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24 avril 2014 4 24 /04 /avril /2014 00:11

Nous quittons Villa de Leyva sous le soleil. La route sinue dans la vallée, avec quelques belles montées. Puis nous entamons un de nos derniers cols colombiens. Nous grimpons à 2600m afin de traverser la Cordillière orientale. De l'autre côté nous attend la vallée du fleuve Magdalena. Nous sommes stoppés par un orage, qui laisse derrière lui son arc en ciel et ses nuages de vapeur.

Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap

Pendant la traversée de la Cordillière, nous découvrons un panneau qui nous laisse tout d'abord perplexe et qui prend finalement tout son sens :

Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap

Ce qui signifie : "La route asphaltée se tranforme en piste" ou "Oh! On n'a toujours pas réparé ce bout de route" ou "Oui, on a fait la route en pointillé, 500m d'asphalte, 500m de graviers". La réputation de la DDE colombienne continue sur sa bonne lancée...

Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap

Plus nous descendons, plus la chaleur se fait sentir. Le changement est rude. Autant on trouve toujours des astuces pour se réchauffer, autant contre la chaleur on est souvent démunis. On a lu, une fois, qu'il fallait mettre des oignons dans ses poches... Quelqu'un a essayé? On n'a pas osé, l'odeur doit quand même coller au corps... Sinon, y'a la technique "bufle":

Heureusement, nous arrivons sur une partie plutôt plane. La chaleur est compensé par notre vitesse qui nous aère. A l'approche de Barrancabermeja (encore une ville avec un nom impossible), nous longeons des champs pétrolifères. C'est l'activité principale de la région et la ville a d'ailleurs été crée pour soutenir celle-ci.

Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de capVilla de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap
Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap

Notons tout de même le culot de l'entreprise Ecopetrol (Eco pour écologique? économique?) avec son slogan "L'énergie du futur"!

Depuis Barrancabermeja, nous changeons de moyen de transport : nous chargeons les vélos sur un bateau et descendons le fleuve Magdalena pendant 6 heures. Comme on n'a pas pu trouver de restaurants décents dans la ville, ça fera office de cadeau d'anniversaire pour Bibou! On croise d'énormes barges à pétrole, des petits bateaux, des ferrys, des canoës de pécheurs...

Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap
Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de capVilla de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap
Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap

Le bateau dessert des villes et villages peu accessibles par d'autres moyens de transport. Il nous dépose à El Banco, où nous reprenons les vélos. Là encore, la route commence en pointillé, puis continue en piste. Comme il n'a pas plu depuis longtemps, les voitures, les bus et les camions soulèvent des nuages de poussière qui nous font suffoquer et nous repeignent. Mais... Il n'a pas plu depuis longtemps? Ne vous inquiétez pas, partout où on passe, le temps change... Ça n'y coupe pas : le soir, le grain se lève, les éclairs se rapprochent et on se prend des cordes alors qu'on venait juste de finir de manger! Le lendemain, on apprendra que ça faisait 1 an qu'il n'avait pas autant plu... La piste reste heureusement praticable, on arrive à éviter les trous de boue.

Après avoir traversé le fleuve sur un pont flambant neuf, nous retrouvons (presque) l'asphalte jusqu'à Santa Cruz de Mompox. Mompox, pour les intimes. Après s'être développée jusqu'au XIXème siècle, la ville s'est endormie lorsque le bras du fleuve le long duquel elle est construite s'est ensablé et n'a plus permis la navigation des gros bateaux. L'architecture d'alors a été conservée et son rythme de vie a, paraît-il, peu changée.

Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap
Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap
Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap
Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap

Bon, pour le rythme de vie, on va dire que notre guide est un peu périmé : la ville est sillonée par une horde de motos, klaxonnant, ne respectant pas les piétons. C'est un bruit infernal et continu du matin au soir. Mais... oui, nous avons eu la chance d'arriver pendant la Semaine Sainte. Alors que le mercredi soir nous assistons à une sorte de Toussaint à la bougie dans le cimetière, le jeudi toutes les rues sont fermées à la circulation pour la procession du soir. Le piéton est roi. Il peut traverser sans peur. Et profiter de la ville dans un calme absolu. Une fois dans l'année.

Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap
Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap

La procession du Jeudi Saint est très réputée à Mompox. Elle attire beaucoup de monde. Cette année encore, a priori, la foule est au rendez-vous. Et nous aussi.

La procession en elle-même ne restera pas gravée dans nos mémoires. Les scènes du chemin de croix sont simples, la procession avance à un rythme d'escargot, les porteurs se relaient, discutent sur le chemin, ça pousse, ça crie. Au bout d'une heure, comme les porteurs sont fatigués, alors que seules 3 ou 4 scènes sont passés, c'est la pause, la procession s'arrête, tout le monde va chercher son sandwich et sa boisson fraîche. On n'aura pas le courage de rester pour le deuxème acte. Mais bon, on connait déjà la fin de l'histoire, il finit clouté...

On retiendra également que Mompox a été utilisé comme décor pour le film adapté du livre "Chronique d'une mort annoncée", de Gabriel Garcia Marques. Cet écrivain colombien, mort la semaine dernière au Mexique, a été très prolifique et a reçu le Prix Nobel de littérature en 1982. Son plus grand succès, "100 ans de solitude", se déroule également dans le nord de la Colombie, sa région natale. Nous passerons tout près et ce sera peut-être l'occasion de le lire (si on le trouve...).

Le lendemain, on quitte Mompox, sans oublier d'acheter nos 6 litres d'eau en sachet. Oui, l'eau n'est pas potable depuis qu'on a quitté les montagnes. Mais ça semble normal pour les gens d'ici.

On emmène avec nous la chaleur et les odeurs de déchets et d'égouts. Le traitement des ordures ménagères non plus ne semble pas non plus une priorité. Mais ça semble normal pour les gens d'ici.

Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap

Aprés une traversée folklorique en bac (horaires inconnus, camion ne pouvant pas sortir à cause de la pente trop prononcée...), nous continuons vers le nord. Il fait toujours aussi chaud. 28°C le matin quand nous partons, et peut-être 10°C de plus dans la journée... Les pauses sont nombreuses et dès qu'on trouve une boisson fraîche, c'est un vrai plaisir!

Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap

Nous roulons au nord. Toujours plus au nord. Et soudain, nous sommes arrêtés dans notre élan. La mer des Caraïbes est face à nous. En février 2013, nous quittions Ushuaia. 1 an et 2 mois plus tard, nous avons avons traversé l'Amérique du Sud du sud au nord. Dingue ce qu'on peut faire à vélo. Maintenant, ce sera cap à l'Est, jusqu'à la Guyane!

Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap

Nous profitons de la mer sur la presqu'île de Baru, réputée pour ses plages paradisiaques. On se baigne dans une eau turquoise, le sable est blanc et les prix sont touristiques!

Mais attention, ne regardez surtout pas l'envers du décor! Ce genre de videos n'arrive pas en premier dans les résultats Google pour l'Isla Baru:

Mais bon, ça semble normal de marcher sur une plage jonchée de déchets, dont une partie brûle à l'arrière des paillottes avec les vaches...

Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap

Nous bivouaquons sur la plage. La nuit, qui avait bien commencée, est interrompue à 4 heures du matin par les moustiques et les petites mouches suceuses de sang. Et pour le petit déjeuner, nous sommes accompagnés par une bonne centaine de mouches... Merci la décharge de la plage!

Nous repartons ensuite vers Cartagena, proche de l'île. Nous traversons la zone industrielle, la zone portuaire puis la banlieue. Nous continuons avec un autre cap : le 25 000ème km!

Villa de Leyva - Cartagena - 673 km - Changements de cap

Nous sommes maintenant à Cartagène pour quelques jours, le temps de visiter, de réparer et de se reposer.

L'album complet est disponible au lien suivant :

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Published by Roues Libres - dans Récit de voyage Colombia
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commentaires

Stephoroo 01/05/2014 01:59

Oh les mecs,

oui alors je voudrai dire pour le tag que quand meme c'est pas tres bien.
Mais vous avez acheté une bouteille pour ça ou bien ....
Oui bien c'est la peinture que vous avez utilisé pour nous faire croire que vous étiez bronzés ?

Trop bon les mouches, les mouchtiques et autres bestioles, on oublie que c'est la vraie vie sans eux.

Vous avez trouvé le diamant vert ?

Bises,
Stephoroo

Roues Libres 03/05/2014 23:38

Salut le Thaï,

Oui c'esr pas bien de tagger, mais parfois ça rend des oeuvres superbes. Là on voulait pas faire les arristes, mais quitte a faire nos 25000 en ville au temps rendre hommage a Bannsky et les nombreux artistes urbains crousés pendant notre voyage. Bon nous on est pas des artistes et surtout on a cru qu'on aurait pas assez de peinture. Ces bombes on presque traversé le pays et sont même montées à 4000m. Tout ça parce que nos vélos commencent à rouiller.

Dans ta liste d'insectes, tu peux rajouter la tique, Bibou en avait une belle!

Pour le diamant vert on cherche encore, mais ici y'a plus ded perles ;) ou des emeraudes.

Bises

Papa BUBU 24/04/2014 09:05

Que de Titi sur les marches,hélas plus jeunes que lui.Le tag sur la route est-ce bien écolo ? Malheureusement pour vous les éboueurs semblent en gréve. Les photos sont toujours magnifiques. Bonne route ou bonne piste.Bisous Papa Bubu.

Roues Libres 03/05/2014 23:32

Salut papa,
Oui pleins de chats dans cette region de Colombie, ça change et ça fait moins de bruit que les meutes de chiens. En revanche ils sont tout maigres,pas comme Titi.

Concernant le tag, c'est pas de la peonture ecolo, c'est même une bombe d'antirouille qu'on a épuisé pour finir le tag. Bibou se trimbalait 2 bombes de peintures, histoire d'entretenir certaines parties usées de nos montures.

Pour les dechets, malheureusement, beucoup de gens sont degeullasse, ils finissent leur mini bouteille, et hop par la fenetre de la bagnole. A chaque fois on hesite a jetrr notre poubelle, de peur qu'elke soit ensuite jetée au bord de la route...

Gros bisous

Fanny 24/04/2014 03:05

I call Dibs ! (pour une fois que je ne mets pas quinze jours à commenter...)
Je ne rêve pas : vous avez tagué vos 25000 km ?!? la classe de laisser une telle trace...
A Carthagène vous devriez lire L'Amour au temps du choléra... Moi ça m'a donné envie de découvrir la ville !
Profitez-bien des Caraïbes, de leur lumière si particulière, en faisant abstraction des odeurs de plastique brûlé !
25000 bises (chacun, je ne suis pas radine).

Roues Libres 03/05/2014 23:26

Salut Maf,

Ça ne nous étonne pas que Cartagena soit le theatre de certains roman dr GG Marquez, ici il le surnomme Gabo. La ville est vraiment magnifique. Bibou vient d'acheter 100 ans de solitude en espagnol. En plus comme on est dans la region ou se deroule l'histoire ça nous parle plus. Oui les Caraïbes c'est magnifique quand y'a pas trop de poubelles.

On essye de se faire les 50 000 bises mais c'est long!

On t embasse aussi beaucoup et sur les deux joux!

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