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7 mai 2014 3 07 /05 /mai /2014 15:07

La perle des Caraïbes

Cartagena de Indias - Paraguachón - 568km - Les Caraïbes sans les pirates

Nous passons quatre jours bien agréable à Cartagena. On se repose, on se baigne, on se balade dans les rues et sur les remparts. La ville est magnifique, bien conservée. Il y a peu d'immeubles modernes qui défigurent le coeur historique, entouré par les fortifications. Sans hésitation, la ville fait partie du patrimoine mondial.

Entre ses maisons coloniales, ses rues étroites et ses petites places ombragées, nous apprécions beaucoup. Enfin, il fait tout de même chaud. En arrivant, on fait comme à l'accoutumé notre tournée des hôtels pour comparer les services et les tarifs. Nous sommes à l'hôtel Londres, dans une petite chambre avec ventilateur. Oui la clim' c'était trop cher! Mais y'a une petite cuisine, alors on peut varier un peu nos repas.

Nous visitons le musée de l'or et celui de l'Inquisition. Tous deux donnent un bel aperçu de la vie avant et après l'arrivée des Espagnols. Enfin on casse le porte-monnaie pour visiter le fort San Felipe. Il protégait l'entrée terrestre de la ville contre notamment les pirates mais aussi les Anglais et les Français. Ne soyons pas trop chauvin, les troupes Françaises ont réussi à s'en emparer au XVIIe siècle. Car Cartagène était la plaque tournante du commerce colonial. L'or, les perles, le sucre partaient vers le vieux continent, tandis qu'arrivaient d'Afrique les esclaves. Le fameux commerce triangulaire. Une histoire peu glorieuse pour l'Europe, mais qui aura donné une population métissée, entre les Indiens d'Amérique, les Africains et les Européens. C'est l'autre richesse de cette région de Colombie. Mais pour nous ça complique les choses, car on nous parle Créole Espagnol, ou en je ne sais quoi, bref on a l'impression de régresser. Pour se rassurer (ou pas...), les Colombiens du sud ne comprennent pas mieux ceux du nord!

Cartagena de Indias - Paraguachón - 568km - Les Caraïbes sans les pirates
Cartagena de Indias - Paraguachón - 568km - Les Caraïbes sans les piratesCartagena de Indias - Paraguachón - 568km - Les Caraïbes sans les piratesCartagena de Indias - Paraguachón - 568km - Les Caraïbes sans les pirates

Sous les cocotiers

Nous quittons Cartagena comme nous l'avons trouvé, sous un soleil de plomb. Au loin, l'orage gronde. La route nous permet de suivre plus ou moins la côte. Encore une fois sur la carte on a l'impression que la route passe au bord de la mer, que nenni! Elle est parfois à plusieurs kilomètres. Le pire c'est qu'il n'y a quasiment aucun accès et souvent les terrains sont privatisés. Mais notre bonne étoile veille et plusieurs soirs nous arrivons à bivouaquer sur la plage et sous les cocotiers. Quel pied! D'une part on peut se baigner et accesoirement se rafraîchir et se laver. Enfin les paysages sont grandioses:

Cartagena de Indias - Paraguachón - 568km - Les Caraïbes sans les piratesCartagena de Indias - Paraguachón - 568km - Les Caraïbes sans les piratesCartagena de Indias - Paraguachón - 568km - Les Caraïbes sans les pirates

Bon on sait, ça fait rêver cette mer turquoise. Mais y'a des dangers, entre les noix de coco qui tombent et surtout les mouches vampires, tout n'est pas si idylique.

Sur le parcours

Cartagena de Indias - Paraguachón - 568km - Les Caraïbes sans les pirates



Nous passons seulement quelques heures à Barranquilla, grosse ville industrielle et grand port du pays. On y visite dans un vacarme infernal le musée des Caraïbes. Pourquoi autant de bruit? C'est gratuit pour les enfants et ils courrent, ils crient, ils touchent à tout, bref des petits Colombiens!


Pour sortir de la ville on franchit pour la dernière fois le fleuve Magdalena, veritable colonne vertébrale du pays. On l'aura traversé 4 fois en vélo et 3 fois en bateau!


Cartagena de Indias - Paraguachón - 568km - Les Caraïbes sans les pirates


Nous passons la nuit une nouvelle fois sur la plage. En fait nous sommes entre l'océan et l'étang de Santa Marta. C'est une vaste étendue d'eau, où l'on peut voir des oiseaux mais aussi des maisons sur pilotis.

Cartagena de Indias - Paraguachón - 568km - Les Caraïbes sans les pirates

Nous arrivons ensuite à Santa Marta, grosse destination touristique. Nous sommes accueillis chez Betsy. Elle a une belle maison et comme elle vit toute seule, elle a surtout une grosse réserve d'eau. Car ça fait 10 mois qu'il n'a pas plu et le service d'eau ne fonctionne plus. Elle possède donc une citerne mais sa pompe est cassée. Il faut donc puiser l'eau avec un sceau. Incroyable ce contraste entre un superbe pavillon et le fait d'aller chercher l'eau comme au début du siècle. Mais bon on est content de la rencontrer et d'avoir une chambre avec ventilateur.

Cartagena de Indias - Paraguachón - 568km - Les Caraïbes sans les pirates

Nous profitons de notre journée de repos pour aller se baigner dans la baie de Taganga. C'est un petit village de pêcheur qui en semaine paraît paisible. L'après-midi on se consacre à la visite de Santa Marta. C'est vite fait la ville n'a pas beaucoup d'intérêts, ou alors on n'a pas trouvé. En fait Santa Marta est le point de départ pour le Parc National de Tayrona. Mais comme l'accès n'est possible qu'à pied et surtout qu'il faut payer une grosse somme, on laisse tomber et on préfère allez sur des plages moins belles, mais vides!

Cartagena de Indias - Paraguachón - 568km - Les Caraïbes sans les pirates


Bon on est un peu dur. On a quand même beaucoup apprécié la visite de la "ferme résidence" où est mort Bolivar. Sacré type tout de même. Il a lutté pour l'indépendance de l'Amérique du sud, avec ses victoires le Venezuela, la Colombie, l'Equateur, le Pérou et... la Bolivie (qui lui doit son nom) sont devenus des pays indépendants. Alors que son rêve de pays unifiés sous le même drapeau tombe à l'eau, il se retire de la vie publique et meurt quelques mois plus tard à Santa Marta. Enfin c'est pas si simple, pour ceux qui veulent en savoir plus y'a wikipédia!

Dernières heures en Colombie

Cartagena de Indias - Paraguachón - 568km - Les Caraïbes sans les pirates

Sur la route on croise un Allemand, qui arrive du Vénézuela en vélo. Il est ultra chargé et c'est son 4e jour de voyage. Comme d'habitude on échange au bord de la route nos expériences respectives.

Ensuite nous passons la matinée dans la réserve des Flamands roses. Bon comme c'est la sécheresse et que les lagunes sont à sec ils sont presque tous partis... Sauf 5! Pas trop farouches, ils se laissent photografier! Ils sont quand même moins fluos qu'aux Galapagos!

Cartagena de Indias - Paraguachón - 568km - Les Caraïbes sans les pirates

Nous consacrons nos derniers jours en Colombie à se reposer, à la préparation du parcours au Vénézuela, à la baignade et la visite de Riohacha.


Sur la route le paysage devient monotone: cactus, broussailles, épines, chèvres et vaches. On se demande comment ces dernières font pour survivre. Ah on a la réponse! On a vu une vache mâcher un sac plastique! Pfff oui les bords de route sont toujours aussi dégueulasses. A quoi ça sert de trier nos déchets finalement, quand une partie de la planète n'en a rien à faire?

Belle chute!

Cartagena de Indias - Paraguachón - 568km - Les Caraïbes sans les pirates

Sur la dernière étape, la route est droite et plate. Mais on lutte pour avancer face au vent, qui tout de même fait office de ventilateur. Bizarrement certains locaux roulent en vélo à contresens. C'est assez destabilisant. Bibou s'est arrêté pour en laisser passer un et moi je n'ai rien vu, j'ai continué et j'ai percuté son vélo. Ni une ni deux je poursuis sur le bas côté et je suis amorti par les graviers et non les cactus. Bref plus de peur que de mal, je m'en sors avec des égratignures. Bibou lui a son garde-boue tordu. Mais bon on nettoie ma plaie et on repart énervé et vexé d'un accident si bête!


On passe notre dernière nuit à Maicao, grande ville marchande à quelques kilomètres de la frontière. On tente d'y dépenser nos derniers pesos, mais à part des babioles et des fringues, ils vendent pas grand chose d'intéressant pour nous.

Venezuela nous voilà!

Quoi de mieux pour fêter notre 600e jour en Amérique du sud que d'achever la Colombie et d'arriver au Venezuela! La situation y est a priori moins simple qu'en Colombie. C'est la première fois qu'on se met autant la pression en arrivant dans un pays. Avec toutes les recommandations des Vénézueliens et les infos qu'on a pu voir sur le pays avant d'arriver, on ne sait pas vraiment dans quoi on met les pieds... Mais il y a beaucoup de choses à voir et à découvrir, et notre mode de voyage nous a souvent permis d'être bien accueilli. En tout cas, on ne pourra pas dire qu'on n'était pas prévenu. Et donc il n'y a plus qu'un seul risque : qu'on soit agréablement surpris par le pays. Premier objectif: Maracaibo!

L'album complet est disponible au lien suivant :

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24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 00:11

Nous quittons Villa de Leyva sous le soleil. La route sinue dans la vallée, avec quelques belles montées. Puis nous entamons un de nos derniers cols colombiens. Nous grimpons à 2600m afin de traverser la Cordillière orientale. De l'autre côté nous attend la vallée du fleuve Magdalena. Nous sommes stoppés par un orage, qui laisse derrière lui son arc en ciel et ses nuages de vapeur.

Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap

Pendant la traversée de la Cordillière, nous découvrons un panneau qui nous laisse tout d'abord perplexe et qui prend finalement tout son sens :

Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap

Ce qui signifie : "La route asphaltée se tranforme en piste" ou "Oh! On n'a toujours pas réparé ce bout de route" ou "Oui, on a fait la route en pointillé, 500m d'asphalte, 500m de graviers". La réputation de la DDE colombienne continue sur sa bonne lancée...

Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap

Plus nous descendons, plus la chaleur se fait sentir. Le changement est rude. Autant on trouve toujours des astuces pour se réchauffer, autant contre la chaleur on est souvent démunis. On a lu, une fois, qu'il fallait mettre des oignons dans ses poches... Quelqu'un a essayé? On n'a pas osé, l'odeur doit quand même coller au corps... Sinon, y'a la technique "bufle":

Heureusement, nous arrivons sur une partie plutôt plane. La chaleur est compensé par notre vitesse qui nous aère. A l'approche de Barrancabermeja (encore une ville avec un nom impossible), nous longeons des champs pétrolifères. C'est l'activité principale de la région et la ville a d'ailleurs été crée pour soutenir celle-ci.

Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de capVilla de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap
Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap

Notons tout de même le culot de l'entreprise Ecopetrol (Eco pour écologique? économique?) avec son slogan "L'énergie du futur"!

Depuis Barrancabermeja, nous changeons de moyen de transport : nous chargeons les vélos sur un bateau et descendons le fleuve Magdalena pendant 6 heures. Comme on n'a pas pu trouver de restaurants décents dans la ville, ça fera office de cadeau d'anniversaire pour Bibou! On croise d'énormes barges à pétrole, des petits bateaux, des ferrys, des canoës de pécheurs...

Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap
Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de capVilla de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap
Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap

Le bateau dessert des villes et villages peu accessibles par d'autres moyens de transport. Il nous dépose à El Banco, où nous reprenons les vélos. Là encore, la route commence en pointillé, puis continue en piste. Comme il n'a pas plu depuis longtemps, les voitures, les bus et les camions soulèvent des nuages de poussière qui nous font suffoquer et nous repeignent. Mais... Il n'a pas plu depuis longtemps? Ne vous inquiétez pas, partout où on passe, le temps change... Ça n'y coupe pas : le soir, le grain se lève, les éclairs se rapprochent et on se prend des cordes alors qu'on venait juste de finir de manger! Le lendemain, on apprendra que ça faisait 1 an qu'il n'avait pas autant plu... La piste reste heureusement praticable, on arrive à éviter les trous de boue.

Après avoir traversé le fleuve sur un pont flambant neuf, nous retrouvons (presque) l'asphalte jusqu'à Santa Cruz de Mompox. Mompox, pour les intimes. Après s'être développée jusqu'au XIXème siècle, la ville s'est endormie lorsque le bras du fleuve le long duquel elle est construite s'est ensablé et n'a plus permis la navigation des gros bateaux. L'architecture d'alors a été conservée et son rythme de vie a, paraît-il, peu changée.

Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap
Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap
Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap
Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap

Bon, pour le rythme de vie, on va dire que notre guide est un peu périmé : la ville est sillonée par une horde de motos, klaxonnant, ne respectant pas les piétons. C'est un bruit infernal et continu du matin au soir. Mais... oui, nous avons eu la chance d'arriver pendant la Semaine Sainte. Alors que le mercredi soir nous assistons à une sorte de Toussaint à la bougie dans le cimetière, le jeudi toutes les rues sont fermées à la circulation pour la procession du soir. Le piéton est roi. Il peut traverser sans peur. Et profiter de la ville dans un calme absolu. Une fois dans l'année.

Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap
Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap

La procession du Jeudi Saint est très réputée à Mompox. Elle attire beaucoup de monde. Cette année encore, a priori, la foule est au rendez-vous. Et nous aussi.

La procession en elle-même ne restera pas gravée dans nos mémoires. Les scènes du chemin de croix sont simples, la procession avance à un rythme d'escargot, les porteurs se relaient, discutent sur le chemin, ça pousse, ça crie. Au bout d'une heure, comme les porteurs sont fatigués, alors que seules 3 ou 4 scènes sont passés, c'est la pause, la procession s'arrête, tout le monde va chercher son sandwich et sa boisson fraîche. On n'aura pas le courage de rester pour le deuxème acte. Mais bon, on connait déjà la fin de l'histoire, il finit clouté...

On retiendra également que Mompox a été utilisé comme décor pour le film adapté du livre "Chronique d'une mort annoncée", de Gabriel Garcia Marques. Cet écrivain colombien, mort la semaine dernière au Mexique, a été très prolifique et a reçu le Prix Nobel de littérature en 1982. Son plus grand succès, "100 ans de solitude", se déroule également dans le nord de la Colombie, sa région natale. Nous passerons tout près et ce sera peut-être l'occasion de le lire (si on le trouve...).

Le lendemain, on quitte Mompox, sans oublier d'acheter nos 6 litres d'eau en sachet. Oui, l'eau n'est pas potable depuis qu'on a quitté les montagnes. Mais ça semble normal pour les gens d'ici.

On emmène avec nous la chaleur et les odeurs de déchets et d'égouts. Le traitement des ordures ménagères non plus ne semble pas non plus une priorité. Mais ça semble normal pour les gens d'ici.

Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap

Aprés une traversée folklorique en bac (horaires inconnus, camion ne pouvant pas sortir à cause de la pente trop prononcée...), nous continuons vers le nord. Il fait toujours aussi chaud. 28°C le matin quand nous partons, et peut-être 10°C de plus dans la journée... Les pauses sont nombreuses et dès qu'on trouve une boisson fraîche, c'est un vrai plaisir!

Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap

Nous roulons au nord. Toujours plus au nord. Et soudain, nous sommes arrêtés dans notre élan. La mer des Caraïbes est face à nous. En février 2013, nous quittions Ushuaia. 1 an et 2 mois plus tard, nous avons avons traversé l'Amérique du Sud du sud au nord. Dingue ce qu'on peut faire à vélo. Maintenant, ce sera cap à l'Est, jusqu'à la Guyane!

Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap

Nous profitons de la mer sur la presqu'île de Baru, réputée pour ses plages paradisiaques. On se baigne dans une eau turquoise, le sable est blanc et les prix sont touristiques!

Mais attention, ne regardez surtout pas l'envers du décor! Ce genre de videos n'arrive pas en premier dans les résultats Google pour l'Isla Baru:

Mais bon, ça semble normal de marcher sur une plage jonchée de déchets, dont une partie brûle à l'arrière des paillottes avec les vaches...

Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap

Nous bivouaquons sur la plage. La nuit, qui avait bien commencée, est interrompue à 4 heures du matin par les moustiques et les petites mouches suceuses de sang. Et pour le petit déjeuner, nous sommes accompagnés par une bonne centaine de mouches... Merci la décharge de la plage!

Nous repartons ensuite vers Cartagena, proche de l'île. Nous traversons la zone industrielle, la zone portuaire puis la banlieue. Nous continuons avec un autre cap : le 25 000ème km!

Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap

Nous sommes maintenant à Cartagène pour quelques jours, le temps de visiter, de réparer et de se reposer.

L'album complet est disponible au lien suivant :

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12 avril 2014 6 12 /04 /avril /2014 20:23

Quand on arrive en ville

Bogota - Villa de Leyva - 288km

C'est toujours un peu stressant les arrivées dans une grande ville. On débarque à Bogota en pleine semaine et il s'agit d'une ville qui compte plus de 7 millions d'habitants. Mais lorsque c'est congestioné, avec nos vélos on se faufille pendant que les automobilistes font du surplace!


Mais dîtes, Bogota, c'est la 9ème capitale du voyage et surtout l'avant dernière grande capitale avant Caracas et la fin du voyage. Papas, mamans ça commence à sentir la fin!

(Santa Fe de) Bogota, Capitale de la Nouvelle-Grenade
 

Parcourir les rues du coeur historique de Bogota, c'est partir sur les traces du passé. Les rues sont étroites, les maisons colorées, les porches cachent de beaux cloîtres et les églises exhibent leurs richesses. Ces 4 jours à visiter la ville nous ont enchantés. Que de musées, de monuments et de perspectives pour apprécier cette ancienne capitale coloniale et surtout mieux connaître l'Histoire du pays.

Voici un petit aperçu des monuments:

Bogota - Villa de Leyva - 288kmBogota - Villa de Leyva - 288km
Bogota - Villa de Leyva - 288km
Bogota - Villa de Leyva - 288kmBogota - Villa de Leyva - 288km
Bogota - Villa de Leyva - 288km

Parmi les musées, notons l'extraordinaire collection léguée par Botero au musée de la Banque Centrale. Voilà des mois que nous n'avions pas vu de Renoir, Pissarro, Ernst, ... Sans compter les oeuvres du maître, toutes en rondeurs et pleines d'humour.

Bogota - Villa de Leyva - 288km

L'autre incontournable, c'est le musée de l'or. On aurait fini par croire que les Conquistadors avaient tout raflé et expédié en Europe. Mais heureusement il reste de belles pièces et on en apprend davantage sur les peuples indigènes.

Prendre de la hauteur

Rien de tel qu'une ascension à Montserrate pour apprécier l'étendue de la ville. Bon on a pris le téléphérique pour monter et les 2000 marches pour descendre. Mais de là-haut la vue est grandiose.

(Sainte Pollution de) Bogota, Capitale de la Modernité
 

Bogota - Villa de Leyva - 288km

Quand on vous dit que c'est congestioné, c'est pas pour rire. On a bien profité des pistes cyclables lorsqu'elles étaient logiques, mais à la fin de la journée la gorge gratte.
En revanche le quartier moderne nous a aussi beaucoup plu. Pas de beaux édifices comme à Medellin, mais des immeubles sympas. Dont une tour écran géant la nuit:

Bogota - Villa de Leyva - 288km

On s'est même payé le luxe d'aller réclamer des guides touristiques au 18ème étage du Ministère du Tourisme. C'était un peu Astérix et les 12 travaux, mais on a tout de même réussi à avoir nos guides!

Le dimanche la ville vit à un autre rythme, les rues sont cette fois envahies par les gens et les vélos. On retrouve toutes sortes de vendeurs: glaces, obleas (on vous fourre une gaufrette selon l'envie), graines pour pigeons, parapluies, antennes, jus de canne, saucisses, cigarettes et toujours les minutos pour appeler sur un mobile. Sans compter les fausses statues (Robocop, chef indigène), le faux Mickael Jackson qui animent les coins de rues. Vraiment une capitale vivante et qui mérite d'y passer du temps.

Bogota - Villa de Leyva - 288kmBogota - Villa de Leyva - 288km
Bogota - Villa de Leyva - 288kmBogota - Villa de Leyva - 288km

Les Bogotins? Euh les habitants de Bogota

Bogota - Villa de Leyva - 288km

Pour profiter au mieux de notre séjour, nous logeons chez des gens adorables. Tout d'abord dans la famille de Javier. Lui est étudiant et comme nous, il aime voyager à vélo. Enfin nous finissons le séjour chez Cristina et Oscar, profs d'art plastique et de musique. Encore une fois on kidnappe leur cuisine pour le plaisir des papilles! Nos habituels Pancakes, un boeuf Stroganoff et des paupiettes de poulets qui font le régal de nos hôtes.

Bogota - Villa de Leyva - 288km
Bogota - Villa de Leyva - 288km

Enfin parlons d'Anita. Elle nous a rendu un sacré service. Puisque Tetef devait recevoir sa nouvelle carte bancaire. Elle a receptionné le colis et l'a gardé précieusement jusqu'à notre arrivée. Anita est la tante de Samy que nous avions croisée avec son copain Vincent à la Paz en Bolivie. Comme quoi la solidarité entre cyclos permet de se simplifier la vie.
Samy et Vincent font un tour du monde en vélo et à présent ils doivent être au Vietnam. Bon ils préfèrent plus mettre leur vélo dans un avion, un bateau ou un bus que de pédaler! (J'écris ça juste pour voir ce qu'ils vont dire dans les commentaires!!!). En tout cas merci beaucoup les Belges! Blog : http://etsionpartait.be/

Mine, religion et sel...

Nous quittons Bogota par les pistes cyclables. Quel plaisir d'éviter ainsi l'autoroute et les bouchons. Nous faisons pratiquement 20 km en dehors du trafic. Bon tout à une fin, on se retrouve ensuite sur une voie rapide sans bande sur le côté. Mais quelques kilomètres après il y a une piste qui cette fois nous mène jusqu'à Zipaquira.

Bogota - Villa de Leyva - 288kmBogota - Villa de Leyva - 288km
Bogota - Villa de Leyva - 288kmBogota - Villa de Leyva - 288km
Bogota - Villa de Leyva - 288km

Cette ville est connue pour accueillir une mine de sel. Eh oui, il y a plus de 200 milions d'années, ici c'était la mer. Le temps et le soulèvement des Andes ont emprisonné le sel sous la montagne. Depuis toujours l'homme y extrait l'exhausteur de goût.

Mais les mineurs colombiens sont aussi de fervents croyants. Ils ont donc transformé une partie de la mine en... cathédrale. Celle-ci se trouve dans les tréfonds de la terre, litéralement sculptée dans la roche. Donc lors de la visite, on peut voir une multitude de croix en sel, des plafonds en sel, des pries dieux en sel. Le tout mis en valeur par de beaux éclairages.

Bogota - Villa de Leyva - 288km
Bogota - Villa de Leyva - 288km

A Zipaquira, nous sommes hébergés chez Carlos. L'année prochaine, il envisage de partir faire le tour de l'Amerique du Sud en vélo... Quelle idée?! Pour remercier la famille, on prépare nos blinis accompagnés de guacamole, rillette de thon, poivron mariné, tzatziki et gateau au chocolat! On perd pas la main : c'est un diner (presque) parfait!

Fossiles, pavés et héroïsmes

Bogota - Villa de Leyva - 288km

Cette étape prend fin à Villa de Leyva. Charmante ville coloniale, pleine de charme, de vielles pierres et d'histoires.
Tout d'abord retournons au Crétacé... Encore une fois, ici c'était la mer, et y'avait d'énormes bestioles qui chassaient dans le coin. On a pu voir un fossile tres bien conservé de ce dino aquatique.

Ensuite la ville conserve des rues, des maisons et églises de style colonial. Gros pavés, murs blancs, toitures en tuiles. Un vrai décor de cinéma qui évolue au cours des heures.

Bogota - Villa de Leyva - 288kmBogota - Villa de Leyva - 288kmBogota - Villa de Leyva - 288km
Bogota - Villa de Leyva - 288kmBogota - Villa de Leyva - 288kmBogota - Villa de Leyva - 288km
Bogota - Villa de Leyva - 288km

Enfin nous avons pu y connaître davantage deux personnages historiques:

- Nariño qui y est mort, connu pour avoir insuflé l'Indépendance colombienne, notamment en ayant traduit en espagnol la Déclaration des Droits de l'Homme (Merci la France)


- Ricaurte qui y est né, connu pour avoir soufflé les Espagnols. Oui il s'est fait sauter avec les munitions tuant beaucoup d'Espagnols et permetant ainsi à Bolivar de gagner une bataille et finalement l'Indépendance du Vénézuela.

Diffuseur de joie

Bogota - Villa de Leyva - 288km

Au cours de cette étape, malgré pas mal de camions sur certaines portions, nous apprécions les paysages qui changent régulièrement : eucalyptus, prairies verdoyantes, vaches laitières, oliviers, pins,... Un mélange de Suisse et de Provence selon les vallées. Un jour, on croise Alvaro en vélo avec sa compagne. Lorsqu'il nous donne sa carte, Tetef se souvient l'avoir vu. Et pour cause voilà 10 ans qu'il est sur les routes. Comme nous il est passé à la casa de cyclista de Lucho à Trujillo. (Maman on t'a déjà expliqué qu'il faut prononcer "Trouriyo"). Bref, il avait signé le livre d'or.
Mais que fait-il sur les routes depuis 10 ans? Et bien il diffuse la joie et le rire autour de lui. Car Alvaro est le biciclown! Il fait des spectacles. Voici son site:


Nous n'avons pas pu voir son nez rouge. Mais à nous aussi, il nous a rendu heureux! En effet il arrive du Vénézuela et il en est ravi. Il nous rassure en disant que la situation est meilleure et que là-bas les gens sont très sympatiques. Quel soulagement, car avec les manifs et les autres échos que nous avions eus on commencait à s'inquiéter. Car oui dans un mois le visa expire et on sera là-bas. Donc on accélère le mouvement pour profiter des nombreuses richesses qui nous attendent encore. Direction Mompox sur le rio Magdalena puis la côte Caraïbe!

Pour voir les photos, cliquez sur l'album suivant:

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2 avril 2014 3 02 /04 /avril /2014 20:13

Nous laissons les vélos à Pereira et prenons un bus pour Medellin. Encore une fois, c'est toute une aventure. Entre la pause déjeuner du chauffeur, les montagnes, les virages et les travaux, il faudra 6h30 pour atteindre Medellin, distante de 225km seulement de Pereira...

Mais nous y sommes enfin et profitons de quelques jours pour découvrir la ville. Medellin, c'est tout d'abord la ville de Botero, peintre-sculpteur qui a laissé son empreinte dans sa ville natale. Ses personnages tout en formes ont un côté enfantin, sensuel ou grotesque selon les cas.

Pereira - Bogota - 370 km - De la Cordillière centrale à la Cordillière orientale
Pereira - Bogota - 370 km - De la Cordillière centrale à la Cordillière orientalePereira - Bogota - 370 km - De la Cordillière centrale à la Cordillière orientale

L'architecture moderne ajoute au dynamisme de la ville. Depuis les années 80, la construction de ces grands édifices doit s'accompagner d'une valorisation artistique. On trouve donc régulièrement lors de nos balades des statues, scuptures ou fresques dans les rues. De plus, de nombreux parcs sont présents dans la ville. Lors d'une de nos balades, on est même arrivés dans le parc des "pieds déchaussés", où nous avons fait une pause, à l'ombre, à se rafraîchir les pieds!

Pereira - Bogota - 370 km - De la Cordillière centrale à la Cordillière orientale

Enfin, de nombreux projets ambitieux ont renoué le lien avec des quartiers défavorisés : grandes bibliothèques, terrains de sport ou lieux de culture. L'emblème de ce renouveau reste peut-être le téléphérique construit pour relier des quartiers très peu accessibles, à flanc de montagne. Et en prime, la vue depuis les hauteurs sur la ville est magnifique!

Pereira - Bogota - 370 km - De la Cordillière centrale à la Cordillière orientale

La découverte de la ville n'aurait pas eu la même saveur sans les rencontres que nous y avons faites. Nous avons été en effet hébergés tout d'abord chez Alejo, un étudiant, lui-même voyageur à vélo. Il est parti de Pasto, au sud de la Colombie, où nous sommes passés, jusqu'en Equateur. Nous avons retrouvé la vie étudiante, maintenant lointaine, avec les sorties bar, la cuisine simple et les devoirs de dernière minute... Vie étudiante un peu différente de celle en France, mais qui donne envie de reprendre des études!

Puis Elizabeth et Sofia nous ont accueillis lors d'un week-end prolongé. Nous avons passé pas mal de temps en cuisine et à table. Et pour digérer, nous avons passé une après-midi à faire des tests, des épreuves, des expériences et des découvertes au parc Explora.

Pereira - Bogota - 370 km - De la Cordillière centrale à la Cordillière orientale
Pereira - Bogota - 370 km - De la Cordillière centrale à la Cordillière orientale
Pereira - Bogota - 370 km - De la Cordillière centrale à la Cordillière orientale

La visite de l'aquarium nous a laissé bouche bée devant les grandes vitres.

Depuis leur appartement (au 10ème étage sur une colline...), nous avons eu en plus un magnifique point de vue sur la ville, encore plus grandiose de nuit.

Pereira - Bogota - 370 km - De la Cordillière centrale à la Cordillière orientale

Elizabeth a déjà passé quelques jours en France et s'est fait 2 très bons amis là-bas : Nicolas (le caviste) et Paul (le boulanger)!

Avant de les quitter, elles nous ont offerts 2 T-Shirt Medellin avant notre départ. On sera bien visible sur la route!

Pereira - Bogota - 370 km - De la Cordillière centrale à la Cordillière orientale

Malgré tous les projets qui ont transformé Medellin, la ville garde encore une mauvaise image. La délinquance semble être encore présente, on nous a quasiment interdit de visiter le centre ville de nuit. Et pourtant cette ville a de nombreux atouts pour attirer les touristes!

Pereira - Bogota - 370 km - De la Cordillière centrale à la Cordillière orientale

Poisson d'avril!
Oui, bon, c'était évidement très gros, mais notre dernier article était un faux. Facile de jouer sur les clichés de la Colombie, sur l'image des cartels qui collent à Medellin et sur les Drogas/Droguerias qui sont en fait des pharmacies. Avec un peu de farine qui restait au fond d'une sacoche, la fameuse paille-café, un tendeur et une aiguille, on s'est amusé à faire ces quelques photos!

Reprise sans ménagement
La parenthèse sans les vélos est terminée. Nous rentrons à Pereira, de nouveau 6h30 dont 1 heure d'attente parce que notre bus est tombé en panne... Nous passons une dernière soirée avec Humberto et Cesar, avec qui nous aurons beaucoup discuté!

Pereira - Bogota - 370 km - De la Cordillière centrale à la Cordillière orientale
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Nous reprenons la route le lendemain, avec une surprise dans la première montée : un tunnel "hélicoïdal". Alors, comme ils ont pas trop la place pour construire la route, ils font une spirale avec un tunnel qui passe SOUS la colline puis qui sort en pont pour passer SUR la colline. Malins!

Nous traversons de nouveau des champs de café/bananiers. Et nous entamons enfin la vraie montagne : de la vallée à 1200m, nous grimpons jusqu'à 4100m en pleine Cordillière centrale. On choisit une petite route peu empruntée, quasiment sans circulation, et avec l'intérêt de passer à côté du volcan del Ruiz. On n'a jamais de chance avec les volcans, ils sont toujours dans les nuages quand on les approche. Et là, rebelotte! Après avoir grimpé avec un temps magnifique, mais sans voir le volcan parce qu'il était caché par d'autres montagnes, en arrivant au pied, les nuages sont là, le recouvrant complètement...

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Mais cette fois, finie la poisse, on feinte! On se cache dans une maison abandonnée, on y passe la nuit (très mauvaise à cause des bruits bizarres type Blair Witch) et le lendemain matin, au lever du soleil, alors qu'il croyait qu'on était parti, on découvre enfin le volcan sans aucun nuage!

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A 4000m, les levers et couchers de soleil sont juste incroyables, avec des couleurs de feu, embrasant les nuages accrochés dans les vallées.

Pereira - Bogota - 370 km - De la Cordillière centrale à la Cordillière orientale
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Ce petit détour valait l'effort. C'était en plus peut-être notre dernière nuit à 4000m, on ne devrait plus atteindre de tels sommets pour la suite du voyage.

Lorsque nous repartons, les nuages reviennent et nous enveloppent. Nous ne voyons plus le paysage, et à peine la piste. Toute la matinée nous contournons le volcan sans rien voir. Puis à midi, le temps se découvre et nous apercevons alors les neige éternelles et les glaciers de l'autre côté du volcan.

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La suite de la descente est difficile : la piste est défoncée, pleine de trous et de cailloux. Le dos de Tetef en prend un coup. Et moi, je ne supporte pas de ne pas avancer alors que ce devrait être simple...

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Mais finalement l'asphalte revient. Enfin... de l'asphalte colombien : parfois la route se transforme en piste sur 30m, parfois il n'y a plus qu'une voie parce que l'autre s'est effondrée dans le précipice, parfois il y a des trous ou des soulèvements de terrains...

Au fur et à mesure de la descente, on retrouve la chaleur. A 230m d'altitude, c'est même étouffant. Heureusement la descente ne nous demande pas trop d'effort, et l'air nous rafraîchit. Mais toutes les bonnes choses ont une fin : nous arrivons sur le pont qui traverse le "petit" fleuve Magdalena et nous découvrons la difficulté suivant : la Cordillière orientale!

Pereira - Bogota - 370 km - De la Cordillière centrale à la Cordillière orientale
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La première partie de la montée est difficile à cause de la chaleur. Mais dès que nous dépassons les 1000m d'altitude, on retrouve un peu de fraîcheur. Notons un événement majeur : un petit morceau de métal aura eu raison de la succession de 4 mois sans crevaison pour moi. La dernière remontait à fin novembre au Pérou...

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La route est toujours très calme, avec peu de trafic. Nous continuons de monter tranquillement, ce n'est pas toujours très facile, mais, sans trafic, on n'a pas besoin de contrôler tout le temps notre rétro et on profite du paysage.

Hospitalité à géométrie variable
Pendant cette étape, nous avons souvent demandé un endroit pour mettre la tente au sec, les nuages étant plutôt menaçants. On s'est donc retrouvé derrière un restaurant avec un café offert, dans une serre et dans une carrière. Ce dernier endroit mérite un peu plus d'explications, puisque la "négociation" a été inédite. Après avoir demandé à Pipa, le gardien de la carrière, si nous pouvions installer la tente sur le terrain pour la nuit, il nous dit qu'il a besoin simplement de demander l'autorisation. Nous pensons qu'il téléphone au propriétaire. Mais en fait, quelques minutes plus tard, nous voyons arriver 2 policiers. Ils nous denandent nos papiers, nous interrogent sur notre voyage, vérifient nos tampons d'entrée dans le pays, c'est une sorte d'enquête de moralité. Finalement, les policiers disent que tout va bien. C'était tellement incongru qu'on a failli partir, ne se sentant pas du tout bien dans cet endroit. Mais, une fois l'affaire finie, Pipa nous ouvre grands les portes : on peut s'installer sur une belle pelouse, on a bien sûr accès à la cuisine et à la salle de bain, et si on a trop froid dans la nuit, on peut même s'installer dans la pièce inutilisée où il y a 2 lits... On se souviendra longtemps de Pipa et de ce bivouac!

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En équipe!
Depuis notre arrivée en Colombie, on croise toujours beaucoup de cyclistes de route. Cette étape ne déroge pas à la règle. Ils sont souvent plus rapides que nous, surtout en côte avec tout notre chargement. Mais lorsque nous passons à Guayabal, nous croisons Hector qui décide de nous accompagner dans la côte pendant 1h30. C'est à la fois bizarre de rouler à 3 et motivant en même temps. Lors des pauses, il nous fait découvrir les alentours et nous explique qu'on peut même voir le volcan del Ruiz, de l'autre côté de la vallée à une bonne centaine de kilomètres, quand il fait beau. Evidemment, le temps brumeux ne nous donnera pas cette chance... Mais ce petit bout de chemin avec lui était sympathique!

Pereira - Bogota - 370 km - De la Cordillière centrale à la Cordillière orientale

Dernière ligne droite
On s'en approchait, mais ça paraissait loin. Les petites routes qu'on avait choisies étaient calmes. Mais lorsqu'on arrive au croisement avec la route principale, plus de doute : nous avons Bogota en ligne de mire! Une dernière côte en plein trafic, et nous arrivons sur le plateau de l'agglomération grouillante...

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Et c'est à l'approche de Bogota que nous faisons notre 24 000ème kilomètre!

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La circulation est infernale, les bus nous coupent devant et s'arrêtent tous les 20m, la pollution et la poussière nous font regretter nos jours précédents, sans oublier évidemment la route qui est en mauvais état par endroit... Mais tout se fait. On arrive finalement au coeur de Bogota, chez Javier qui va nous héberger quelques jours. Un peu de repos et surtout beaucoup de choses à découvrir dans cette 9ème capitale de notre voyage!

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L'album complet est disponible au lien suivant :

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22 mars 2014 6 22 /03 /mars /2014 13:11

Vous prendrez bien une tasse d'un nouvel article? Surtout que ces jours-ci nous pédalons au cœur de la région du café en Colombie. Mais comme notre voyage, il y a mille façons d'apprécier le breuvage.

Du café au saloon...

Après Neiva, nous partons à la découverte d'un paysage singulier, le Désert de la Tatacoa. Bon, désert, c'est vite dit, encore une fois on a le droit à un peu de pluie et franchement c'est vert pour un désert. Mais on a beaucoup aimé marcher dans les differentes concrétions rocheuses. Le sable gris, les terres rouges et ocres, autant de couleurs qui ont été sculptées par les eaux et le vent. Mais il est où le train de la mine?

Neiva - Pereira 546km - J'aime ta couleur café!Neiva - Pereira 546km - J'aime ta couleur café!Neiva - Pereira 546km - J'aime ta couleur café!

Pour vous prouver que ce désert n'est pas sec, on a même pris le temps de se baigner dans une piscine. Comme on a beaucoup aimé, on a recommencé le soir à l'hôtel!

Pour quitter ce coin atypique de Colombie, on traverse en barque le "petit fleuve" Magdalena... Les berges sont grignotées par les eaux, pas facile de passer en velo... Y'en a un qui a bien failli boire la tasse!

Mais tout de même, ces jours-ci entre les averses on a eu chaud. Le soir on met la moustiquaire et on dort en dessous. Parfois ça marche, parfois il faut se réfugier en pleine nuit sous la tente car l'orage passe près!

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Prendre un café en famille

Nous poursuivons la route vers Ibagué. Ça vous dit rien, mais pour nous ça signifie quitter la vallée du Magdaléna et monter la Cordillière centrale. Mais nous sommes régulièrement accompagnés de cyclistes. Y'en a même un qui nous a offert des jus de fruit tout en restant sur son vélo. Ca rafraîchit dans la côte! Arrivés à Ibagué, on s'accorde une pause dans la famille de Carlos. En plus c'est le week-end, donc au vit au rythme de la famille. Le dimanche après être passé voter (eux pas nous, mais, vous, n'oubliez pas ce dimanche!), nous partons découvrir le canyon de Combeima. C'est certainement très joli, mais avec les nuages on apprécie pas tant que ça. Ce qu'on retiendra de la journée c'est surtout la visite de la finca d'Alfonso (le père), qui compte 5000 pieds de café. Autant vous dire une petite plantation de café et de bananiers. Avant il avait une finca avec 25 000 pieds. Etant ingénieur agronome de son état, il nous apprend pleins de trucs. Pendant ce temps là, Amparo (la mère), nous prépare un café maison. Un délice!

Neiva - Pereira 546km - J'aime ta couleur café!

Prendre de la hauteur, café frappé?

C'est bien beau de goûter un vrai café, surtout qu'on tourne au lyophilisé tous les matins. Mais il est temps de monter jusqu'à la Linéa. Tout le monde nous a prévenu, ne passez pas par là, c'est le col (3200m) le plus dur, y'a pleins de camions! Mais à croire que nous sommes frappés? Puis les Colombiens, vous êtes gentils, les deux maigrichons sont passés par des cols à 4800m!

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Mais ils connaissent bien leur pays. Il y a certes la circulation des camions, mais surtout des pentes bien raides. Le premier jour, on ratrappe les 3 Suisses (sic), des Vaudois en plus! On prend le temps d'échanger sur nos voyages. Ils sont impressionnés par nos 1 an et demi de périple. Faut dire qu'eux sont seulement à leur troisième jour, Rio est encore loin! Surtout qu'ils ne commencent pas par le plus simple!

Neiva - Pereira 546km - J'aime ta couleur café!

Le soir on compte trouver un petit endroit pour planter la tente. Mais y'a soit des maisons, soit des champs en pente. Finalement, la chance tourne puisque sans le savoir on demande l'hospitalité à Rechéché, ancien champion de vélo lorsqu'il avait 16 ans. Il nous invite chez lui et comme il a un lit dispo, pas question de planter la tente! Incroyable! Surtout on dort loin de la route et du bruit incessant des camions.

Pauses café au pays du café

Après le franchissement du col, c'est parti vers la descente vers l'Eje cafetero. Là-bas nous rencontrons Nando et Elizabeth, mariés depuis peu! Un couple sympatique et généreux. Quoi de mieux pour des cyclos fatigués qu'un hotel-resto-grill, pour se reposer. En plus Nando nous fait découvrir ses spécialités: le lapin grillé et le poulet thaï au wok. Autant de délices que nous avions oubliés depuis longtemps!

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Nous restons quatre jours. Le cadre est magnifique. Nando a construit lui même sa maison et ses meubles. Ils sont en guaduas. C'est quoi? C'est un bambou ultra résistant et ici on l'appelle l'acier vert. C'est un matériau incroyable qui révolutionne le monde de la construction. Tellement révolutionnaire que le pays délaisse le café, peu rentable, au profit du guadua.

Nando partage ses connaissances sur les richesses du Quindio, sa région du café. On visite Calarca et Armenia. Il y a également un jardin botanique et une serre aux papillons.

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Nous partons en vélo avec Nando pour monter à Pijao et Bellavista. "Petite" balade de 67km. Bien entendu à la pause on se boit un café!


L'après-midi est consacrée à visite d'une plantation, la finca Recuca. "Du grain à la tasse"! Grâce à notre guide on sait tout du processus de fabrication du café. On met les vêtements pour récolter le grain, puis on enlève la pulpe, on trie le café (Le meilleur pour l'exportation, le moins bon pour la Colombie, c'est un comble!), séchage puis torréfaction, passage par le moulin, la cafetière et dégustation...

Petit récapitulatif du processus en images:

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Pause café Olé!

D'ailleurs, si vous voulez épater les gens devant la machine à café, voici quelques données sur le café. Cette plante vient d'Ethiopie. Mise à la mode par les Arabes, d'où l'arabica, elle prend tout son arôme sur des terres situées entre 1000 et 2000m. Le premier producteur c'est le Brésil, avec un café Robusta, de moins bonne qualité et récolté par des machines qui secouent l'arbre. Ici en Colombie, 3e producteur, on récolte à la main. Quant on voit la pente on comprend pourquoi.
Plus le café est de bonne qualité, moins on le dilue dans l'eau. Qui n'a jamais goûté au jus de chausettes! Enfin avec 1kg de grains de café récoltés, on obtient au final enivron 20 tasses d'un café excellent. Enfin sachez que c'est la boisson la plus bu au monde après l'eau! Vous voyez amis Belges, c'est pas la bière!

Neiva - Pereira 546km - J'aime ta couleur café!

Une cuilière à café d'architectures

Neiva - Pereira 546km - J'aime ta couleur café!

Nous quittons Nando et Elizabeth pour reprendre la route. On espère les revoir en France lorsqu'ils parcourront les routes en vélo.
Nous nous rendons à Salento, petit village paisible en semaine. Nous on y arrive un dimanche, autant dire que c'est blindé et pas agréable. Mais comme on y reste deux nuits, on profite de la tranquilité du lundi pour s'émerveiller de l'architecture colorée de la région.

Quelques photos de belles demeures de l'Eje cafetero:

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A quelques kilomètres de Salento, il y a la vallée de Cocora. Elle est connue pour accueillir le palmier le plus haut du monde: le palmier cire. Avec sa pulpe avant on faisait des bougies. La vallée est paisible, encore une fois c'est lundi. On randonne un peu dans ces beaux paysages et surtout sous le soleil! Le midi on mange une succulente truite, ah ça nous change du poulet et du riz!

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Arrêtons la caféïne, goûtons la cocaïne!

La dernière étape du parcours nous conduit à Pereira. La ville n'a rien d'exceptionnelle, mais on s'y repose. Nous sommes hébergés chez Humberto et son cousin César. Comme ils sont sympas, on décide d'y laisser les vélos pour quelques jours et de prendre un bus direction Médellin, seconde ville du pays. Là-bas, on goutera peut-être la seconde spécialité du pays... Si vous êtes sages on vous fera un petit topo sur la poudre blanche!

Neiva - Pereira 546km - J'aime ta couleur café!

Chère lectrice, cher lecteur, prépares-toi une bonne tasse de café et profites de nos dernières photos, disponibles dans l'album suivant:

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6 mars 2014 4 06 /03 /mars /2014 15:39

Tulcan était notre dernière ville équatorienne. Nous passons la frontière sans encombre, où le douanier nous souhaite même la bienvenue, agrémentée d'un tampon pour un séjour de 3 mois.

Nous voilà en Colombie!

Tulcan (Equateur) - Neiva (Colombie) - 726 km - Nouveau pays, nouvelles découvertes

Que d'images, d'idées, de pensées nous viennent à l'esprit quand on évoque ce pays. C'est un peu comme le Brésil avec la samba, les favelas, la délinquance, les plages de sable blanc... ou le Pérou avec le Machu Picchu, les Incas, les trésors cachés... Il suffit d'y venir pour découvrir souvent autre chose de plus marquant, même si ces clichés découlent également d'une facette réelle du pays.

Et pour la Colombie, on en a entendu plein, que ce soit avant de partir, ou juste avant d'arriver dans le pays! Alors, il est temps de se confronter à la réalité...

Idée reçue n°1 : La Colombie, c'est dangereux, avec les Farc et les narcotrafiquants

VRAI et FAUX

Effectivement, les Farc et les narcotrafiquants sont toujours présents en Colombie. Le gouvernement actuel du président Santos tente une négociation de paix avec les Farc, sous l'égide de la Norvège et de Cuba. Mais les élections présidentielles de cette année peuvent changer la donne : Uribe, qui était président lors de la libération d'Ingrid Betancourt, se présente de nouveau, et il est partisan d'une guerre totale contre les groupes armés.

Tulcan (Equateur) - Neiva (Colombie) - 726 km - Nouveau pays, nouvelles découvertes

En pratique, seules quelques régions reculées ou difficilement accessibles de la Colombie ne sont pas investies par l'armée. Les régions où nous passons à vélo sont contrôlées par les militaires, nous longeons des campements d'entraînement, régulièrement nous traversons des barrages routiers. Cela donne à la fois une impression de sécurité et de guerre permanente...

Tulcan (Equateur) - Neiva (Colombie) - 726 km - Nouveau pays, nouvelles découvertes

En revanche, la vie quotidienne des habitants des villages que nous traversons semble peu touchée par cette réalité. Ils ne sont pas pris à partie, et continue de vivre normalement. Nous avons tout de même été dans une région où la communauté indigène des Nasa a manifesté il y a quelques années pour que tous les groupes armés (Farc, narcotrafiquants et militaires) quittent leur territoire et les laissent vivre en paix.

Cette réalité-là, on nous l'a expliqué ou on l'a vu aux infos. Mais notre quotidien à vélo est très différent : presque chaque jour, nous rencontrons des Colombiens étonnés de notre voyage, ils nous posent toujours autant de questions, l'un d'eux a même voulu nous offrir une bouteille de soda, on nous klaxonne pour nous dire bonjour (ce qui fait toujours plaisir même si on n'est pas très adepte du klaxon...) et on est passé à la télé (on y reviendra...).

Le seul vrai danger reste toujours le même pour nous : les camions et les bus fous sur la route. Mais la Colombie est un pays de cyclistes, les routiers et les bus sont habitués à doubler (pour de vrai!) les petits cyclos que nous sommes. Finalement, ça faisait longtemps qu'on ne s'était pas senti en sécurité comme ça sur la route!

Tulcan (Equateur) - Neiva (Colombie) - 726 km - Nouveau pays, nouvelles découvertes

Bon, un petit bémol tout de même, lorsqu'on se retrouve dans un bus cette fois, sur une petite route de montagne en travaux, pleine de boue, et qu'on enchaîne les glissades au bord d'un précipice...

Idée reçue n°2 : C'est enfin la fin de la Cordillière des Andes!

Encore VRAI et FAUX

Sur notre carte, les montagnes sont en rouge et marron foncé, alors que les plaines sont en vert. Alors, oui, la cordillière s'arrête en Colombie, mais pas avant de s'être séparée en 3 branches aussi hautes les unes que les autres et d'avoir traversé les trois quarts du pays!

Depuis notre arrivée dans le pays à Ipiales, nous enchaînons les descentes vertigineuses et les remontées terribles. Les mollets tiennent le coup, le souffle aussi et en récompense, on a le droit à des points de vue magnifiques sur les paysages alentour.

Un autre avantage, ce sont les volcans, difficile à atteindre, mais dont les environs sont propices aux eaux thermales. Après une journée de grimpette de Popayan à Coconuco, en terminant en plus sous la pluie, on se repose au camping thermal pour la nuit!

Tulcan (Equateur) - Neiva (Colombie) - 726 km - Nouveau pays, nouvelles découvertes

Nous venons de traverser la Cordillière Centrale (col à 3200m) pour descendre jusqu'à Neiva, située dans la vallée du fleuve Magdalena, à moins de 500m d'altitude. Comme on aime bien ça, on va de nouveau retourner vers la Cordillière Centrale (un autre col à 3200m...) pour découvrir la région du café. Ensuite on retournera vers Bogota, dans la Cordillière Orientale (hop! On monte un col, on descend tout en bas et on remonte...), qu'on devrait traverser en remontant vers le nord. Il nous reste encore beaucoup de dénivelé à faire et ce n'est pas pour tout de suite la fin de la Cordillière des Andes!

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Pour mettre toutes les chances de notre côté et parce qu'il était temps, nous avons remis à neuf la transmission de nos vélos : chaîne, pignons et plateaux ont été changés, après plus de 10 000km de bons et loyaux services, en particulier en pleine Cordillière des Andes au Chili, en Bolivie et au Pérou. On est serein pour la suite en montagne, et normalement, on devrait emmener cette nouvelle transmission jusqu'en Guyane française!

Tulcan (Equateur) - Neiva (Colombie) - 726 km - Nouveau pays, nouvelles découvertes
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Idée reçue n°3 : Le pays du vrai café

VRAI

Continuons les comparaisons : le café en Colombie, c'est un peu comme la banane en Equateur, la côte de boeuf en Argentine ou la bière fraîche au Brésil, on en trouve partout et de toutes sortes. Depuis quasiment notre arrivée dans le pays, nous croisons régulièrement des champs de café, entre 1000 et 2000m d'altitude environ où les températures sont clémentes (plus bas, il fait trop chaud). Notre premier café "filtre" colombien à Popayan était un vrai plaisir, surtout après plusieurs mois de café soluble.

Nous avons aperçu le séchage des grains de café dans un petit village, mais nous espérons en découvrir plus dans l'"Eje cafetero", la région consacrée au café. Nous devrions la traverser dans les jours qui viennent et rester quelques jours dans une hacienda pour découvrir tous les secrets de café.

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Idée reçue n°4 : Les Incas ne sont pas venus jusque là

C est plutot VRAI

Les Incas ont étendu leur empire jusqu'à l'Equateur, et mëme aux portes de la Colombie, avant d'être eux-mêmes dominés par les Conquistadors espagnols. Donc, effectivement, pas de trace de chemins ou de constructions incas. En revanche, nous avons déjà traversé quelques villes dont le centre colonial est bien conservé. Que ce soit la grande ville de Popayan ou le petit village de La Jagua.

Tulcan (Equateur) - Neiva (Colombie) - 726 km - Nouveau pays, nouvelles découvertesTulcan (Equateur) - Neiva (Colombie) - 726 km - Nouveau pays, nouvelles découvertes
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Et nous avons déjà pu découvrir d'autres cultures qui ont peuplées le sud de la Colombie, dont les vestiges de San Agustin et Tierradentro classés à l'UNESCO.

Le site de Tierradentro est composé de tombes souterraines, creusées dans la roche volcanique, certaines décorées de peintures rouge, jaune, blanche et noire. Les plus récentes datent d'il y a plus de 1000 ans. La balade dans les montagnes verdoyantes, entre les champs de café et les bananiers vaut vraiment le coup. On était accompagné de Jens, un cycliste rencontré à Popayan, qui s'est arrêté en Colombie pour raisons sentimentales (ohhhh...). Sur chaque site, la descente dans chaque tombe et la remontée sont sportives, mais quelles surprises!

Tulcan (Equateur) - Neiva (Colombie) - 726 km - Nouveau pays, nouvelles découvertes

La culture de Tierradentro reste cependant encore mystérieuse, les vestiges sont peu nombreux et beaucoup de tombes ont été pillées avant l'arrivée des archéologues. L'un des sites est composé de statues, qui rappellent celles de la culture San Agustin, à une centaine de km de là, que nous avons également visité.

A San Agustin et Isnos, ce sont de nouveau des tombes qui ont été découvertes. Mais la structure est différente : il s'agit de dolmens, en pierre, recouverts d'un tumulus, et la façade avant de chaque tombe est gardée par des statues. La taille et la finesse de celles-ci dépendent évidemment de l'importance de la personne enterrée. On en trouve de toutes sortes, des figures humaimes avec des caractéristiques animales (serpent, jaguar...), des animaux, certaines ont encore des traces de peinture, seules 2 statues étant bien conservées et complètement peintes.

Tulcan (Equateur) - Neiva (Colombie) - 726 km - Nouveau pays, nouvelles découvertesTulcan (Equateur) - Neiva (Colombie) - 726 km - Nouveau pays, nouvelles découvertes
Tulcan (Equateur) - Neiva (Colombie) - 726 km - Nouveau pays, nouvelles découvertesTulcan (Equateur) - Neiva (Colombie) - 726 km - Nouveau pays, nouvelles découvertesTulcan (Equateur) - Neiva (Colombie) - 726 km - Nouveau pays, nouvelles découvertes

Là encore, la balade est magnifique. Nous l'avons faite sous un couvercle de nuages et avec des averses, mais les sites étant situées sur des promontoires ou des élévations de terrains, les points de vue se succèdent au cours de la randonnée.

Tulcan (Equateur) - Neiva (Colombie) - 726 km - Nouveau pays, nouvelles découvertes

Ça n'a pas été très simple d'obtenir toutes les infos en une seule fois, alors pour les personnes souhaitant visiter Tierradentro et San Agustin, voilà plus de détails (lien page).

Idée reçue n°5 : Les routes sont belles, avec une bande sur le côté, pratique pour les cyclistes

FAUX (Pour l'instant...)

Les cyclistes qui ont traversé la Colombie nous ont vanté le réseau routier adapté pour les cyclistes. Je pense que nous ne passons pour l'instant pas par les mêmes routes! Depuis Ipiales à la frontière, la panaméricaine ressemble à une grosse nationale, avec quelques fois un bon revêtement et une bande sur le côté, mais le plus souvent la route est plutôt étroite et semble avoir quelques années de trop... Certaines sections étaient même désasphaltées! Enfin, notons l'axe "principal" entre Popayan et San Agustin, en cailloux, pour passer un col à 3200m. Certes, ils sont en train de l'asphalter, mais a priori, ils ne vont pas finir tout de suite...

Tulcan (Equateur) - Neiva (Colombie) - 726 km - Nouveau pays, nouvelles découvertes
Tulcan (Equateur) - Neiva (Colombie) - 726 km - Nouveau pays, nouvelles découvertes

On ne vous ment pas, on a même fait notre 23 000ème km dans une zone de travaux! (Les chiffres sont en cerclage de caisses de chantier...)

Idée reçue n°6 : Il fait toujours beau en Colombie

Euh... FAUX?

Depuis 3 semaines, nous ne sommes pas toujours gatés par le temps. On enchaîne des périodes de beau temps avec des averses, des orages, des pluies torrentielles ou des couvercles de nuages qui semblent vouloir rester ad vitam eternam...

Bon, vu notre historique, ça semble plutôt logique :
- à Calama, en plein désert d'Atacama au Chili, une des régions les plus sèches du monde, nous avions eu de la pluie. Si si!
- à Lima, où il ne pleut peut-être qu'une fois par an, nous avons eu de la pluie. "Que raro!"
- quasiment tous les volcans sur notre chemin depuis la région des lacs en Argentine et au Chili étaient couverts de nuages. Incroyable, non?

Alors, pour compléter la liste, nous pouvons annoncer que :
- le volcan de Pasto et celui de Puracé sont restés emmitouflés dans leurs manteaux de nuages
- le département de Huila a été l'objet de pluies torrentielles pendant notre passage en février.
- à Neiva, alors que nous sommes tout proche d'un désert et qu'il ne pleut que rarement, nous avons eu droit tout d'abord à une pluie fine puie à des averses remplissant les rues d'eau et de boue.

Normalement, au nord de la Colombie, il fait presque toujours beau! Oui, "presque". En revanche, si on regarde les choses du bon côté, on peut dire qu'on vit des choses exceptionnelles...

Si vous trouvez qu'il ne fait pas très beau en France en ce moment, attendez qu'on revienne, ça va être pire.

Et si vous avez d'autres clichés ou idées reçues à nous soumettre, on essaira de les confronter à la réalité dans les commentaires!

L'album complet est disponible au lien suivant :

Bonus!

Oui, ça a été l'événement du dernier article posté sur le blog : notre passage à la télé colombienne! Allez, on ne prend pas la grosse tête, il s'agit de la télé locale de la ville de Neiva. L'audience n'est pas énorme, mais sur un CV, ça pète!

Revenons au tout début. Nous étions alors hébergés à Neiva chez Victor, rencontré sur Couchsurfing. Un de ses amis travaille à NacionTV, la chaîne de la ville. L'histoire de notre voyage lui plaît et il nous demande de passer au studio en début d'après-midi. Victor nous accompagne et tout se passe très vite. Une journaliste et le cameraman nous rejoignent, elle nous posent beaucoup de questions et on se lance dans l'interview. On n'est pas convaincant, on n'a pas vraiment eu le temps de se préparer mais en 5 minutes, c'est plié! On donne également le lien du blog, elle nous demande où se trouve les photos. Puis fini. Après montage, voilà ce que ça donne (a partir de la minute 32) :

Cette fois, c'est fait, on se détend, le pote de Victor, Camilo, nous apporte des chaises pour qu'on attende un peu. Mais on attend quoi au fait? Mais de passer en direct dans le magazine "En la sala"! En fait, la 1ère journaliste nous a mis le grapin dessus pour un reportage dans le journal du soir, mais l'idée initiale était de passer sur le plateau avec Jose-Luis et Angelica.

Cette fois, pas le droit à l'erreur, il faut assurer. Pendant la coupure pub, on a le temps de discuter rapidement avec nos intervieweurs. Au moins, la 1ère interview nous a servi d'entraînement, ça devrait mieux se passer. Après la magnifique chanson de Paloma San Basilo de 1983 (qu'on a eu dans la tête pendant plusieurs jours), c'est à notre tour, a partir de la minute 51:35 :

Les 3 moments forts de l'interview resteront quand même :
1) le caffouillage de Tetef parce que Jose-Luis me posait une question en aparté...
2) les dédicaces à nos familles en français, les 2 présentateurs n'ayant rien compris et ne sachant pas comment enchaîner
3) et après avoir discuté de notre voyage, de nos impressions de la Colombie et même d'Ingrid Betancourt, le présentateur nous demande si on a des animaux de compagnie. On comprend la question mais on ne voit pas le rapport. En fait, il faisait une transition vers le sujet suivant... Moi, je réponds que je n'en ai pas et qu'en vélo, c'est pas vraiment possible. Et Tetef, qui aperçoit Victor en coulisses faire de grands signes pour qu'on parle du blog, enchaîne là-dessus, sans aucune transition.

Ça restera un souvenir très drôle et incroyable pour nous!

Tulcan (Equateur) - Neiva (Colombie) - 726 km - Nouveau pays, nouvelles découvertes
Tulcan (Equateur) - Neiva (Colombie) - 726 km - Nouveau pays, nouvelles découvertes
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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 02:26
A la télé!!

En quasi direct-live depuis Neiva en Colombie, nous vous invitons à vous connecter au lien ci-dessous ce mardi 4 mars entre 14h40 et 15h00 environ (heure française, si nos calculs sont bons) pour découvrir une interview rapide, diffusée sur la chaîne locale de la ville de Neiva...

En bonus, une petite dédicace en francais a la fin de l interview...

Plus de details sur les coulisses dans le prochain article!

Mise a jour au 07/03/2014 : Voila les liens vers les 2 interviews de NacionTV a Neiva. On a clairement une preference pour la "vraie" 2eme interview.

Tout d abord, l interview pour le journal tele, a partir de la minute 32 :

Et enfin l´interview "C est mon choix", a partir de la minute 51:3 :

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Au 04/09/2014 Au 04/09/2014
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