-delà des Incas. Alors que ceux-ci n'ont régné que 100 ans (construisant tout de même un empire immense et très puissant), on a découvert les cultures précédentes (Paracas, Chavin, Nazca, Moche, Chimus et de nombreuses autres), certaines ayant commencé il y a 3000 ans, ayant duré plusieurs siècles ou ayant construit des systèmes irriguant une surface plus grande qu'on ne le fait aujourd'hui, avec des croyances et des rituels dont on trouve des traces un peu partout. Mais les connaissances sur ces cultures sont récoltées au compte-goute, en croisant les différentes recherches étant donné qu'il n'y a aucune trace écrite. Finalement, la renommée des Incas est due au fait que les Espagnols sont arrivés au moment de leur apogée. Mais leur empire s'est construit grâce à la domination ou l'assimilation d'autres cultures déjà organisées. Décidément, le Pérou nous a réservé de belles surprises!

La deuxième chose que nous avons à faire à Chiclayo : prendre un bus pour remonter quasiment jusqu'à la frontière équatorienne! C'est normalement la dernière fois que nous prenons le bus AVEC nos vélos...

Le trajet se fait sans encombres jusqu'à Tumbes, non loin de la frontière, même si on ne dort pas très bien. On enchaîne aussitôt, direction Puerto Pizarro sur la côte. Nous prenons un petit bateau et découvrons les mangroves peuplées de milliers d'oiseaux : frégates, pélicans, cormorans...

Chavin (Pérou) - Guayaquil (Equateur) - 1116 km - On a tout essayé!

Le tour se termine sur une petite île où nous profitons de la plage pour se baigner dans une eau enfin chaude et, après un repas de poissons, nous nous reposons dans les hamacs à disposition dans le restaurant!

Chavin (Pérou) - Guayaquil (Equateur) - 1116 km - On a tout essayé!

Comme toutes les bonnes choses ont une fin, nous reprenons la route. Mais avec une destination enfin à notre portée : l'Equateur! Eh oui, nous en parlions depuis plusieurs semaines, et le 22 décembre, nous traversons la frontière, au milieu d'une foule équatorienne venue profiter des prix bas péruviens. D'ailleurs, il est difficile d'avancer en vélo là-dedans...

Chavin (Pérou) - Guayaquil (Equateur) - 1116 km - On a tout essayé!

Nous commençons à prendre nos marques dans ce nouveau pays. Il y a beaucoup moins de klaxon, il fait chaud le matin, très chaud la journée, trop chaud la nuit, les conducteurs ont l'air un peu plus respectueux des cyclistes, mais on ne comprend pas tout... Comme au Chili, les gens parlent très vite, il va falloir qu'on se réhabitue!

Et déjà les fêtes de Noël approchent. Comme nous nous en doutions, nous passons le réveillon de Noël en bivouac, mais amélioré : nous sommes en fait à l'entrée d'un parc national, il y a des bancs, des tables et de l'eau à disposition. Il y a même une colonie de singes hurleurs, mais nous ne les verrons pas d'assez près pour prendre de belles photos. Seul bémol : la région est infestée de moustiques qui nous assaillent dès qu'on ose sortir de la moustiquaire...

Chavin (Pérou) - Guayaquil (Equateur) - 1116 km - On a tout essayé!

Comme tout réveillon en France, on se fait un repas exceptionnel (en tout cas par rapport à nos standards de bivouac...) : poulet à la bière, salade de fruits maison, pannetone, chocolats de noël! Et le lendemain matin, nous découvrons que le Père Noël est passé et nous a laissé 2 Kinders Surprise. Bon, les toupies volantes ne fonctionnent pas très bien, on va les mettre sur E-Bay prochainement, si vous êtes intéressés...

Chavin (Pérou) - Guayaquil (Equateur) - 1116 km - On a tout essayé!

Le 25 décembre, nous arrivons enfin à Guayaquil. Le ventilateur dans la chambre de l'hotel n'est pas de trop. Il va falloir qu'on se repose pour accueillir comme il se doit Fanny et Caro! On va silloner le pays 3 semaines ensemble, sans les vélos. De vraies vacances quoi. Et pour bien commencer l'année, on prend l'avion pour les Galapagos (moral en hausse...). Un truc de dingue. Tout simplement.

Pour ceux qui auraient encore un peu de temps après ce long récit d'étape, vous pouvez consulter l'album complet au lien suivant :

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Published by Roues Libres - dans Récit de voyage Ecuador Peru
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9 décembre 2013 1 09 /12 /décembre /2013 20:02

Quatre jours pour découvrir la Capitale du Pérou. C'est court et ça nous laisse peu temps pour se reposer. Mais finalement c'était suffisant. La ville est gigantesque, faut dire qu'un tiers du pays y réside. Nous avons pratiquemet fait nos 20 000 km dans sa banlieue. Par chance nous sommes arrivés un dimanche, le trafic était plus tranquille.

Premières heures dans la capitale

Dès nos premiers coups de pédales dans la ville, on sent tout de même une certaine frénaisie, le klaxon est roi! Nous décidons de nous rendre à Miraflores, le quartier sud de la ville pour voir le Pacifique. Ce qui nous frappe c'est le changement radical de population. Fini les petites dames aux vêtements multicolores, terminé les mecanos aux mains sales des bords des routes. Miraflores, c'est le quartier chic, avec des gens en roller, une piste cyclable, des flics pour surveiller et même une piste de parapente qui surplombe la mer! Les habitants sont propres sur eux, sentent bons... tout le contraire de nous!

Lima, Ville des Rois et du bruit - 120 km
Lima, Ville des Rois et du bruit - 120 km

Après cette petite escapade nous commençons à visiter un site archéologique très impressionnant: Huaca Pucllana. C'est une gigantesque pyramide réalisée en briques crues, voilà plus de 1500 ans. Par qui? Par la culture Lima, normal on est à Lima. C'était un centre cérémoniel très important. Bref encore une civilisation intéressante, tout comme la visite.

La vie de famille

Ensuite nous mettons le cap plein nord. On traverse la ville, ça grouille, ça klaxonne. Nous nous rendons chez Christian qui nous accueille pendant notre séjour à Lima. Nous découvrons sa famille, son frère Alexander, sa soeur Ursula, sa mère Julia et son père Felipe. Bon c'est une partie seulement de la famille puisqu'ils sont 6 enfants. Ils sont vraiment charmants et curieux sur notre voyage, notre vie en France. Tous les soirs on leur prépare soit un plat soit un dssert. Parmi nos spécialités, nous avons concocté: Pancakes, rillettes de thon, tzaziki et blinis, courgettes farcies et un excellent Far Breton. Comme vous le savez ça nous plaît de cuisiner et en plus pour eux ça leur permettait de goûter nos plats et de se mettre directement les pieds sous la table. Car toute la famille travaille dans l'entreprise familiale (Carterie, faire-part, dîplome,...) et ils rentrent tard, autour de 22h!
Bon il n'empêche on a eu le droit aux délicieuses salades de fruits de Felipe et tous les matins nous prenions le petit déjeuner tous ensemble. Le dernier soir nous avons eu le droit au cocktail national, à savoir le Pisco Sour.

Lima, Ville des Rois et du bruit - 120 km
Lima, Ville des Rois et du bruit - 120 kmLima, Ville des Rois et du bruit - 120 km
Lima, Ville des Rois et du bruit - 120 kmLima, Ville des Rois et du bruit - 120 km

Circuler dans Lima

Tous les jours nous avons pris nos vélos pour nous rendre dans Lima. Environ 30 minutes de zig zag entre les voitures, taxis, bus et camions. C'est un enfer la circulation dans cette ville. Mais qu'à cela tienne, ils sont en train de construire une autoroute en plus... sous le fleuve! Comme ça y'aura encore plus de voitures...et de bruits. Comme vous le savez les Péruviens comme les Boliviens sont adeptes du klaxon. Il sert à tout: prévenir les cyclistes, les piétons car je suis prioritaire, montrer que mon taxi est libre, signifier qu'on va griller le stop, comme y'a pas de clignotant le klaxon le remplace et puis comme le parigot faire du bruit parce que la rue est bloquée! Bon c'est pas une partie de plaisir pour nous, mais finalement on avance plus vite en vélo et surtout on est rassuré car Christian fait le trajet tous les jours en vélo et il est toujours vivant!

Mais bon y'a tout de même une prise de conscience de ce joyeux bordel et d'après certaines affiches les gens qui abusent du klaxon peuvent se faire verbaliser (on n'a quand même pas vu une police très active sur ce sujet...). Ah autre anecdote, le dernier jour y'avait un incendie dans la ville, le camion de pompiers essayait de se frayer un chemin, mais pour les automobilistes, il n'était nullement prioritaire... On sait pas combien de maisons ont brulés pendant ce temps là???

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Visites riches et variées

Au delà de ces péripéties pour circuler, on a quand même pu découvrir les richesses de la ville. Le centre historique est classé au patrimoine mondial. Bon entre nous l'UNESCO a dû se tromper. Certes il y a de beaux monuments, mais ça vaut pas Arequipa par exemple. Nous avons visité la cathédrale et le palais de l'Archevêque. Le monastère des Dominicains avec une superbe visite guidée qui nous a permise d'en savoir plus sur les Saints locaux: Sainte Rose de Lima et Saint Martin de Porres (1er saint métis, enfin il a fallu attendre les années 60).

Lima, Ville des Rois et du bruit - 120 km
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Les autres jours ont été consacrés à la visite de musées. Tout d'abord la magnifique collection privée Rafael Larco. Bon ça pas été facile à trouver, puisque nous avions oublié notre carte. C'est donc sans l'aide des habitants et de la police que nous avons finalement trouvé notre chemin. Le musée rassemble une collection très riche qui nous a permise de compléter nos connaissances. Car oui comme toi cher lecteur, chère lectrice, nous pensions qu'il y n'avait eu que les Incas ici... Que nini! Bien avant les fils du soleil, il y a eu de multiples cultures, dont celle de Lima, celle de Nazca, celle de Paracas. Mais aussi au nord Chavin, Moche (sisi c'est le nom) et les Chimús (C'est drôle hein!). Bref le musée à travers la céramique, les tissus, bijoux et autres nous aide à s'y retrouver dans tout ça. Enfin il y a une salle entière consacrée aux poteries érotiques. Vous n'imaginez pas la fantaisie que pouvait avoir ces peuples, bon la section maladie vénérienne est moins drôle...

Le lendemain on poursuit la remontée dans le temps avec le musée historique et archéologique. Encore une fois c'est riche et pour la plupart des salles bien mis en valeur. On a même pu voir une superbe maquette du Machu Picchu, une expo sur les Paracas et surtout en savoir plus sur l'histoire du pays depuis la colonisation. Bref on y a passé 3 heures. Mais rassurez vous on a été en sortant dans une cave histoire de goûter du vin Péruvien. Pas mauvais, mais on préfère le Chilien!


Enfin nous avons clôturé cette journée avec l'ascension du Mont St Cristobal. Belle vue et panorama sur la ville, jusqu'au Pacifique et au Port de Callao. Et on est monté en bus c'est plus simple.

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Drôles de rencontres

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Souvent on trouve que les gens en ville sont plus réservés, que c'est plus anonyme. Pourtant voilà bien longtemps qu'on n'avait pas été aussi aimable avec nous. En voulant aller acheter des viennoiserie, Bibou s'est fait questionné par la boulangère sur notre voyage, elle servait même d'autres clients pour le garder dans la boutique. Mais au bout de 10 minutes il a pu sortir et Irène la boulangère lui a offert deux boissons!


Autre rencontre originale, c'est Renato, un Brésilien. Nous l'avons rencontré en allant acheter des rustines et câbles dans la boutique d'un pote de Christian. Le Brésilien voyage en vélo, en soit rien d'original. Sauf que ça fait 8 ans et 220 000 km! Pour compléter son tour du monde, il compte encore rouler 8 ans! Tout ça pour être dans le livre des records. Quoi vous avez des sueurs froides les parents? Non nous déjà 20 000 on trouve que c'est énorme!

Stress et départ

Il est temps de quitter la capitale et de poursuivre vers le Nord. Comme le temps nous est un peu compté et surtout que Tétéf n'a pas envie de remonter en vélo les Andes, on opte pour sortir de la ville en car (Ce qui au passage evite 6500m de denivele). On souhaite se rendre à Chavin qui est dans la Cordilière Blanche. Après passage à la gare routière on choisi un car qui part de Lima à 17h et qui arrive à 5h du mat'. Mais le lendemain lorsqu'on achète les tickets le mec nous dit que l'on ne peut pas mettre les vélos dans le car de 17h, faute de place (Il s'était bien gardé de nous le dire la veille). Nous devons donc prendre le car de 15h30. Ça bouleverse notre programme, on finit de visiter au pas de course le centre-ville, on passe dire adieu à Christian et sa mère à la boutique, on fait nos courses, on mange et on va faire les bagages. Heureusement la gare de bus est à 15 minutes de la maison de famille. Bref à 15h30 nous attendons le car... qui arrive qu'à 16h20. Les mecs mettent en vrac les vélos dans la soute, puis finalement sur le toit. Le car est pourri, on se dit que 10h là dedans ça va être long et encore si y'a pas de pépins. Ah oui au départ il n'y a que nous deux. Mais au fur et à mesure des villes le car se remplit à moitié. Malgré cela, ils ont réussi à vendre trois fois la place de Tétéf... Le car s'arrête souvent, il faut imaginer à chaque arrêt des vendeurs qui montent. Ils sont pas très malins, ils vendent tous la même chose. Alors au bout de la sixième vendeuse d'oranges ou de brioches à la suite c'est lassant. A 22 h, contrôle de police, tous les hommes doivent présenter leurs papiers d'identité. Le policier semble voir pour la première fois de sa vie des passeports français. A 22h on s'arrête pour que les gens cassent la croûte dans un bouiboui, euh pardon un restaurant. Enfin on essaye de dormir, mais comme on grimpe à plus de 4000 y'a des virages dans tous les sens. Puis 3h du mat', on s'arrête car une dame veut faire pipi. Bien lui en a pris, car on était à Chavin, notre ville d'arrivée. Enfin 2 kilomètres après et le chauffeur ne nous avait rien dit. C'est donc en pleine campagne, à 3h du mat' qu'on descend les vélos du toit, on récupère les sacoches. Le car poursuit sa route avec tous les autres passagers.


Nous voici donc à Chavin, enfin 2 kilomètres après. Nous roulons vers le centre, tout en faisant gueuler les chiens (ici c'est un pléonasme). Puis nous plantons la tente aux abords de la ville pour se reposer de cette journée de dingue. Oui finalement c'est simple le vélo!

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Nous comptons visiter et traverser la Cordilière Blanche avant de "redescendre" vers le Pacifique.


Pour voir l'album photo complet, cliquez sur le lien:

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 16:19

Cela fait longtemps qu'on n'avait pas écrit. On pensait que cette étape serait principalement du défilement de kilomètres. Effectivement, on a bien roulé, mais on a aussi vu et profité de pas mal de sites et retrouvé le Pacifique! Reprenons depuis le début...

En route!
Après une nuit à Abancay, nous refaisons le plein de courses, on profite des restos et du marché avec ses jus de fruits frais:

Abancay - Lima - 1019 km - Retour vers le Pacifique

Le départ est presque facile : on descend. Beaucoup. 700 m de dénivelé négatif. Mais avec un vent de face très fort, qui nous bloque même dans un virage... Heureusement, tout en bas, on tourne dans la vallée et nous avons cette fois le vent dans le dos! Pendant plus de 100km, on remonte cette vallée, avec l'impression parfois d'être sur une mobilette grâce au vent.

Rien que de l'eau...
Il y a de nombreux villages où tout ou presque est disponible. Presque. Parce que régulièrement on arrive dans des villages où l'eau n'est pas potable. Ce n'est pas la première fois au Pérou et ce sera une sorte de leitmotiv jusqu'à Lima.

Oui, le Pérou reçoit des millions de visiteurs chaque année et quelques milliers à Maras (cf. Article précédent):

Abancay - Lima - 1019 km - Retour vers le Pacifique

Mais l'eau n'y est pas potable.

Abancay - Lima - 1019 km - Retour vers le Pacifique

Oui, le Pérou se développe et vous aurez bientôt la 4 G sur votre Iphone dernier cri :

Mais l'eau n'est pas potable à Nazca.

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Oui, le Pérou installe de nouvelles lignes à haute tension, ce qui défigure un peu le paysage, et vous pourrez regarder la coupe du monde 2014 sur votre écran géant grâce à cette électricité :

Mais l'eau n'est pas potable aux abords d'Ica.

Abancay - Lima - 1019 km - Retour vers le Pacifique

Oui, le Pérou a des ressources limitées en eau, alors il y a un système ultra-développé de canalisation pour irriguer les cultures en plein desert :

Mais l'eau n'est pas potable à Chincha Alta...

Abancay - Lima - 1019 km - Retour vers le Pacifique

Ils ont même inventé le panneau publicitaire qui produit de l'eau potable en filtrant l'air...

Allez, pour se consoler, on a quand même le droit à un robinet design pour avoir de l'eau non potable!

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De nouveau à 4000m
Au bout de la vallée, une grande côte nous attend. Nous montons d'abord à 4200m, puis continuons à monter tranquillement à 4500m. Nous retrouvons les lamas, les vigognes, les alpagas et même des guanacos. Nous avons là toute la famille des camélidés sudaméricain.

Abancay - Lima - 1019 km - Retour vers le PacifiqueAbancay - Lima - 1019 km - Retour vers le Pacifique
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Le paysages semble désertiques, mais nous croisons de nombreuses fermes, avec les murets en pierre autour.

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Cette fois, nous avons un vent de face, très fort. Ça doit être pour compenser les jours précédents... Le soir, un peu fatigués, on trouve un bivouac magnifique à côté de formations rocheuses que nous prenons le temps de parcourir le lendemain matin :

Abancay - Lima - 1019 km - Retour vers le Pacifique
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Nous entamons une petite descente, qui nous fait passer par Puquio, grande ville sans charme, mais qui nous permet de refaire le plein et de profiter encore d'un resto. Puis nous remontons à plus de 4000m. La route passe à côté d'une réserve pour les vigognes, et nous en croisons des milliers, courant dans la pampa, s'abreuvant dans la rivière ou traversant la route.

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Les mystères de Nazca
La route descend tranquillement, puis, au détour d'un virage, la vraie descente commence : de 3600m, nous descendons plus de 3000m jusqu'à Nazca. Plus la peine de pédaler, il suffit juste de profiter du paysage, qui est époustouflant! Des hauteurs, on aperçoit les collines désertiques, les montagnes au fond, dont l'une est une dune culminant à 2000m

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Enfin, nous arrivons à Nazca, connue pour ses lignes mystérieuses. Les paysages sont désertiques, mais l'eau pompée des profondeurs a transformée la vallée en oasis. A quelques dizaines de kilomètres, dans des plaines arides, se trouvent les fameuses lignes et géoglyphes, que nous survolons dans un petit avion.

Les premiers à avoir été dessinés sont les géoglyphes en forme d'animaux.

Abancay - Lima - 1019 km - Retour vers le Pacifique
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Chaque animal pourrait être l'emblême d'une tribu qui habitait la région.

Abancay - Lima - 1019 km - Retour vers le Pacifique
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Ces géoglyphes dateraient de 200 avant JC a 600 apres JC

Abancay - Lima - 1019 km - Retour vers le Pacifique
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Dans un deuxième temps, beaucoup plus tard, ce sont les lignes et figures géométriques qui ont été dessinées, se superposant parfois aux animaux devenus inutiles.

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Les théories concernant ces lignes sont multiples : indicant une source, partant d'une montagne-mirador, pointant le solstice d'hiver ou des constellations... Parfois, elles rejoignent de grands espaces rectangulaires, trapézoïdaux ou triangulaires qui pourraient être des lieux de rassemblements.

Vues du ciel, ces lignes énigmatiques sont impressionnantes, perdues au milieu de nulle part.

Lorsque nous repartons de Nazca en vélo, et que nous retraversons cette même plaine aride, nous ne voyons quasiment rien, à part 2 ou 3 lignes droites, qui ne laissent rien paraître de toute la profusion de lignes et d'animaux.

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Du vin dans le désert
Nous continuons notre route, traversant des déserts de pierre ou de sable et des vallées fertiles. A Ica, nous visitons tout d'abord, au petit matin, l'oasis de Huacachina, entourée de dunes immenses. Le lieu est magnifique, même s'il est occupé uniquement par des hotels touristiques.

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Puis, nous découvrons un des emblèmes du Pérou : le pisco! Nous visitons une cave proche d'Ica, en apprenons un peu plus sur la fabrication du pisco, obtenu en distillant du raisin. Et enfin, nous goûtons le pisco, ses variantes et quelques vin doux, neuf au total.

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Propriété privée
Nous repartons un peu plus joyeux, avec un Pisco Sour et un vin demi-sec dans les sacoches. Le soir, nous galérons pour trouver un bivouac : tous les terrains le long de la panaméricaine sont occupés par les vignes et sont grillagés, avec des portails infranchissables.

Nous trouverons finalement notre bonheur un peu plus loin, mais depuis quelques temps, la propriété privée nous surprend.

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La propriété privée version "C'est mon champ de caillou, pas touche"

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La version "C'est mon sable!"

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La version "Ne pas entrer. Ordre de tirer" (sisi, c'est vrai!)

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La version "Papa Schultz"

On pourrait aussi compléter avec la version "On est riche alors on a privatisé la plage pour ne pas que les pauvres en profitent" ou "Pour bien montrer que c'est mon terrain, je construis un mur de 4 mètres autour". La liste pourrait malheureusement s allonger a l infini...

Pacifique!
Enfin, nous continuons notre descente jusqu'au Pacifique. Le ciel est couvert, mais nous sommes contents du chemin parcouru depuis que nous l'avons quitté, à Antofagasta au Chili, il y a 4 mois maintenant...

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Nous faisons une petite pause à Paracas, hébergés chez Efrain. Même s'il n'est pas très disponible à cause de son travail, on prend le temps de sortir avec lui dans un bar (ouah!), de boire un verre en discutant avec des gens (re-ouah!) et de se coucher à 22h (dingue!). Une vie normale le temps d'une soirée...

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Balade dans la réserve de Paracas
Bon, ok, c'est une pause, mais le lendemain nous reprenons nos vélos pour aller visiter la réserve à quelques kilomètres de là. Sans les sacoches, on a l'impression d'avancer tout seul! La réserve est magnifique, avec les dunes, les paysages désertiques, mais nous profitons surtout de la mer, les falaises abruptes, le sable fin, l'air marin...

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Nous apercevons de nombreux animaux, oiseaux et crustacés. Ça nous change des lamas!

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Abancay - Lima - 1019 km - Retour vers le Pacifique
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Nous essayons enfin le ceviche, dans un restaurant juste au bord de la mer : c'est une autre spécialité du Pérou, à base de poissons ou de fruits de mer marinés. Un délice!

Odeurs...
Puis nous quittons Paracas. Sur le chemin, nous sommes assaillis par les odeurs de farine de poisson. A 9h du matin, ça n'aide pas à digérer le petit déjeuner. Quelques kilomètres plus loin, c'est au tour d'une fabrique de gateaux au chocolat (c'est mieux!). Et en fin de journée, nous longeons une multitude de poulaillers...

Nous n'avons rien pour lutter contre les odeurs. En revanche, sur la panaméricaine, nous avons de nouveau dégainer nos boules Quiès! Lorsque nous retrouvons en plus une bande sur le côté qui nous évite d'avoir à surveiller constamment le rétro, nous sommes (presque) sereins!

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Bivouac de rêve sur la route de Lima
Encore une fois, nous avons du mal à trouver notre bivouac. Les terrains sont tous occupés par des maisons/cabanes qui semblent inhabités pour la plupart. Maisons de vacance? Village abandonné? Village dortoir?

Abancay - Lima - 1019 km - Retour vers le Pacifique

On n'en saura pas plus puisque par chance, nous trouvons un passage qui mène au bord de la falaise donnant sur le Pacifique. C'est là que nous dormons!

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Et le lendemain matin, en prime, nous avons le droit de voir passer une colonie de dauphins 100m plus bas (oui, on n en voit que 2 sur la photo, mais il y avait bien une colonie!) :

Abancay - Lima - 1019 km - Retour vers le Pacifique

A l'approche de Lima, le trafic se fait plus dense. On regrette presque le calme des hauteurs. Alors pour compenser, on profite un peu plus des abords de plus en plus peuplés : glaces, restaurants, supermarchés... La vie citadine a aussi du bon!

Pour ceux qui aiment les chiffres extraordinaires!
Cette étape depuis Abancay a été mathématique. Nous avons franchi les valeurs symboliques des 2222m, 3333m puis 4444m d'altitude!

Abancay - Lima - 1019 km - Retour vers le PacifiqueAbancay - Lima - 1019 km - Retour vers le PacifiqueAbancay - Lima - 1019 km - Retour vers le Pacifique

Encore plus joli, depuis les sommets jusqu'au Pacifique :

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Abancay - Lima - 1019 km - Retour vers le Pacifique
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Mais peut-être que notre plus beau chiffre va quand même rester notre 20 000ème kilomètre, le 1er décembre, presque 8 mois après notre 10 000ème!!!

Abancay - Lima - 1019 km - Retour vers le Pacifique

L'album complet est disponible au lien suivant :

Nous sommes maintenant arrivés à Lima. Comme d'habitude, nous allons visiter la capitale et réfléchir à la suite du trajet. Il reste en effet peu de temps jusqu'à Noël et encore beaucoup de choses à voir au Pérou mais l'Equateur et les Galapagos nous attendent...

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17 novembre 2013 7 17 /11 /novembre /2013 15:30

Cuzco, ville impériale, coeur de la civilisation Incas.

Cuzco était considérée par les Incas comme le nombril du monde. Nous y mettons de côté les vélos pendant quatre jours. La ville classée au Patrimoine Mondiale, invite à la flânerie entre ses petites ruelles, ses musées, ses églises et couvents et ses sites archéologiques.


La cité a une histoire extaordinaire, liée bien sûr aux Incas qui en firent leur Capitale mais aussi aux apports des Colons Espagnols après la conquête à la fin du XVIe siècle. Malheureusement de la ville Inca il ne reste pas grand chose. Seulement des murs. Certes ils sont magnifiques et incroyablement bien agencés, mais quand on sait qu'ici vibrait tout l'or de l'Empire et de la cour c'est un peu triste.

Cuzco - Abancay - 338 km en vélo et plus de 100 km de rando - Incas, ruines et petites bêtes...

Tout de même les Espagnols après avoir pillé les temples et sacagé la ville, ont sur les bases des édifices incas construits de superbes monuments. Parmi les églises et couvents, nous retenons celui de la Merced et de Saint Dominique (Construit sur le temple inca de Coriconcha). Beaux ensembles baroques, sans compter les richesses picturales pleines de métissage.

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Approfondissons nos connaissances

Cuzco - Abancay - 338 km en vélo et plus de 100 km de rando - Incas, ruines et petites bêtes...

Sans plus trop y prêter attention nous avançons dans notre voyage. Bien souvent on nous demande pourquoi nous avons choisi l'Amérique du Sud? Sans aucun doute le Pérou, ses mythes et ses trésors, ont favorisé notre envie d'évasion sur ce continent. Maintenant nous y voilà. A présent nous pouvons mieux comprendre les Incas et leur savoir?


Nous ne sommes pas déçus! En l'espace de quelques semaines nous visitons pas moins d'une dizaine de site Incas. C'est difficile d'imaginer que cette civilisation si importante a été décimée en quelques années par les Conquistadors menés par Pizarro. Pourtant leur Empire constitué en un siècle s'étendait du milieu du Chili au sud de la Colombie!


Nous profitons donc de la région pour enchaîner les visites de sites plus ou moins prestigieux afin d'en savoir plus sur les Incas. Nous partons de Cuzco en vélo et nous faisons une boucle dans la vallée sacrée.

Prendre de la hauteur

Ce que nous retenons, c'est que les fils du soleil aimaient s'installer dans de beaux paysages et surtout en hauteur! C'est beau mais c'est moins bon pour nos petites jambes. Nous ne comptons plus les marches!


Nous avons été voir la forteresse de Sacsayhuamán qui domine Cuzco, impressionnante avec ses remparts en zig-zag.

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Puis au petit matin, nous visitons rien que pour nous la cité de Pisac.

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Enfin à Ollantaytambo, il faut encore grimper pour admirer le site et la vallée.

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Parce que l'Empire a prospéré grâce au savoir agricole on a pu admirer de belles terrasses, soit droites, soit suivant le relief, soit en cercles comme à Moray.

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Autre lieu intéressant, les Salineras. Grâce aux trucs et astuces de cyclos, on a pu y accéder par le bas, au kilomètre 73,7, sans aucune indication... Pourquoi mettre un panneau? Merci Elise et Manu. Le lieu rassemble plus de 4000 bassins d'où s'évapore l'eau d'une source chargée en sel. Ainsi, au coeur de la cordillière, des "marais salant"!

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Architecture Incas

Bon après tous ces sites, on est incollable sur l'architecture inca. Pour faire un beau monument, il faut bien agencer les pierres, si possible des blocs énormes. Même Obélix il n'arriverait pas à les soulever! Ensuite faire des murs qui penchent vers l'intérieur (C'est plus résistant lors des séismes), mettre des portes, des niches et des fenêtres en forme de trapèze. Enfin faire un toit en paille, car ici on connait pas la tuile. Voici un aperçu des murs et de leur variété. Oui nous avons bouffé de la pierre, alors on vous en fait profiter!

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Sans compter les fontaines, les roches sacrées, les temples du Soleil et de la Lune, les entrepôts, ..., vraiment ils se sont donnés du mal les ouvriers (esclaves?) Incas.

Le Machu Picchu

Qui va au Pérou va au Machu! On peut vous dire qu'il y a beaucoup de monde qui visite le Pérou. Bien entendu nous ne pouvions pas laisser ce site majeur de côté. D'une part parce qu'on a des sous à dépenser et surtout parce qu'on voit des images de ce lieu emblématique depuis tout petit.


Pour y aller c'est pas simple, car il n'y a pas de route. Donc soit vous avez de l'argent et vous prenez le train, soit vous prenez le bus pendant 5h puis vous marchez 2h, soit vous marchez tout court. Nous comme on a un peu d'argent mais pas trop, on a décidé de marcher 8h le long de la voie ferrée à l'aller et de rentrer en train.

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On arrive dans la ville ultra-touristique au pied du Machu Picchu. 4h15 le réveil sonne, 4h20 Tétéf se lève, 4h30 Bibou se réveille, 5h00 nous voilà partis à pied vers le Machu Picchu, perché 400m au-dessus de la vallée, 6h00 on rentre sur le site. Bon les premières minutes on profite du lieu vide, sans trop de monde, mais en même temps on est dans les nuages, on voit pas grand chose. Puis au fur et à mesure ça se dégage et on commence à voir de mieux en mieux les constructions, les terrasses et les lamas. Enfin vers 8h toute la splendeur du site se dévoile: le paysage. Oui les ruines sont bien conservées, mais ce qui pour nous fait la valeur du lieu, c'est l'écrin de verdure et les montagnes autours. D'ailleurs notre journée de marche pour y accéder ne nous suffit pas, on grimpe la montagne Machu Picchu qui culmine à 3100m d'altitude. De là-haut on domine la cité et les montagnes. Un moment mémorable dans notre voyage.

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On prend le temps d'arpenter les ruines, d'écouter (l'air de rien) les commentaires des guides, en espagnol, en anglais, en français. Car bon le site a beau être classé à l'Unesco, pas un panneau ni une seule explication, quelle honte! C'est comme ça pour tous les sites de la région d'ailleurs. Faut bien que les guides travaillent...

Ah les rats!

Cuzco - Abancay - 338 km en vélo et plus de 100 km de rando - Incas, ruines et petites bêtes...

Pour le retour on prend le train. On sourit quand on aperçoit les randoneurs fauchés le long des voies.
Une fois de retour à Ollantaytambo, on récupère les vélos laissés au camping. Ils étaient dans une pièce au chaud. Sauf qu'ils n'étaient pas seuls puisque la sacoche de nourriture de Tétéf a été grignotée pendant notre séjour au Machu Picchu!

Certainement des rats, ou un rat gourmand. Mais moins gourmet que Ratatouille car ce carnage n'a eu lieu que pour un peu de nouilles... Il n'a même pas tapé dans le fromage! La sacoche n'étant plus franchement waterproof, Tétéf a cousu des réparations en chambre à air, on attend les prochaines pluies pour le test...


Mais à vrai dire, au cours de cette étape on a croisé une multitude de bestioles. Voici un petit aperçu:

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C'est vrai que le paysage change, on est plus bas et donc on retrouve sans aucune joie les moustiques et les petites mouches qui sucent le sang. Finalement c'est bien d'être à 4000 m ou en plein desert! Voici le résultat après quelques heures de rando.

Choquequirao, Chaud qui rando?

Ben oui Choquiquerao! Vous connaissez pas? Pourtant c'est un site exceptionnel. Mais il faut se donner la peine de le visiter, 4 jours de marche et il faut descendre 1500 m puis remonter 1600 m. Autant vous dire qu'après une journée et demi de marche on a croisé personne sur le site pendant la visite, alors que le Machu Picchu accueille chaque jour jusqu'à 2500 personnes... Une autre ville inca perdue dans la forêt, mais rien que pour nous cette fois! On se prend pour des aventuriers en train de découvrir chaque quartier, les places, les maisons, les temples. Un bel aspect du lieu sont ses terrasses qui surplombent les gorges de l'Apurimac. Comme au Machu Picchu il y a des lamas mais cette fois en décoration!

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Après ces 64 km de marche on récupère les vélos sans surprise et on poursuit la route vers Abancay qu'on atteint rapidement grâce à une belle descente.

Encore une étape riche

Il n'y a pas eu que des sites archéologique lors de cette étape. On a aussi fait du vélo et notre 19 000ème kilomètre!

Cuzco - Abancay - 338 km en vélo et plus de 100 km de rando - Incas, ruines et petites bêtes...
Cuzco - Abancay - 338 km en vélo et plus de 100 km de rando - Incas, ruines et petites bêtes...


On a aussi croisé d'autres cyclos, notamment deux Norvégiens (Voici le lien) qui sont les cyclos les moins rapides qu'on ait rencontrés: Colombie-Pérou en deux ans! Notez leurs sacoches-bidons, ça doit marcher contre les rats:

Puis nous nous sommes fait une copine, Choke. Ce toutou nous a suivi pendant la descente vers Choquequirao, puis une journée après pendant le retour. 42km de rando ensemble. Elle a aussi dormi sous le auvent pendant un gros orage qui a bien failli emporter la tente. Bibou a bien failli l'adopter!

Cuzco - Abancay - 338 km en vélo et plus de 100 km de rando - Incas, ruines et petites bêtes...

Bon y'a bien d'autres petits trucs mais l'article est déjà assez long! La suite du programme? Nous sommes en route vers Nazca et ses mystérieuses lignes, puis après plusieurs mois à plus de 3000m on va retrouver le Pacifique!

L'album complet est disponible au lien suivant :

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2 novembre 2013 6 02 /11 /novembre /2013 22:47

Nous sommes contents de traverser enfin la frontière (sans problème) et de laisser la petite histoire de Copacabana derrière nous. C'est une page qui se tourne et un nouveau pays à appréhender!

Copacabana (Bol.) - Cusco (Pérou) - 623 km en vélo + 430 km en bus - Premiers kilomètres au PérouCopacabana (Bol.) - Cusco (Pérou) - 623 km en vélo + 430 km en bus - Premiers kilomètres au Pérou

Premières différences avec la Bolivie


Nous continuons de longer le lac Titicaca. Et nous sommes surpris par le peu de différences par rapport à la Bolivie. Tout d'abord, le paysage reste le même : aux abords du lac, tout est cultivé, il y a peu de villages mais des maisons un peu partout. Ensuite, les gens sont habillés pareils, en particulier les femmes avec leur chapeau melon, leurs vêtements colorés et leurs tresses. Le klaxon est toujours aussi utilisé, les chiens aboient autant, mais sont un peu plus agressifs.

Mais il y a tout de même des petits détails qui nous rappellent que nous avons changé de pays. Nous croisons dès la frontière de nombreux motos-tricycles, qui servent de taxis. On en trouve surtout dans les grandes villes, ou pour relier les villages peu éloignés. On n'a pas encore essayé...

Copacabana (Bol.) - Cusco (Pérou) - 623 km en vélo + 430 km en bus - Premiers kilomètres au Pérou

Ensuite, sur la route, on trouve beaucoup plus de voitures personnelles, et surtout les vans collectifs semblent neufs et puissants pour la plupart. Le niveau de vie semble plus élevé ici.

Sillustani, tombeaux grandioses


Nous passons tout d'abord près du temple de la fertilité. Grande classe, comme d'habitude, on n'évite pas la photo que tout le monde doit faire (pas pour les enfants!). Notre route nous mène ensuite à Puno, d'où il est possible d'aller visiter les îles flottantes construites en roseaux sur le lac Titicaca. Mais les récits qu'on nous en a fait, le côté très touristique et trop cadré nous en dissuadent. C'est dommage, ça avait l'air quand même impressionnant. Mais la ville est plutôt jolie, animée (encore une procession religieuse...), touristique et nous visitons le musée où sont présentés les magnifiques pièces retrouvées à Sillustani, à quelques kilomètres d'ici. C'est décidé, nous ferons le détour!

Le lendemain, après avoir laissé les vélos au croisement et fini le trajet en taxi collectif, nous arrivons sur le site de Sillustani. C'est un ensemble de tombeaux, sur la presqu'île d'un lac. A l'époque préhispanique, les riches se faisaient enterrer ici, certains avec leurs domestiques (!!), dans ce lieu paisible.

Copacabana (Bol.) - Cusco (Pérou) - 623 km en vélo + 430 km en bus - Premiers kilomètres au Pérou

Changement de plans


La route se poursuit tranquillement, voire trop tranquillement : il y a peu de trafic, c'est plutôt sympa mais... nous apprenons qu'à la ville suivante, Juliaca, il y a une grève générale de 3 jours! L'entrée de la ville est bloquée, aucune voiture/camion/bus ne peut passer, le sol est jonché de cailloux et de débris de verre. D'ailleurs, point positif, nos nouveaux pneux ont résisté à l'assaut, nous ne déplorons pour l'instant aucune crevaison. Pourvu que ça dure...

Copacabana (Bol.) - Cusco (Pérou) - 623 km en vélo + 430 km en bus - Premiers kilomètres au Pérou

Mais, l'inconvénient, c'est que nous avions prévu de passer la nuit à Juliaca, puis de prendre un bus pour faire l'aller-retour pour visiter Arequipa, au sud. Mais la ville est complètement bloquée, aucun bus ne peut sortir du terminal et tous les magasins sont fermés. C'est une sorte de ville fantôme, dont les rues sont transformées en terrain de volley, en promenade et en lieu de rencontre avec les voisins.

Copacabana (Bol.) - Cusco (Pérou) - 623 km en vélo + 430 km en bus - Premiers kilomètres au Pérou

Nous ne pouvons pas rester 3 jours à attendre la fin de la grève. Mais par acquis de conscience, nous allons vers la sortie de la ville en direction d'Arequipa. Ici, nous trouvons des camionettes et des bus qui partent vers là-bas! Finalement, nous changeons nos plans, nous partons le soir-même pour Arequipa, avec les vélos sur le toit. Pas simple, mais ça passe.

Petite parenthèse (Yeepa!!)


Depuis La Paz, nous avons un peu plus préparé notre trajet. Jusqu'en Equateur exactement. Et si nous prenons le bus, c'est que nous n'avons plus beaucoup de temps. Un autre compte à rebours a commencé : Fanny et Caro, 2 de nos amies, vont nous rejoindre à Guayaquil en Equateur fin décembre! Nous devons donc y être pour cette date et ne pas faire trop de détours à vélo d'ici là. Et, franchement, ça nous rend un peu euphorique de revoir des personnes connues, ça fait plus d'un an que nous voyageons "seuls" en Amérique du Sud... Merci les filles!!!

Copacabana (Bol.) - Cusco (Pérou) - 623 km en vélo + 430 km en bus - Premiers kilomètres au PérouCopacabana (Bol.) - Cusco (Pérou) - 623 km en vélo + 430 km en bus - Premiers kilomètres au Pérou

Aréquipa


Le trajet de 3h en camionette est très rapide, le chauffeur roule à fond, on double tout le monde, même si à cause de la grève il y a peu de trafic. Nous passons de 3800m près du lac Titicaca à 2500m, dans une vallée entourée de montagnes et de volcans. Nous arrivons à Aréquipa de nuit, une ville tentaculaire de près d'un million d'habitants et finissons le trajet depuis le terminal en vélo jusqu'à un hotel près du centre ville.

Le changement de plan et le trajet un peu stressant en valaient le coup : le centre d'Aréquipa est magnifiquement conservé. En particulier, l'immense couvent Santa Catalina, que nous visitons pendant 2 heures. Ce lieu coupé de la vie citadine avait recréé à l'intérieur une petite ville, avec maisons individuelles pour les soeurs, cuisines privées, rues et places ombragées. C'est un lieu hors du temps, sorte de Pompéï religieux, dont les couleurs et les bâtiments nous enchantent à chaque détour.

Copacabana (Bol.) - Cusco (Pérou) - 623 km en vélo + 430 km en bus - Premiers kilomètres au PérouCopacabana (Bol.) - Cusco (Pérou) - 623 km en vélo + 430 km en bus - Premiers kilomètres au PérouCopacabana (Bol.) - Cusco (Pérou) - 623 km en vélo + 430 km en bus - Premiers kilomètres au Pérou

La ville est classée au patrimoine mondial de l'Unesco, et de nombreux bâtiments attirent l'oeil au coin d'une rue, en particulier grâce à la pierre de lave blanche, immaculée.

Copacabana (Bol.) - Cusco (Pérou) - 623 km en vélo + 430 km en bus - Premiers kilomètres au Pérou
Copacabana (Bol.) - Cusco (Pérou) - 623 km en vélo + 430 km en bus - Premiers kilomètres au Pérou

La ville est entourée de volcans, qui étaient considérés comme des passerelles vers les dieux par les Incas. Des momies d'humains sacrifiés ont d'ailleurs été retrouvées au sommet du volcan Ampato, à plus de 6000m d'altitude. Malgré une pratique considérée comme barbare aujourd'hui, le musée qui leur est consacré nous plonge dans le rituel du sacrifice inca, qui était sensé apporter prospérité, fertilité et abondance. Une autre facette des incas, pas forcément la meilleure, mais qui nous en apprend plus sur leurs croyances.

Cette petite escapade à Aréquipa valait vraiment le détour. Et, après avoir étudier les différentes possibilités, nous décidons de ne pas retourner à Juliaca, mais de couper directement vers Cusco à travers les montagnes. Bon, on triche un peu, nous partons tout d'abord vers Chivay en bus, avec les vélos dans la soute, pour aller faire une...

Copacabana (Bol.) - Cusco (Pérou) - 623 km en vélo + 430 km en bus - Premiers kilomètres au Pérou

Randonnée dans le canyon de Colca


Après une courte nuit à Chivay, nous partons en bus vers le canyon à 4h du matin. Pourquoi si tôt? Parce que les condors prennent leur envol au lever du soleil et nous pouvons en voir une dizaine planer le long des falaises!

Ensuite, nous partons à pied vers le canyon, qui ressemble plus à une grande vallée. Après une descente éprouvante de 1 300m au fond du canyon, nous nous baladons à travers les villages profitant du climat favorable de la vallée.

Copacabana (Bol.) - Cusco (Pérou) - 623 km en vélo + 430 km en bus - Premiers kilomètres au Pérou

Certains de ces villages ne sont pas reliés à la route, c'est donc à dos de mule que tout est transporté. Nous bivouaquons sur un petit plateau, seuls au milieu des paysages grandioses. Malheureusement, le lendemain, il nous faut remonter, plus de 1000m de dénivelé.

Huggy les bons tuyaux


Cette fois, la pause est vraiment terminée. Après Aréquipa et la randonnée, nous reprenons enfin nos vélos. On sait que le trajet ne va pas être simple, nous allons devoir monter à plus de 4000m, et il n'y a pas beaucoup de village sur la route. Alors, nous avons fait nos provisions à Aréquipa, que nous complétons à Chivay. Nous sommes prêts!

La première partie est relativement simple : malgré le temps menaçant, le vent est favorable et nous roulons sur de l'asphalte. Ensuite, ça se corse : il nous faut continuer sur une piste. Mais en demandant confirmation du chemin, on nous conseille de prendre une autre route, plus empruntée et donc mieux entretenue. Comme nous n'avons pas préparé ce trajet, nous ne connaissons pas exactement les distances, ni le dénivelé. On suit tout de même ces conseils...

Le début de la piste est plutôt agréable, les montagnes sont sculptées et on monte tranquillement dans la vallée.

Copacabana (Bol.) - Cusco (Pérou) - 623 km en vélo + 430 km en bus - Premiers kilomètres au Pérou

Puis on bifurque vers notre première difficulté : un col à plus de 4 700m, que nous passerons rapidement à cause de la pluie/grèle et du froid!

Copacabana (Bol.) - Cusco (Pérou) - 623 km en vélo + 430 km en bus - Premiers kilomètres au Pérou
Copacabana (Bol.) - Cusco (Pérou) - 623 km en vélo + 430 km en bus - Premiers kilomètres au Pérou

La redescente sur une piste boueuse est sportive. Heureusement, nous maîtrisons les glissades. En revanche, en bas, toute la transmission est couverte de boue, il nous faudra 2 séances de nettoyage complet pour en venir à bout!

Le temps redevient clément. On croise des alpagas (plus touffus) à côté de lamas.

On profite des paysages et la nouvelle côte nous offre de beaux points de vue. Une ville apparaît en contrebas, mais pas sur la route principale. Nous avons besoin d'eau, et n'avons pas le courage de faire l'aller-retour.
"Il y a un village plus loin où nous pouvons récupérer de l'eau?"
"Oui, à 10 km, c'est de la descente pure."
Finalement, il faudra 30 km, en passant un col à 4 800m, avant d'arriver dans un village semi-abandonné où il n'y a pas d'eau courante mais une rivière à disposition... Allez, on ne fait pas les fines bouches!

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Notre route passe par Yauri/Espinar (on ne sait pas, les gens non plus, quel nom officiel a la ville...), grande ville dopée par la mine de cuivre toute proche. Avant d'y arriver, nous croisons 2 jeunes à qui nous demandons de l'eau. Ils nous disent que nous ne sommes qu'à 13 km de la ville, et que, plutôt que de suivre la route principale qui grimpe sur une grande colline, on peut suivre la petite route qui descend la vallée. Ils avaient au moins raison sur un point : en suivant la vallée, c'est plus facile. Mais, il nous faudra rouler 30 km pour y arriver... Décidément, les Péruviens ont du mal à donner des renseignements fiables!

En route vers Cusco


La pause à Yauri est courte, une seule nuit dans un hôtel avec douche chaude (le luxe!), et nous reprenons la route. Elle est presque asphaltée jusqu'à la route principale qui mène a Cusco, et surtout c'est de la bonne descente!

Nous ne sommes plus qu'à 120km de Cusco, et nous nous arrêtons dans l'un des nombreux sites incas que nous aurons l'occasion de visiter dans les jours à venir : Raqchi, avec son impressionnant vestige du temple de Viracocha. Les touristes sont déversés par cars entiers, on sent l'influence touristique de Cusco. Heureusement, nous arrivons tôt et pouvons profiter du lieu avec peu de monde au début. Nous nous baladons dans les vestiges d'entrepôts où les denrées excédentaires étaient stockées en prévision de périodes moins fastes. A côté se dresse les ruines d'un temple, dont le mur central mesure plus de 12m!

Copacabana (Bol.) - Cusco (Pérou) - 623 km en vélo + 430 km en bus - Premiers kilomètres au Pérou

Enfin, nous visitons plusieurs villages, dont la magnifique église de Andahuaylillas, peinte du mur au plafond. Malheureusement, interdiction de prendre des photos à l'intérieur. Seule consolation : la façade qui donne une petite idée des fresques intérieures :

Copacabana (Bol.) - Cusco (Pérou) - 623 km en vélo + 430 km en bus - Premiers kilomètres au Pérou

Ces visites nous laissent entrevoir la suite de notre séjour à Cusco : les ruines incas sont nombreuses, certaines bien conservées, mais aux "heures de pointe", on pourrait se croire à Disneyland, avec plein de touristes étrangers et les marchands d'artisanat à tous les coins de rue... Ça va nous changer de notre solitude montagnarde des jours précédents!

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Premières impressions du Pérou


En quelques jours, nous avons déjà traversé des régions différentes et pris nos marques au Pérou. Côté culinaire, on retrouve les grosses coupes de fruits frais dans les marché, et ça, c'est bien (mais juste en face des stands des abats...). On a testé l'Inka Cola (de la Coca-Cola Company!), ça ressemble à du guarana, à oublier. Il y a aussi le pain, avec une tête en terre cuite dedans, genre bonhomme de pain de d'épice. C'est la spécialité du moment (pour la Toussaint?).

On nous avait dit que, comme en Bolivie, on ne trouvait que du poulet et du riz à manger. Mais, encore une fois, les restaurants sont nombreux, pas cher, et on peut manger de tout! D'ailleurs, juste avant d'arriver à Cusco, on a pu tester le cochon d'inde... ça ressemble à du lapin et c'est surtout excellent grillé au four!

Copacabana (Bol.) - Cusco (Pérou) - 623 km en vélo + 430 km en bus - Premiers kilomètres au Pérou

Côté bivouac, grosse surprise : il faut éplucher le plastique des saucisses-knacki (on s'est fait avoir une fois, pas deux...)

Copacabana (Bol.) - Cusco (Pérou) - 623 km en vélo + 430 km en bus - Premiers kilomètres au Pérou

Les Péruviens sont curieux de notre voyage, on vient souvent nous parler. En revanche, leurs conseils et leurs indications ne sont pas toujours exacts. Et, nouveauté, on nous interpelle souvent comme "gringos", terme plutôt péjoratif pour désigner les étrangers. Alors, forcément, ça donne pas trop envie de parler... Ajoutez à cela les propriétaires de chiens qui regardent leurs champions nous courser, les crocs sortis, sans rien dire, et ça ne redore pas leur blason. Allez, on va dire que pour la suite du voyage, nos premières impressions vont être contredites!

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Au 04/09/2014 Au 04/09/2014
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