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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 21:18

Nous y voici, notre deuxième pays et notre deuxième capitale! Le changement s'est fait en douceur. En effet, il suffisait de traverser une avenue pour changer de pays. A Pedro Juan Caballero, nous nous accordons deux jours pour faire connaissance avec ce nouveau pays, aller aux postes de douanes pour mettre en règle nos passeports et retirer de la monnaie locale. Ici c'est le guarani, c'est étrange de retirer plus d'un million au distributeur, mais finalement tous ces zéros on s'y fait, on est multimilionnaire ici! Autre changement, la langue, certes on pourrait apprendre le guarani, mais on est content de pouvoir parler espagnol, avec tout de même des résidus de portugais...

 

Notre première ville du Paraguay est plutôt moche, disons-le, ville de commerces pour les Brésiliens (produits moins taxés),  mais ça nous fait du bien de flâner, de se promener dans ses parcs et de commencer à s'immerger dans ce nouveau pays.

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Les habitudes sont différentes, tout le monde porte sa glacière pour boire le terere (thé glacé au maté). Très peu de vélo, mais la famille se balade en moto, on a vu jusqu'à 4 personnes et un bébé sur une même moto! Ici pas de casque, peu de plaque minéralogique, mais hélas toujours des voitures qui crachent du son... Autre différence de taille, que de policiers sur les routes et surtout, ces gardiens de boutiques ou de supermarché avec des fusils a pompes... Ça fait froid dans le dos... On a pas encore osé les prendre en photo...

 

Mais nous avons été surpris par les magnifiques paysages qui se sont offerts à nous dès les premiers kilomètres. Finalement la première étape a été courte puisqu'au bout de 50km (de descente, en plus!), nous sommes arrivés au parc national de Cerro Cora. C'est tout d'abord un lieu historique : ici a eu lieu la dernière bataille qui vit la défaite du Paraguay contre la triple alliance Brésil-Argentine-Uruguay en 1870. Cela nous a permis de nous immerger dès le début dans l'histoire du pays, que nous ignorions complètement. Ensuite, c'est également un parc naturel : nous avons fait une randonnée à vélo à travers le parc jusqu'à un point de vue sur les plaines et les falaises rouge. 

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Nous avons même bivouaqué à l'intérieur du parc, et le lendemain matin, nous avons aperçu 2 grands singes se baladant (fuyant) dans les arbres, mais nous n'avons pas eu le temps de les prendre en photo... Mais nous avons pu observer de très nombreux papillons, colorés et cherchant de l'humidité sur nous (oui, il fait chaud...):

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Une chose est sûre, nous sommes ravis de pédaler à travers ces paysages, qui nous lassent moins que certaines contrées brésiliennes!

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Ensuite, changement d'ambiance, l'unique route asphaltée (et avec peu de circulation!) se transforme en village étalé sur des kilomètres : des maisons sont construites tout le long de la route, et des petits commerces également. Il n'y a pas de quoi s'ennuyer : on observe les gens siroter leur terere sous les arbres ou sous la varangue, les carcasses de boeuf sur la devanture du boucher, les très nombreuses motos avec des chargements divers (bois, pneus, draps, poutres, personnes...) et les enfants jouant au foot dans les nombreuses écoles fermées depuis peu pour les vacances d'été. La première famille qui nous accorde un bout de terrain près de la maison est digne de la petite maison dans la prairie... Charles, alias Aparecido, est un  Brésilien vivant ici avec sa femme paraguayenne et son fils. Le matin, bien avant qu'on se lève, ils sont partis planter du manioc dans leur champs avec leur cheval, à l'aide de la charrue. Eux finalement profitent de la fraicheur et se reposent a l'ombre l'apres midi alors que nous pédalons...

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Ce pays est tellement bien pour nous, que le vent nous y est favorable, il nous pousse, sur une matinée nous avons parcouru 70 km avec une moyenne de 23 km/h tout en faisant la course avec de gros orages qui restaient au loin. Le midi nous débarquons dans une station service, dans une colonie... Celle-ci est peuplée d'Allemands ayant fuit la Russie dans les années 30... Et à part leurs grosses voitures, ils sont toujours vétus à la mode de cette époque, les femmes avec leur robe et leur fichu et les hommes en chemises... Tous blonds... Depuis le Brésil et sa population métissée, ça fait un choc. Ajoutez l'énorme orage qui assombrit tout ça et deux francais qui débarquent au milieu des habitués qui nous regardent de la tête aux pieds, on s'est vraiment demandé si on n'était pas chez les Amishs... En tout cas nous y avons très bien mangé, tout était fait maison.

 

Une fois l'orage terminé (3 heures plus tard...), nous avons poursuivi notre route, sous la pluie. On s'est dit qu'avec toutes ces écoles au bord de la route, on pourrait dormir sur la pelouse. Mais c'était sans compter sur l'hospitalité spontanée d'Isabelino qui nous a offert le toit de son oratoire au milieu de son jardin pour abriter la tente. Nous voilà chez des gens, accueillis en quelques minutes alors qu'eux se rendaient à une oraison... Cette famille d'origine Guarani est pour nous l'occasion de faire connaisance avec les Paraguayens, et d'entendre parler un peu guarani. Car contrairement aux Brésiliens ils sont plus réservés et ne viennent pas vers nous. Ça change, même si on a toujours le droit à ces yeux tout rond dès qu'on passe devant quelqu'un avec nos vélos et nos bagages. Encore une fois, Isabelino et les 2 grands fils sont déjà partis travaillés quand nous nous levons, il ne reste plus que la mère et le 3ème fils :

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Ensuite, le paysage reste le même, avec des maisons tout le long de la route. Le pays ne compte que 6 millions d'habitants, on s'attendait donc à des zones peu habitées, ce qui n'est pas le cas... On est finalement souvent surpris de ce qu'on vit par rapport à ce qu'on imaginait!

 

D'ailleurs, dans la famille guarani, on a commencé à nous demander si nous allions à Caacupe, voir la Vierge (??!?). Nous avons appris qu'un pélérinage a lieu en ce moment, beaucoup de gens convergeant vers cette ville... en particulier à vélo! C'est alors que nous avons fait le lien avec les cyclistes que nous avions croisés et recroisés juste après le parc national! Et depuis ce moment, nous croisons de plus en plus de cyclistes, on nous propose de l'eau fraîche, on nous aide à regonfler le pneu arrière de Bibou (oui, il a encore crevé 2 fois, en 1 seule journée...)! 

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Bon, on a quand même eu la confirmation : ce ne sont pas les gomerias (borracharias paraguayennes) qui sèment des clous et des bouts de métal sur la route... En tout cas, c'est ce que nous a confirmé Antonio, lors de notre dernier bivouac derrière sa gomeria! 

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Après les grandes collines, nous arrivons dans une région de marais et un paysage dont nous révions depuis très longtemps : une route plane, sans aucun dénivelé, sur des dizaines de kilomètres! Seul problème : il n'y a plus de maisons, mais des marais, des rizières ou des champs où les vaches ont les pieds dans l'eau. rps20121203 222648

 

C'est aussi l'occasion de revoir en nombre des échassiers et des tuyuyus, l'animal emblématique du Pantanal.

 

Décalage horaire?

Le 1er décembre, nous passons à 25 décembre...

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Notre arrivée à Asuncion se passe plutôt bien. Le dimanche, il y a peu de circulation, ce qui fait que nous ne sommes pas étouffés par les voitures et les bus comme à Brasilia! 

 

Sur la route qui mène au centre, nous longeons le jardin botanique, où un spectacle a lieu : de nombreuses personnes s'y dirigent et un concert se fait entendre au loin. Nous ne sommes pas loin d'imaginer que tout ça a été organisé pour notre arrivée! Mais non... 

 

Quoique, nous ne passons pas complètement inaperçus, puisqu'au pied de la cathédrale, dans le centre d'Asuncion, nous sommes repérés par des journalistes qui décident de faire un 'article' sur nous! Notre premier article dans un journal paragayen et sud-américain! Nous avons tout de même eu une petite frayeur : l'agence de la journaliste travaille également pour le journal Cronica, où l'on trouve beaucoup de filles dénudées! (Pour les intéressés : www.cronica.com.py ...) Heureusement pour nous, l'article est paru dans La Nacion (www.lanacion.com.py), journal sérieux et 3ème en terme de diffusion dans la capitale... ouf!

 

Voici l'article, suite à nos interviews en espagnol :

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Ils nous ont même offert 2 exemplaires du journal : un qu'on pourra montrer lors de la suite de notre périple et un en partance pour la France (souvenir, souvenir...)! Merci Lourdes Torres!

 

Nous comptons rester quelques jours à Asuncion pour découvrir la capitale, nous reposer et décider de la suite de notre trajet (soit un aller-retour vers le nord d'Asuncion, dans la région du Chaco, soit directement vers l'est et Foz d'Iguaçu). Nous allons aussi réviser nos vélos, au bout de 4500 kilomètres, il est peut-être temps de tout revoir...

L album complet est disponible au lien suivant :

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Published by Roues Libres - dans Récit de voyage Paraguay
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commentaires

Nolive 13 08/01/2013 10:04


ENORME l'article dans le journal !!!!


D'ailleurs vous devez commencer à bien hablar espagnol non ?


Et le portos ? vous le maitrisiez avant de quitter le Brésil ?


Bises !


Olive

Mag 07/12/2012 10:48


Des stars au Paraguay! La grande classe! Merci de vos articles les Loulous, continuez à nous faire rêver.


Gros bisous

florence 04/12/2012 22:48


hello, et merci une nouvelle fois pour ces articles passionnants!! Bonne route à vous deux,


Bises


Flo

SLK et FD 04/12/2012 21:27


Je vais commencer à faire une revue de presse de TTF. Après Pontoise (vidéos, articles de journaux, etc...), maintenant la presse internationale, j'aurais dû négocier des autographes avant ton
départ !


Vous êtes trop bien ! Continuez !!!


Besos

ajfamily 04/12/2012 21:25


Joyeux Noël ! si vous êtes déjà au 25 décembre

Pétronille 04/12/2012 19:03


Waooooo la classe, vous êtes des vraies stars!!!!

Stats

Nous sommes rentrés!

Daisypath Vacation tickers

Kilometrage Localisation
Au 04/09/2014 Au 04/09/2014
30 431km Cayenne

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